Il n’y a pas de viande heureuse. Vous autres, amateurs de nourriture carnée, soutenez le contraire en évoquant ces joyeux moments passés à partager une côte de bœuf entre amis. Comme s’il était impossible de rigoler autour d’un gâteau à la caroube préparé en l’honneur de nos deux chiens, qui viennent de fêter leur anniversaire… Tous nigauds, les végétariens ? Rassurez-vous, nous assumons notre nigauderie. Enfin presque, car ledit gâteau de la marque Benevo, leader dans l’alimentation bio, végétarienne et végan, destinée aux animaux domestiques, nous est parvenu depuis la Grande-Bretagne, laissant une sacrée empreinte carbone. Qu’on l’ait amorti en commandant au passage des chips au chou frisé à l’acérola et des blocs de « fromage » à base de fécule de pomme de terre et d’huile de coco, n’apaise pas notre conscience. Pire encore, après avoir gobé leur gâteau végan, nos chiens se sont mis à la chasse du chat du voisin dans un but ostensiblement meurtrier. Et il est à craindre que les os en forme de carotte, cadeau d’anniversaire à visée éducative made in USA, très esthétiques et du reste introuvables dans l’Hexagone, ne suffisent pas à calmer leurs pulsions.

La France véganisée

Blague à part, petit à petit la France se véganise. L’accès aux produits végétariens et végétaliens, excluant toute matière animale, devient plus facile avec la multiplication des magasins spécialisés en ligne et des restaurants, répertoriés sur vegoresto.fr. Désormais il y en a 47, seulement à Paris, sans compter les établissements certifiés « bio », lesquels proposent en général des plats pour cette population ultra-minoritaire qu’au xixe siècle on désignait par la charmante appellation de « légumistes ».