Libération s’indigne de la composition des cabinets ministériels. Pas assez de femmes, pas assez de couleurs. Libé s’acharne surtout contre l’homme blanc car il est homme et blanc. Ce matin, en tant qu’homme et en tant que blanc, j’ai regretté de ne pas être à la tête d’un autre « SOS Racisme » pour les poursuivre en justice et dénoncer ce nouveau sexisme et ce nouveau racisme.

Il y a quelques années, toute la classe politique s’était indignée des propos de Georges Frêche qui trouvait qu’il y avait trop de noirs dans l’équipe de France de football. Là, sans remords, Libé estime qu’il y a trop de blancs ailleurs. Non seulement cela ne choque personne, mais Najat Vallaud-Belkacem, ministre du droit des femmes (qu’attend-on pour demander un ministère en charge du droit des hommes, parité oblige ?), donne même du crédit à cette « enquête » en exigeant un « État exemplaire ».

L’homme blanc ne revendique pas un avantage particulier à être homme et blanc, mais il aurait raison d’en vouloir à ceux qui lui reprochent d’être ce qu’il est sans s’être donné d’autre peine que celle de naître. À les entendre tous, la compétence, l’expérience et la disponibilité ne suffisent plus : il faudrait aussi cacher ou sortir son phallus et sa mélanine, selon les opportunités professionnelles. On se demande d’ailleurs comment Libération peut juger indigne la composition des équipes gouvernementales lorsqu’on regarde la couleur de peau et le sexe de ses propres instances dirigeantes, majoritairement composées de vieux hommes blancs sur-diplômés.

Fleur Pellerin, Ministre déléguée aux PME, à l’Innovation et à l’Économie numérique, ne s’en cache d’ailleurs pas : « Si j’avais été un homme blanc de 60 ans, à compétences égales, j’aurais eu moins de chances d’être nommée ». Ce qui devrait plaire à sa collègue gouvernementale, Yamina Benguigui, en charge des Français de l’étranger, qui aurait déclaré en 2004 : « à qualité égale, priorité au Beur puisqu’il a eu plus d’obstacles à franchir qu’un Blanc de souche ».

Nous proposeront-ils un jour un quota maximum de blancs tout en dénonçant les statistiques ethniques ? Les quotas de femmes, c’est fait avec les lois sur la parité… Parité hommes-femmes qu’on attend toujours dans l’Education nationale (82 % de femmes dans l’enseignement primaire, 60 % dans l’enseignement secondaire), dans la Justice (75 % de de femmes à l’ENM), dans la Santé (85 % de femmes chez les infirmiers), etc. A moins de se souvenir une bonne fois pour toutes qu’il est tout simplement interdit de proposer un emploi en fonction de la couleur de peau et du sexe du postulant, indépendamment des affinités, plus ou moins grandes, de certaines catégories de la population avec chaque type de métier et ses contraintes.

Finkielkraut avait prévenu : « l’antiracisme sera au 21ème siècle ce que fut le communisme au 20ème ».

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