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Les dents de la Seine

Le nouveau film de Netflix a beau être un navet, nous en conseillons tout de même le visionnage à Anne Hidalgo, avant son plongeon miraculeux prévu à la fin du mois dans le fleuve qui passe sous les fenêtres de son bureau de l’Hôtel de Ville.


La naïade Hidalgo fera-t-elle trempette dans le fleuve le 23 ou le 30 juin, comme promis ? Le collecteur d’eaux usées VL8 ne sera opérationnel qu’en juillet, dit-on. Les mesures de pollution réalisées cet hiver détectent toujours la présence alarmante d’entérocoques et d’eschuerochia coli réchappés, vous l’aurez compris, de nos fondements mammifères mêlés aux fientes de ragondins, de pigeons et de surmulots. Sans compter ce fameux acide trifluoroacétique (TFA pour les intimes), « polluant éternel » de la famille des polyfluoreakylées (PFAS) issu de la dégradation des pesticides. Et les silures, ce poisson charognard équipé de 1500 dents râpeuses, bestiole dont la taille peut atteindre 2 mètres 80, et qui colonise désormais nos rivières. Bref, le bain de foule dans les saumâtres profondeurs de la Seine n’est pas gagné d’avance.

Mais la vaillante édile, c’est bien connu, n’a peur de rien. On lui recommandera pourtant, avant d’enfiler sa combi, de mater Sous la Seine, sur Netflix, dans ses heures creuses. Le blockbuster à 20 millions de dollars va peut-être, qui sait, refroidir ses envies d’immersion ? Si Paris a rarement été aussi bien filmé sous le soleil – ses berges, ses ponts, ses monuments… – le cauchemar s’installe dès qu’on pique une tête : algues en suspension dans le liquide verdâtre, sol jonché de débris… Tout contre-indique la baignade fluviale s’il faut en croire Xavier Gens (The Divide, Farang…), dont la caméra subaquatique, c’est le moins qu’on puisse dire, ne livre pas le tableau d’un cours d’eau aseptisé.

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Scientifique traumatisée par le charcutage de son équipe, dont son mari, par un squale mutant sous les Tropiques il y a trois ans (voilà pour le prologue), Sofia Assalas (Bérénice Béjo) s’est repliée sur l’Aquarium du Trocadéro, où elle officie auprès des groupes scolaires. Quand, hasard des circonstances, Mika (Léa Léviant), sa pote écolo-lesbienne, l’alerte à bon escient : Lilith, requin femelle tracé par une balise, a franchi l’Océan ; elle s’est adaptée à l’eau douce ; elle remonte à contre-courant depuis Le Havre, vers la capitale. Pour Mika l’activiste, il faut sauver la soldate Lilith. Mais voilà : on est à une semaine du Triathlon de Paris, coup d’envoi pour les JO sur la Seine, dont la maire (Anne Marivin) s’apprête à faire l’annonce (« Certains en ont rêvé ; beaucoup en ont parlé ; je l’ai fait ! »)  

Doit-on fermer les écluses ? Pour la brillante ichtyologue Sofia, le péril est à nos portes. Elle trouvera un allié dans Adil (Nassim Lyes) un ex de la « grande muette » reconverti dans la police, jeune et viril lieutenant de la brigade fluviale. Reste à convaincre Madame la maire et son chargé de com (genre cravaté barbu poivre et sel). «  Vous ne vous rendez pas compte, 1,7 milliard, c’est le budget pour assurer cet événement. Démerdez-vous ! », dit-elle en fixant la maquette de la métropole, étalée dans son bureau. « Mon Paris ! », soupire l’édile (dont l’apparence renverrait plutôt au style Pécresse collet monté qu’au look débandé de l’ibère Hidalgo). Entre temps, le squale tueur se sera quand même bafré une ventrée de candides militant(e)s écolo, particulièrement aveugles au danger – bien fait pour eux (elles). Le cynisme l’emportant sur toute autre considération, la blondasse échevine bouchée à l’émeri ordonne au préfet de mettre la bride sur les réseaux sociaux : car elle y tient, à son triathlon !  « Rien qui puisse gâcher la fête », claironne la conne.

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Elle ignore que les poissons mutants et carnassiers, « comme des larves dans une ruche », se reproduisent désormais par parthénogénèse – c’est-à-dire sans besoin du mâle. L’intervention de la brigade fluviale pour dynamiter l’invasion se solde par une plongée sanglante dans les eaux troubles des catacombes (du sol desquelles, remuées par l’explosion, remontent bientôt les obus de la Seconde Guerre mondiale)… Qu’importe, Madame la maire ne veut rien savoir : « les requins, s’ils existent, je m’en féliciterai. Cela voudra dire que notre travail de dépollution a bien fonctionné ». Au jour J, en plein cœur de la capitale en liesse, elle « déclare le triathlon de la Seine ouvert ! ».  

Visuellement, le résultat est à la hauteur de ce que permet aujourd’hui l’image numérique arrivée à maturité : le lancer, dans le clapot du fleuve sous l’azur, des nageurs par centaines coiffés de bonnets étincelants, meute humaine promise à se voir dévorée toute crue sous les hurlements de la foule – le gore y atteint au plus parfait burlesque. Le spectacle pourrait s’arrêter là : sur la faillite absolue – prémonitoire ? – de l’événement sportif.  Mais Xavier Gens ne se prive pas de gratifier encore le spectateur d’un dénouement grandiose, stupéfiant, incroyablement  photogénique. Et propre à nous défier de l’eau qui dort. On vous en laisse l’excellente surprise.

