Il est tout de même drôle qu’en France, où « l’on crie au loup nazi tous les quatre matins », la parole ait été donnée indifféremment aux manifestants extrémistes de Kiev et à leurs alliés démocrates. La main sentencieuse de l’Europe, dans sa précipitation pour condamner à tout prix le gouvernement Ianoukovitch, a laissé flotter dans le même bain tous les canards jaunes de la révolte de Maïdan.

Le parti Svoboda  ne cache pourtant pas son bec SS. Le groupe identitaire, dont les drapeaux ont été filmés allègrement dans la capitale ukrainienne, a un goût particulier pour les cérémonies à la graine nazie. La dernière vidéo très commentée dans les réseaux sociaux russophones[1. La vidéo date de 2013] montre un député du parti, représentant de la région de Lvov, Oleg Pankevitch, assistant officiellement à la cérémonie des funérailles de quelques dizaines de soldats SS de la division ukrainienne « Galicie ». Leurs cercueils ont été déterrés à l’occasion des soixante-dix ans de cette unité militaire. La célébration est haute en couleurs. Entre les uniformes kaki Waffen-SS et les drapeaux jaune et bleu ukrainiens, entre le psaume gréco-latin, le récital du poète du coin, et les ordres de feux hurlés en allemand, le tableau impressionniste paraît brouillé.

Les nationalistes locaux se rappellent que les militaires de la division « Galicie » étaient en guerre contre les Soviétiques, mais ils oublient un peu vite qu’ils ont perdu leurs plumes pour Hitler.

Svoboda, dont le nom signifie « Liberté », refuse catégoriquement l’autonomie de la Crimée et réclame l’abandon de la langue russe comme seconde langue officielle. Leurs cancans ne mériteraient-ils pas d’être écoutés en France avec un peu plus de recul ?

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