Jacques Rogge est ravi, le dialogue a abouti selon lui à une excellente nouvelle, excellente pour la géopolitique et pour la condition féminine en général : l’Arabie Saoudite, merveilleux royaume pétrolier et phare du progressisme musulman, a pu envoyer aux Jeux Olympiques de Londres deux personnes mineures de sexe féminin, accompagnées comme il se doit d’une personne mâle responsable (mari, grand frère, père, imam) et vêtues de manière islamiquement décente. Une coureuse de 800 mètres, Sarah Attar et une judoka, Shahrkhani. Il conviendra bien sur de leur éviter toute mixité. Cet arrangement satisfait Jacques Rogge qui y voit sans doute une ouverture pour les féministes saoudiennes (je rappelle que là-bas, les femmes n’ont entre autres pas le droit de conduire ni de faire du sport en public).

J’y vois plutôt un lâche renoncement, il aurait sans doute été plus « moral » d’exclure le royaume saoudien, d’autant que les fédérations respectives d’athlétisme et de judo n’autoriseront sans doute pas les jeunes femmes à concourir voilées.

L’intransigeance suppose une bonne dose d’intolérance, ça n’est pas hélas un concept à la mode. Discuter condition féminine, notamment avec un prince saoudien est un exploit hors du commun, le résultat est tout à l’honneur du sport international, comme vient de le démontrer la fédération de football en autorisant le port du voile pour les joueuses musulmanes. Je rappelle aux cuistres qu’à Olympie les athlètes (masculins, il est vrai) concouraient tous à poil! C’était le bon temps…

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