Sous la seine. Film de Xavier Gens. Avec Bérénice Bejo, Nassim Lyes… France, couleur, 2024. Sur Netflix.

Agir pour ne pas subir

Le témoignage de Nicolas Bourez, directeur d’école à Neuilly-sur-Marne (93) qui a été visé il y a un mois et demi par un tract distribué jusque devant son établissement aux parents des élèves en le diffamant et en l’accusant d’être extrémiste et antimusulmans.


Le soir venu, le doute s’installe. Ai-je bien fait ?

Je m’endors l’esprit agité par toutes ces incertitudes. Mes élèves me réveillent. Je pense à eux, à tous ceux qui ont tant compté pour moi, justifiant toutes ces heures à tenter de les accompagner au mieux. Je vois leurs visages, j’entends leurs voix, ils parlent fort, m’appellent « directeur, directeur ». Mais je ne réponds pas. Alors ils me cherchent partout dans l’école, certains courent, d’autres restent sur place, l’œil hagard, beaucoup font du bruit. Et je me réveille. Les pensées pleines de ces nombreuses années passées à rappeler les règles, à écouter les blessures, à comprendre sans pour autant excuser, bref à éduquer dans mon bureau, pour qu’en classe, ils puissent s’élever. D’aucuns diraient du temps à les sauver… pas faux, du moins à essayer !

Alors, ai-je bien agi en les laissant, sans même un petit au revoir ? Cela est triste, mais était nécessaire cependant à mes yeux, car c’était la seule manière de les protéger réellement. Savoir s’effacer. Paradoxe entier car dans mon cas cela revenait à m’exposer au vu et au su de tous… S’effacer professionnellement et s’exposer personnellement. Voilà. Bien sûr cela n’a pas fait l’unanimité parmi les collègues et certains doivent encore m’en vouloir. Peu importe car il s’agissait de protéger les élèves, pas de plaire aux adultes.

Pour le reste, pour moi, les solutions se trouveront dans le silence des bureaux de l’académie. Entre personnes responsables, loin de toute cette agitation extérieure qui ne devrait jamais pénétrer l’école. D’autant que les petits gars de la bande à Thomas pourraient écouter aux portes… Alors, discrétion de rigueur et accompagnement du syndicat Action et démocratie CFE-CGC, qui de lettre en appel téléphonique, de conseil en écoute, a toujours été présent pour que je me sente moins seul. Surtout pour que je sois entendu et bien défendu.

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Mais voilà, il n’y a pas que l’aspect professionnel, je suis mis en cause en tant que directeur d’école bien sûr, mais c’est surtout ma personne qui est visée. Je suis d’autant plus ciblé nominativement que j’ai eu l’outrecuidance d’écrire ici-même, sur Causeur.fr ! Quand les bien-pensants (devrais-je écrire les « rien-pensants », comme la patronne ?) jugent les gens sur l’endroit d’où ils s’expriment et non sur le discours, nous sommes tout près de la bêtise crasse. Quand la posture est plus forte que la prise de position, le danger est imminent ! Personnellement, ma soupe a le même goût qu’on la serve dans un bol ou dans une assiette creuse ! Avec quelques croûtons…

D’autant que Causeur est multiple, surtout si vous n’êtes pas d’accord, sinon monologues et pensée unique auraient été de meilleurs titres. Olivier Dartigolles risque de prendre un coup de moins bien, comme on dit en cyclisme, si on le traite systématiquement de facho à cause de son « Coup de rouge » ! Pardonnons à ceux qui sont perdus dans l’immensité de leur ignorance, mais combattons les autres : ils sont nettement plus sectaires que les soi-disant fachos qu’ils veulent clouer au pilori.

Donc je serais un extrémiste, à droite toute évidemment, accusé en plus d’être antimusulmans pour avoir dénoncé l’entrisme politique à l’école de certains qui feraient bien d’apprendre à lire au lieu de mettre des cibles dans le dos des autres. Mais je n’en dirai pas davantage, car comme je suis ciblé personnellement, je m’organise pour pouvoir me défendre. Là aussi, je ne resterai pas seul.

Comme mon histoire me fait penser depuis le début à celle de Didier Lemaire, en beaucoup moins grave bien entendu car j’ai pu agir à temps, avec des similitudes sur fond de politisation de l’école et d’instrumentalisation de l’islam par des politiques peu scrupuleux de nos règles républicaines, j’ai contacté l’association qu’il vient de fonder : « Défense des serviteurs de la République », dont voici le lien : https://www.defense-des-serviteurs-de-la-republique.org/

Très vite, j’ai été rappelé, écouté, entendu, accompagné par cette association qui va dans le sens de l’action pour ne pas subir, agir pour être acteur et non plus victime. Différence d’importance car il faut absolument avancer pour briser le cercle vicieux de l’isolement et de la culpabilisation. Une belle équipe compose cette association parmi laquelle un groupe d’avocats pour aider, y compris si nécessaire en dehors de toute considération financière, les serviteurs de la République qui en auraient besoin. Évidemment dans le but de défendre nos valeurs qui ne doivent pas rester seulement des mots, mais également vivre et être bien réelles, que certains s’évertuent à combattre systématiquement en attaquant, en accusant, en mettant en danger ceux qui les portent en étendard, notamment à l’école. Pourtant si nous baissions pavillon, comment serions-nous capables ensuite de nous rassembler pour faire société ?

