Jean Dutourd intitula l’un de ses livres De la France considérée comme une maladie. Cette maladie, nous sommes quelques-uns à en être affectés de façon chronique. Sébastien Lapaque est du nombre, comme le prouve Autrement et encore, un journal personnel constitué de ses chroniques et articles.
De bons esprits noteront que l’intéressé a souvent dit du bien de mes romans. Malgré le titre de cette rubrique, entre nous, c’est autre chose que du copinage. En 1997, à l’époque où je publiai Des hommes qui s’éloignent, vint me voir ce garçon de quinze ans mon cadet, créateur d’une revue qui fit parler d’elle, Immédiatement. Régnait déjà une idéologie faite de mépris de notre passé, d’aplatissement devant la techno-marchandise, de sans-frontiérisme béat et de rebellitude subventionnée. Orphelins spoliés, ces jeunes gens considéraient qu’on leur avait volé leur pays et leur héritage. Ils aimaient Pasolini, Blondin ou Debord ; certains côtoyaient le royalisme, d’autres le mouvement Attac. Je fus, disons-le, émerveillé de représenter quelque chose pour eux.
Ils se sont égaillés depuis, Jacques de Guillebon, Luc Richard, Sébastien et les autres… La complicité est restée. Et j’en reviens ainsi à Lapaque et à sa France. Il faut lire ce livre pour sentir, éprouver la France, comme le grain d’un bois de chêne ou l’odeur d’une vieille maison, odeur qui chatouillera les narines délicates des journalistes des Inrocks – qui devront surtout ne pas lire Lapaque s’ils veulent en faire le réac idéal dont ils ont tant besoin.

Autrement et encore, Sébastion Lapaque, Actes sud, 2013.

*Photo : ErrorTribune.

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François Taillandier
est écrivain.
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