Non sans angoisse, et jusqu’au dernier moment, les salariés de Petroplus ont attendu avec impatience le résultat du vote inscrivant dans la loi le mariage pour tous. Des larmes de joie ont coulé sur les joues des 470 salariés quand ils ont appris que l’Assemblée Nationale par 331 voix pour, 225 contre et 10 abstentions les avait fait changer de civilisation.
Travailleurs hétéros, gays, bi et trans de Petroplus avaient en effet besoin de ce choc de consolation car la lettre de licenciement sera tout de même plus facile à vivre en couple puisque que la fermeture définitive de la plus ancienne raffinerie française a été décidée faute de repreneurs. Il y avait plus d’un an que Petroplus avait déposé le bilan, que les faux espoirs se succédaient et que l’Etat s’obstinait à ne pas vouloir nationaliser le site, ne serait-ce que provisoirement, pour empêcher la casse.
Mais comment lui en vouloir, à ce gouvernement, alors qu’il menait un combat titanesque depuis neuf mois contre les forces de la réaction homophobe. Conscients, au bout du compte, de tout ce qu’ils ont gagné dans cette lutte, les futurs chômeurs remercient les socialistes et la direction de Petroplus, qui en guise de cadeau d’adieu, leur a offert un joli presse-papier représentant une raffinerie. On appréciera l’attention, ce presse-papier pouvant se révéler des plus utiles pour empiler les formulaires quand il faudra adopter les futurs orphelins de Florange ou de PSA.

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Jérôme Leroy
Ecrivain et rédacteur en chef culture de Causeur.Dernier roman publié: Un peu tard dans la saison (La Table Ronde, 2017). Prix Rive Gauche