Ainsi, Maître Georges Sauveur prépare une plainte qui sera bientôt déposée afin de m’accompagner sur le volet juridique de mon affaire. Bien sûr, je n’en dirai pas davantage, mais que chacun ait bien conscience que je ne lâcherai rien de ce côté-là non plus. Et si d’aucuns ne comprennent toujours pas, je leur répondrai avec Joël Dicker « Il y aura toujours celui qui ne comprendra pas ton choix. Mais on choisit pour avancer, pas pour être compris ».

En d’autres termes, agir pour ne plus subir.

80 ans du débarquement: évitera-t-on une Troisième Guerre mondiale?

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Après la commémoration grandiose du 6 juin 44 à Omaha Beach, où étaient présents auprès de lui le président américain, le roi d’Angleterre, Volodymyr Zelensky et de nombreux autres chefs d’État, le président Macron a annoncé à la télévision la livraison d’avions de chasse et la formation d’une brigade de 4500 soldats ukrainiens. Les oppositions ont critiqué de leur côté une exploitation électorale du D-Day.


Le 6 juin 1944 réveille des fantômes douloureux pour les Français. Il nous rappelle que nous n’avons pas pu nous libérer seuls de l’occupant qui, quelques années auparavant, nous infligeait la plus grande humiliation de notre histoire millénaire. Nous fûmes d’ailleurs doublement humiliés en dépit de la bravoure de nos soldats. Par nos officiers incompétents et dépassés qui n’ont pas compris la stratégie allemande. Par notre classe politique qui, au terme de la « Drôle de guerre » puis de la Bataille de France, a signé un armistice en forme de reddition en rase-campagne, confiant au vieillard Pétain les destinées d’une nation meurtrie et soumise.

Il a fallu le génie politique du général de Gaulle pour nous inviter à la table des vainqueurs, lui qui fut, avec Jacques Bainville, la Pythie des années 1930, annonçant et prévoyant la déroute inéluctable face à une Allemagne nazie revancharde et modernisée. Les Anglais n’avaient pas non plus oublié le sacrifice héroïque des soldats français, que le cinéma moderne a si cruellement oublié comme en témoigne le triste Dunkerque de Jonathan Nolan. Sans la résistance magnifique des Français, jamais les troupes britanniques n’auraient pu rejoindre la Grande-Bretagne.

Cela explique d’ailleurs pourquoi le général de Gaulle n’était pas forcément enthousiaste à l’évocation du débarquement : la blessure était aussi vive que celle d’un fil d’épée. Si le commando Kiefer a permis à des Français de s’illustrer avec ses 177 commandos, dont 10 furent tués le 6 juin, le débarquement fut essentiellement une opération alliée. Et le général de Gaulle le savait parfaitement, raison pour laquelle il fut quelques années plus tard si courroucé par le succès des Ricains du jeune Michel Sardou, dont il censura même le premier pressage ! Las, le temps a depuis fait son œuvre et les relations avec les Américains se sont désormais grandement apaisées.

Honorer les derniers survivants était un devoir

Imaginez ces jeunes hommes venus du Wisconsin, du Québec ou plus modestement du Yorkshire, aborder les côtes normandes dans l’espoir de renverser l’armada de l’Axe. Une tâche peu évidente qu’ils ont pourtant remplie en à peine quelques mois. Ils avaient pour les guider des éditions du Guide Michelin de 1939, ainsi que s’est plu à le raconter la presse ces derniers jours. Souvent naïfs, ces fameux « boys » bénéficiaient de l’avantage matériel considérable d’une armée qui avait bien trente ans d’avance sur les autres de son temps. Mécanisée, dotée d’un train fabuleux, elle a aussi appliqué des stratégies qui font froid dans le dos avec le recul. Il faut d’ailleurs à ce titre saluer et remercier le roi Charles III qui a évoqué les « innombrables victimes civiles des bombardements des villes normandes » et le courage des résistants français sans qui cette opération n’aurait pas été possible.

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Un geste rare et à saluer que celui du monarque britannique, tant ces célébrations omettent parfois les horreurs qu’ont dû affronter les Français et les Françaises durant un conflit terrible où ils furent soumis à l’arbitraire nazi puis à la puissance aveugle du feu américain. Charles III, amateur d’histoire, doit d’ailleurs savoir que c’est Churchill qui préserva la Normandie et le reste de la France de la fureur froide de Montgomery, prêt à sacrifier des dizaines de milliers de vies supplémentaires pour avancer plus vite… Mais ces crimes et ces erreurs bien réelles furent le prix à payer pour une France qui avait par suffisance failli devant l’histoire, se déshonorant comme jamais auparavant.

Oh, les choses étaient déjà bien avancées avant le débarquement, notamment en Italie où la campagne militaire avait commencé dès le mois de septembre 1943, contraignant même une armée allemande fortement contrariée à démobiliser des soldats combattant à l’est pour s’opposer aux troupes alliées. L’Armée française de libération a pu s’illustrer à la bataille du Mont-Cassin où le corps d’armée mené par le général Juin a grandement contribué à la rupture de la ligne Gustave. Un premier succès qui conditionna la mise en place de l’opération Overlord en juin 1944. Puis, en août 1944, le débarquement de Provence commandé par le général de Lattre où s’illustrèrent en majorité des forces françaises de l’Armée B accompagnées de la VIIème armée américaine.

