« Inégalité flagrante des temps d’antenne », « disproportion des moyens financiers », « opposants empêchés de se présenter » sans oublier bien sûr l’inqualifiable «  parti pris systématique des grands médias », le tout aboutissant à un « scrutin joué d’avance ». Voilà pourquoi, nous expliquent nos radios et chaines d’infos, l’élection de Vladimir Poutine à la tête de la République de Russie ne saurait être qu’une gigantesque escroquerie.

On ne demande qu’à les croire, d’autant plus que ces critiques virulentes sont étayés par les protestations de certains dirigeants de l’opposition, ce qui leur donne une valeur scientifique irréfutable. Et pour les sceptiques indécrottables, on trouvera un peu partout des interviews de citoyens lambda mécontents de leur système politique –une denrée qui fort heureusement n’existe pas par chez nous.

C’est bien dommage d’ailleurs, parce que s’il existait de tels mécontents en France, leurs « éléments de langage » seraient tout trouvés : « inégalité flagrante des temps d’antenne », « disproportion des moyens financiers », « opposants empêchés de se présenter » sans oublier bien sûr l’inqualifiable « parti pris systématique des grands médias », le tout aboutissant à un « scrutin joué d’avance. »

Ne criez pas, je sais bien que je déforme le trait rien que pour le plaisir de me moquer. Et ce n’est pas moi qui nierai qu’en Russie et en France, les situations sont radicalement différentes. En Russie, il y avait un seul candidat élu d’avance. Chez nous, on a le choix entre deux.

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