Dans le récit que Florence Porcel fait de son viol par PPDA, on pourrait presque voir du consentement. Elle s’en explique en évoquant un cocktail qui est la recette de toutes les relations sentimentales. La formule aurait peut-être inspiré une fable à La Fontaine.


C’est par la radio qu’un matin, à la table du petit déjeuner, j’ai appris que PPDA était accusé de viol. Je ne sais plus par quelle station, je change souvent, pour fuir les publicités sur les chaînes commerciales, et pour ne pas entendre Askolovitch essayer de nous apitoyer sur le sort des minorités musulmanes opprimées ou Charline Vanhoenacker brailler sur le service public. Je n’ai pas été plus surpris que ça. Je ne connaissais rien de ses manières, mais je me suis fait à la tendance de l’époque et je me suis dit, en pensant à la loi des séries : « Tiens, encore une vedette violeuse ! »

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J’ai tendu l’oreille pour ne louper aucun détail croustillant de cette nouvelle affaire, mais ce n’était pas une bonne idée. La main de PPDA dans la culotte de Porcel (c’est le nom de la plaignante) m’aurait sûrement excité en fin de soirée mais de bon matin, bof. Lorsque j’entendis parler de « fellation non protégée », je ne fus pas plus émoustillé que ça non plus et pour tout dire un peu surpris. « Non protégée » ? Il y a donc des gens qui pratiquent des fellations protégées ? Qui sucent du caoutchouc ? Berk ! Et quand ils se branlent, ils mettent un gant Mappa ?

Des sentiments amoureux créés artificiellement par « l’emprise »

Voici donc ce qui me traversait l’esprit tandis que je priais ma femme de me passer le beurre et que je haussais le ton pour que mon fils revienne finir son « Candy’Up » et son « Pick Up ! » ! Je venais déjà de le lui demander, mais comme j’avais dit « chocolat au lait » et « biscuit », il n’avait pas compris. Voilà où j’en étais donc, redoublant d’imagination pour voir un peu d’érotisme dans le drame que cette innocente vierge avait vécu avec Patrick Poivre « prédateur » d’Arvor lorsque je fus stoppé net dans mes fantasmes par une formule du journaliste qui résumait les sentiments de la fille dans son aventure, requalifiée en viol, avec la bête médiatique : « Un mélange de déni, de colère et de sentiment amoureux. »

J’en restai perplexe. Pour en savoir plus, je suis descendu chercher Le Parisien dans lequel j’ai trouvé ce récit de leur première rencontre (en 2004) selon la version de la jeune femme : « Tout à coup, il ferme la porte, lui propose un verre d’alcool avant de l’agresser sexuellement en l’embrassant puis en introduisant sa main dans sa culotte. Les faits se seraient déroulés rapidement, sans sig

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Mars 2021 – Causeur #88

Article extrait du Magazine Causeur

Cyril Bennasar
Cyril Bennasar, anarcho-réactionnaire, est menuisier.
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