Epique, le débarquement du 6 juin 1944 le fut. Rien de comparable toutefois au déluge de feu dépeint par Steven Spielberg dans son chef d’œuvre Il faut sauver le soldat Ryan, mais on pardonne toujours aux auteurs ces petites imprécisions… Le réalisateur américain était d’ailleurs invité avec Tom Hanks aux commémorations réussies de ce 80ème anniversaire du débarquement. Une date symbolique qui fut peut-être la dernière occasion d’honorer les Américains, Anglais ou encore Canadiens qui ont participé à la libération de l’Europe du joug de l’Allemagne nazie. Très âgés, ces derniers survivants de ces batailles historiques se sont montrés d’une absolue dignité, insistant tous pour se lever lorsque le président Emmanuel Macron leur a remis la Légion d’honneur. Des visages magnifiques filmés au crépuscule de leurs riches vies qui ont à juste titre ému Américains et Français.

Rien ne peut acheter l’honneur

Ces commémorations grandioses et réussies n’ont toutefois pas réussi à éclipser les actualités du moment. On serait même tenté de dire qu’elles les ont mises en exergue, pour le meilleur comme pour le pire.

Exclu de la cérémonie, Vladimir Poutine avait beau jeu d’affirmer que les troupes soviétiques ont été déterminantes dans la chute de l’Allemagne nazie. Reste que l’URSS s’est aussi rendue coupable de nombreux crimes, dont le principal fut d’occuper pendant plusieurs décennies les pays qu’ils avaient « libérés ». Quant aux protestations liées à la présence de Zelensky, elles étaient injustes puisque les Ukrainiens ont aussi participé à cette guerre au sein de l’armée rouge, leur pays étant alors inclus au sein de l’URSS. Que des Ukrainiens aient combattu avec l’Allemagne est une vérité. Ce fut aussi le cas de Russes au sein de l’armée Vlassov, dont certaines unités se sont battues en Normandie contre les alliés. Bref, tout cela a été très largement manipulé et schématisé. Si Vladimir Poutine n’était pas présent, ce n’était pas par mesquinerie ni révisionnisme mais parce que la Russie est désormais une nation hostile.

Au rayon des mesquineries, Emmanuel Macron comme les oppositions ont toutefois également eu leur moment :

– Le président, en établissant un parallèle hasardeux entre « l’extrême droite » aux élections européennes et le débarquement lors de son entretien télévisé ; il a même eu le toupet d’accuser les « populistes » de refuser de surveiller les frontières du continent, alors que ses propres élus européens soutiennent généralement les mesures les plus laxistes en la matière…

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– Les oppositions, en reprochant à Emmanuel Macron de profiter du moment pour instrumentaliser la guerre d’Ukraine à son profit. Il s’avère que les élections tombaient durant ces commémorations et que la guerre à l’est se fait plus intense que jamais. Devait-il s’arrêter d’en parler pour complaire à nos politiciens ? Sûrement pas, et le président en a profité pour faire des annonces majeures, dont la livraison d’avions de chasse et la formation d’une brigade de 4500 soldats ukrainiens. Des mesures prises à contretemps mais salutaires. Pour cette fois, l’honneur sera sauf.

L’histoire est complexe et il ne faut jamais l’oublier

Dans son célèbre roman La Ciociara, Alberto Moravia traite de tragiques évènements de la Seconde Guerre mondiale en Italie. Il conclut ainsi : « Malheureusement, celui qui a volé et tué, fût-ce à cause de la guerre, ne peut espérer redevenir l’homme qu’il était auparavant; de cela, je suis certain. Ce serait, pour donner un exemple, comme une femme qui ayant perdu sa virginité, se persuade qu’elle pourra redevenir vierge par on ne sait quel miracle qui ne s’est jamais produit. Les voleurs et les assassins, même sous l’uniforme et la poitrine couverte de décorations, resteront à jamais des voleurs et des assassins. » 

Ce legs de reniements, de bombardements, d’épuration prétendument résistante et de trahisons n’a toujours pas été soldé. Quatre-vingts ans plus tard, il est pourtant temps de redevenir ce que nous fûmes avant tout ça ; plus candides mais aussi plus forts. C’est le chemin qui est devant nous dans un monde où le danger du retour de la guerre à l’échelle industrielle est plus que jamais présent.

La Ciociara

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Le non du peuple

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«Ce n’est pas cher, c’est l’État qui paye!»

Le Conseil constitutionnel l’a décidé fin mai : l’aide juridictionnelle doit être accordée systématiquement et gratuitement aux étrangers, même en situation irrégulière. Une générosité de l’État avec l’argent de ses contribuables… 


À quelques jours des élections européennes et à l’heure où le Rassemblement national est au plus haut dans les intentions de vote, les Sages de la rue Montpensier ont décidé de soutenir vigoureusement cette flambée électorale sans précédent en permettant aux étrangers en situation irrégulière de bénéficier de l’aide juridictionnelle dans les affaires civiles. Précisons qu’une telle mesure ne fera que soutenir l’idée que l’État est incompétent à juguler son immigration qu’il finance et soutient, leitmotiv des listes RN et Reconquête !

Plus particulièrement, des « salariés en situation irrégulière » – nous apprécierons déjà à ce stade cette exception française – ont transmis à la Cour de cassation une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) par le truchement de leurs avocats, à l’occasion d’un contentieux prud’homal, concernant le refus de l’attribution de l’aide juridictionnelle. Les magistrats du quai de l’Horloge ont saisi le Conseil constitutionnel, lequel a décidé le 28 mai que « subordonner l’octroi de l’aide juridictionnelle au caractère régulier du séjour d’un étranger était contraire à la Constitution. »

C’était pas au contrat !

Il est vrai que l’article 3 de la loi du 10 juillet 1991 réservait l’aide juridictionnelle aux justiciables de nationalité française, aux ressortissants de l’Union européenne et aux étrangers en situation régulière, qui sont tous soumis à des conditions de ressources évidentes. Dès lors que l’aide juridictionnelle, dont le budget avoisinait en 2023 la somme de 600 millions d’euros, est financée exclusivement par de la dépense publique et donc les impôts des contribuables, elle était réservée aux signataires de notre contrat social et par extension à ceux partageant le drapeau européen. Il s’agissait d’une conception logique conforme au principe de simplicité du rasoir d’Ockham.

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Par exception, le législateur a souhaité accorder l’aide juridictionnelle aux étrangers en situation irrégulière, mineurs ou impliqués dans une affaire pénale… puis à ceux faisant l’objet d’un arrêté d’expulsion ! Les premiers coups de canifs au contrat social étaient donnés. Désormais, par une interprétation détorquée de concepts philosophiques et juridiques tirés de la Révolution française et de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, d’égalité et de solidarité (articles 6 et 16), un individu se maintenant illégalement sur le sol français a sa défense prise en charge par la collectivité pour l’ensemble des contentieux qu’il est amené à rencontrer… et évidemment dans le cas singulier où l’État lui-même chercherait à l’expulser en raison de sa situation irrégulière !

Associations gavées d’aides publiques

Pourtant, rien ne faisait obstacle à ce qu’un individu en situation irrégulière puisse accéder à la justice et faire valoir ses droits, au sens de la Constitution et de la CEDH, dès lors que son accès est gratuit en France. Raison pour laquelle, dans ce cas précis, les salariés en situation irrégulière ont pu saisir le Conseil des prud’hommes et transmettre une QPC, d’autant plus qu’un tel mécanisme juridique nécessite un accompagnement juridique sur-mesure. De nombreuses associations encadrent en effet ces justiciables, en leur apportant un soutien juridique d’ampleur à l’instar de la Ligue des Droits de l’Homme, pour lesquelles des avocats exercent régulièrement en « pro bono », c’est-à-dire gratuitement. C’est sans compter les avocats dont les honoraires sont, dans certains cas, généreusement réglés par ces mêmes associations bénéficiant d’aides publiques.

Tandis que de nombreux Français, dont les revenus sont légèrement supérieurs aux seuils légaux pour accéder à l’aide juridictionnelle, se retrouvent démunis et ne bénéficient d’aucune aide sociale, leurs voisins en situation irrégulière sur le sol français peuvent désormais compter sur un avocat aux frais de l’État, en toutes circonstances ! Inutile de préciser que l’enveloppe consacrée à l’aide juridictionnelle devrait naturellement atteindre des sommets paroxystiques l’an prochain, à l’heure où les dépenses publiques sont pourtant visées par la Cour des comptes.  

En effet, la Cour des comptes a exploré des pistes explosives pour réduire drastiquement les dépenses publiques dans un rapport rendu public le 29 mai – soit la veille de la décision litigieuse du Conseil constitutionnel ! –, à commencer par « modifier les paramètres de l’indemnisation des arrêts de travail » en imposant un délai de carence de huit jours pour verser des indemnités aux salariés. Réduire les droits des Français pour permettre d’en conférer davantage aux étrangers en situation irrégulière… une logique contestable pour le commun des mortels sauf pour les quelques-uns confortablement installés et drapés dans les ors de la République.

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D’ailleurs, nous noterons que le parti Les Républicains avait demandé le 13 avril à organiser un référendum d’initiative partagée sur l’accès des étrangers aux aides sociales. La démarche était légitime compte tenu de l’anomie migratoire manifeste : conditionner le versement des prestations sociales non contributives à une durée minimale de séjour en situation régulière (de trente mois à cinq ans), transformer l’aide médicale d’État en aide médicale d’urgence, supprimer les réductions tarifaires prévues dans les transports en commun pour les étrangers en situation irrégulière, intégrer les centres d’hébergement des étrangers dans le décompte des logements sociaux et rendre impossible le maintien des déboutés du droit d’asile dans les hébergements prévus au titre du dispositif national d’accueil. Ce même Conseil constitutionnel avait, selon une interprétation sibylline, estimé que les dispositions portées par Les Républicains étaient contraires à la Constitution et poursuivait ainsi « une politique progressiste d’ouverture à l’immigration », selon le Sénateur LR Bruno Retailleau.

En définitive, la décision très contestable du Conseil constitutionnel du 28 mai n’est que la suite logique de cette générosité sans limite avec l’argent du contribuable. François Hollande nous avait prévenu : « Ce n’est pas cher, c’est l’État qui paye ! », autrement dit, nous tous. Une telle décision, insusceptible d’appel, ne peut faire l’objet d’aucun recours, et ne peut être réformée que par un référendum, le législateur étant ici totalement démuni. Cette acatalepsie juridique conforte la très décriée perte de confiance des justiciables, contribuables et citoyens envers les institutions de la République, et d’autant plus envers celles qui décident et imposent leurs dogmes, sans bénéficier directement de l’onction démocratique.

La «fierté française» qui emplit les discours des Jeux olympiques est un leurre

Être français ne va plus de soi. Or les maltraités, trop passifs, ne méritent pas leur sort. La montée de l’antisémitisme islamisé s’est accompagnée de la haine de la France française, au nom de l’universalisme déraciné et de la repentance perpétuelle. La « fierté française », qui emplit les discours des Jeux olympiques, est un leurre.


Fausse bonne nouvelle. En apparence, les dirigeants politiques ouvrent un œil, dérangés par la France qui se délite et laisse venir la guerre civile, en Nouvelle-Calédonie comme à Mayotte ou en métropole. Cependant, les somnambules restent engourdis par le sirop du « vivre-ensemble ». Certes, ils parlent avec des mots qu’ils reprochaient hier à la « fachosphère ». Ils s’alarment ainsi du nouvel antisémitisme, observable depuis trente ans dans les cités. Il explose depuis le pogrom du 7 octobre contre Israël. Les dénégationnistes reconnaissent enfin l’entrisme des Frères musulmans déguisés en agneaux blessés. « Ils attaquent tous les pans de la société et se constituent en réseaux », explique même Gérald Darmanin (JDD, 5 mai). Le ministre de l’Intérieur admet que l’islam politique a subverti « le sport, l’éducation, la médecine, la justice, les organisations étudiantes et syndicales, les ONG, la vie politique, associative, culturelle ». Mieux vaut tard que jamais. Toutefois, la lucidité des traîne-savates se heurte à leur croyance en la « diversité » – que Renaud Camus qualifie de « pire ennemi du divers[1] » – qui interdit toute distance avec l’étranger. Ceux d’en haut refusent d’aller à la source de la haine antijuive et antifrançaise. Cette curiosité les obligerait à admettre leur responsabilité dans les désastres causés par une immigration de masse promue depuis un demi-siècle. Majoritairement musulmane, cette population protégée bouleverse l’identité du pays, en lui imposant ici et là une colonisation perméable à l’hyperviolence des narcotrafiquants.

Pinponpin

Les pyromanes ne peuvent éteindre leurs incendies. C’est pourtant à eux que le gouvernement a fait appel, le 6 mai, lors des assises contre l’antisémitisme. Parmi les participants à ce « sursaut » ont été conviés ceux qui n’ont de cesse, au nom de l’antiracisme et des droits de l’homme, de valoriser la société ouverte et multiculturelle, terreau du racialisme et de l’islam remplaciste. C’est ainsi que SOS Racisme, La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme ou le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples ont été invités à réfléchir aux causes de la montée de l’antisémitisme. Mais comment attendre de ces mouvements qu’ils reconnaissent leurs fautes dans la communautarisation du pays et la sacralisation des minorités raciales ? Comment espérer de ces donneurs de leçons qu’ils admettent leur responsabilité dans le nouvel antisémitisme, ou le racisme antiblanc qui veut tuer des Caldoches ? Comment croire qu’ils viendraient à s’excuser d’avoir poursuivi en justice les voix trop libres, coupables de dénoncer les banlieues querelleuses ? Ces pharisiens consacrent encore leur temps à culpabiliser les Français inquiets et à leur interdire de se plaindre de leur sort.

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Le mépris officiel porté aux gens ordinaires, qui refusent de disparaître est au cœur du saccage de la douce France. « Populisme ! » demeure l’injure de ceux qui n’admettent pas leurs torts. Même le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Yonathan Arfi, persiste à marginaliser ceux qui, trop français à son goût, se solidarisent d’Israël dans sa résistance à l’islam suprémaciste et judéophobe. « Les Juifs se sont toujours tenus massivement à l’écart des partis populistes », assure Arfi (Le Figaro, 6 mai), sans mesurer que bien des compatriotes juifs se tournent vers le RN. Cette tartufferie est reprise par Gabriel Attal qui, lors du dîner du Crif, a dénoncé « le cynisme absolu de ceux qui disent soutenir les Français juifs par réflexe antimusulman ». Le procès en xénophobie fait à ceux qui critiquent l’immigration irraisonnée dissimule la lâcheté d’une classe politique qui a renoncé à protéger son peuple. Seuls les Canaques hostiles au métissage sont en droit de dénoncer la « colonie de peuplement » des métropolitains. Aimé Césaire a pu pareillement critiquer sans problème, en 1977, un « génocide par substitution », parlant de sa Martinique trop ouverte aux Blancs de l’Hexagone. En septembre 2003, le président Jacques Chirac s’était cru inspiré en déclarant : « Il faut surtout se préoccuper du sort des Pygmées, qui sont l’un des peuples les plus menacés de disparaître. » Depuis, l’indifférence portée à la dissolution des Français dans une société liquide, remplaçable et indifférenciée, n’a fait que s’accentuer.

Jul et le Conseil constitutionnel contre la France

Être Français ne va plus de soi. Or les maltraités, trop passifs, ne méritent pas leur sort. La montée de l’antisémitisme islamisé s’est accompagnée de la haine de la France française, au nom de l’universalisme déraciné, de la préférence étrangère, de la repentance perpétuelle. La « fierté française », qui emplit les discours des Jeux olympiques, est un leurre. L’artifice cache une honte des élites à se réclamer de la France profonde. C’est le rappeur marseillais Jul, qui chante « Te déshabille pas, je vais te violer », qui a ouvert le parcours de la flamme. Président du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius dit son dédain pour la France quand il juge contraire à la Constitution la préférence nationale « appliquée de façon systématique » (Le Monde, 7 mai). Mais qu’est-ce que la préférence nationale, sinon la reconnaissance de la citoyenneté attachée à la nation, identifiée à un peuple ? Lorsque l’écrivain Seth Greenland voit le sionisme comme le droit qu’ont les juifs à « mériter un État où ils peuvent être en sécurité » (Le Figaro, 7 mai), il exprime plus généralement le sentiment des peuples inquiets pour leur survie. Les Français sont de ceux-là quand, à la veille des élections européennes du 9 juin, ils disent à 91 % se sentir « en priorité français » (sondage Odoxa). Ils sont prêts à sortir de leur léthargie.

Le peuple trahi ne peut cautionner plus longtemps un système politique suicidaire, qui met trente ans avant de reconnaître du bout des lèvres la haine qui partout s’enkyste dans les minorités, sans établir le lien avec l’immigration de peuplement. Le rejet du Français est derrière le rejet du juif, tous deux coupables de vouloir survivre. Attendre trente ans avant de s’en inquiéter ? La France déglinguée ne sera plus qu’un souvenir.

La Destruction des Européens d'Europe

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[1] La Destruction des Européens d’Europe, Le Château, 2024.

Le débarquement allié et les juifs

Réflexions sur le 6 juin 1944


Il y a cinq ans, sur les plages de Normandie, l’Américain Tom Rice a sauté en parachute à 98 ans, comme il l’avait fait dans la nuit du 5 au 6 juin 1944. Aujourd’hui, les quelques survivants viennent en chaise roulante. La page est tournée, mais n’oublions jamais que si le débarquement allié avait été un échec, l’Europe pour laquelle nous allons voter aurait une toute autre allure qu’aujourd’hui, qu’il n’y aurait pas de radio juive pour en parler1 et, surtout, pas de Juifs pour l’écouter. Nous avons du Débarquement allié les images héroïques de combats d’où les civils sont absents. Mais le 6 juin, il y eut aussi de violents bombardements sur des villes normandes comme Vire, Coutances ou Lisieux dans le but explicite que les destructions puissent retarder l’arrivée des renforts allemands. Les semaines suivantes, car la bataille de Normandie a duré trois mois, ce fut le tour du Havre, de Caen, Rouen ou Évreux… Des milliers de morts dans la population civile et des motivations militaires pas toujours évidentes. Cela ne retire évidemment rien au bienfondé du Débarquement. Ceux qui ont protesté alors le plus haut n’étaient pas des organisations pacifistes, mais des collaborateurs du nazisme.

Le Mur de l’Atlantique, la massive défense littorale construite par l’Organisation Todt, n’était pas achevé et les informations, fournies notamment par la résistance française, ont permis de bombarder les installations, mais là où celles-ci sont restées intactes, comme à Omaha Beach, le débarquement a été sanglant. Parmi les 150 000 soldats, anglais, américains ou canadiens qui ont débarqué le matin du 6 juin 1944, 4500 environ sont morts sur les plages.

La résistance a beaucoup aidé les Alliés, mais seuls les 177 Fusiliers Marins du Commando Kieffer ont débarqué le 6 juin et il faut attendre le 1er août pour que la 2e DB de Leclerc arrive en France. Le 15 août en revanche, la 1ère armée française est présente dès les premières heures du débarquement de Provence. En six semaines la France a effacé aux yeux des Alliés son image de pays collaborateur du nazisme, alors même que la Milice continuait de sévir. L’accueil enthousiaste fait par la population à de Gaulle à Bayeux le 14 juin, puis la rapidité avec laquelle celui-ci a mis en place une administration efficace des zones libérées l’ont rendu incontournable et ont peut-être évité une mise de la France sous tutelle américaine. Mais après la guerre, les séquelles de l’animosité personnelle profonde de Roosevelt envers de Gaulle ont pesé – et pèsent peut-être encore – sur la politique extérieure française. On voit aujourd’hui avec Biden et Netanyahu que les relations humaines entre dirigeants ont aussi leur importance…

À 1500 km de distance des plages du Débarquement, c’était un jour comme un autre à Birkenau. Entre 6 et 8 000 Juifs étaient gazés ce mardi 6 juin, comme la veille et comme le lendemain, bien plus chaque jour que de soldats morts sur les plages de Normandie. Les Alliés étaient au courant: le rapport Vrba-Wetzler du 27 avril, du nom des deux Juifs évadés d’Auschwitz, qui décrivait avec précision l’extermination des Juifs, était à la disposition des responsables américains. Les services de photographie aérienne possédaient par ailleurs des photos qui n’avaient intéressé personne sur les installations de Birkenau. Des bombardements susceptibles de freiner l’extermination étaient techniquement possibles. Désormais, l’Agence juive aussi les réclamait, elle qui y avait été longtemps réticente. Mais le programme ne fut pas modifié : il donnait la priorité au bombardement de tout ce qui pouvait aider l’effort de guerre allemand. Entre le 15 mai et le 9 juillet, 350 000 Juifs hongrois ont été assassinés. Je ne pense pas que cela ait été un détail de l’histoire…

A lire aussi, du même auteur: Après le bombardement à Rafah, la diabolisation d’Israël redouble

Le 6 juin, où en étaient les autres fronts ? Rome avait été libéré deux jours plus tôt après la difficile bataille de Monte Casino, mais l’Italie était désormais un terrain de campagne secondaire.

Sur le front de l’Est, en revanche, les Soviétiques venaient de finaliser leurs plans pour l’opération Bagration. Presque concomitante à la campagne de Normandie, mais complètement éclipsée par celle-ci dans la mémoire de l’Occident, Bagration est considérée par plusieurs experts comme la plus grave défaite allemande de la guerre. En fixant les réserves allemandes, il est indéniable que l’URSS a contribué au succès, qui fut long à se confirmer, de la campagne de Normandie. Pourtant Poutine n’a pas été invité en Normandie, alors que Zelensky est présent. 

Cette non-invitation est normale. Les médias russes accusent continuellement les Ukrainiens d’être des nazis. Or, tous les témoignages indépendants concordent sur la faible influence aujourd’hui de l’idéologie nationaliste de type bandériste, d’après le nom de son chef le plus connu, Stefan Bandera, cette idéologie qui a effectivement conduit ses émules à l’alliance avec les nazis et à une responsabilité accablante dans certains des pires crimes commis contre les Juifs pendant la guerre. Traiter les dirigeants ukrainiens d’aujourd’hui de nazis n’est pas une opinion, c’est une diffamation. Et nous qui entendons tous les jours Israël se faire traiter d’État nazi, nous savons comme cette diffamation est ignoble.

L’homme qui pendant presque deux ans a été le meilleur allié de Hitler et qui aurait volontiers continué ce compagnonnage si le Fuhrer n’avait pas envahi son pays le 22 juin 1941 s’appelait Joseph Staline et c’est un des maitres à penser de Poutine. Tous les témoignages concordent sur la stupéfaction de Staline quand le pacte qu’il avait conclu avec Hitler a été violé par celui-ci. Cette partie de l’histoire est aujourd’hui entièrement occultée en Russie au profit de l’exaltation, glorieuse, terrible et d’ailleurs en grande partie vraie aussi, d’une URSS qui aurait porté l’essentiel de la lutte contre le nazisme.

Staline, qui n’était pourtant pas un naïf, a appris à ses dépens et plus encore aux dépens de son pays, qu’il était dangereux de se fier à une alliance avec le nazisme. C’est peut-être ce qu’apprendront un jour ceux qui font les yeux doux au nazisme d’aujourd’hui, à savoir  l’islamisme des Frères Musulmans. L’ancien laïcard Jean-Luc Mélenchon croit qu’il est malin de s’acoquiner avec eux, malgré l’absolue contradiction entre leurs idéologies. Il devrait y réfléchir à deux fois…


  1. Richard Prasquier propose sa chronique hebdomadaire tous les jeudis sur RCJ ↩︎

La souveraineté française, une liberté fragile

On doit à Gaël Nofri, essayiste et adjoint au maire de la ville de Nice, plusieurs ouvrages consacrés à l’histoire de France. Dans son nouveau livre, il estime que la bataille de Bouvines (1214) est un point majeur dans la construction de notre pays car elle affirme sa souveraineté. Il rappelle que « vassal d’aucun », qui est la devise de la souveraineté, peut aussi être la définition de la liberté.


Causeur. La bataille de Bouvines, le 27 juillet 1214, est selon vous un point de départ essentiel de la construction de la France. Pour quelles raisons ?

Gaël Nofri. Bouvines est un mouvement important de cristallisation d’un certain nombre de choses et de ce que deviendra la nation française. En effet, c’est avec cette bataille que la prétention des premiers capétiens à être pleinement souverains – d’abord rois des Francs – va trouver matière à s’incarner, et en même temps, s’affirmer. C’est pourquoi je parle de « confirmation de la souveraineté ». Les premiers capétiens ont la prétention de ne pas être des seigneurs parmi d’autres et veulent se dégager de l’emprise des empereurs romains germaniques. À Bouvines, cette prétention capétienne se trouve confirmée sur le champ de bataille, face aux barons à combattre et face à l’empereur du Saint-Empire romain déjà en difficulté. 

Vous parlez de « confirmation de la souveraineté » française, mais ne s’agit-il pas plutôt de sa « fondation » ?

C’est la fondation, mais il y a aussi un aspect de confirmation : celle d’une prétention. Les premiers rois capétiens, réduits à un petit domaine royal, n’avaient que peu de manœuvre réelle mais avaient déjà la volonté de n’être vassal d’aucun. L’action de Philippe Auguste, qui se trouve consacrée à la bataille de Bouvines, confirme et donne matière à cette prétention à la souveraineté. C’est vraiment une confirmation de ce qu’est la monarchie française dès les premiers capétiens, c’est-à-dire autre chose qu’un seigneur élu par les seigneurs, même si l’élection demeure. Il y a cette onction d’origine divine que confère le sacre, il y a une dimension sacerdotale, mais qui, pour les premiers capétiens, n’a pas de fondement pratique, exécutoire, de capacité. Les premiers capétiens ont beaucoup de difficultés à s’imposer, d’ailleurs ils ne cherchent pas à le faire en dehors du domaine royal car ils n’en ont ni la capacité ni la prétention. Avec Philippe Auguste, les choses changent. Quand il accède à la couronne, cette définition de la souveraineté – vassal d’aucun – existe déjà, elle est en gestation, mais c’est avec Bouvines qu’elle va pouvoir s’appuyer sur une maîtrise réelle de l’espace et sur une capacité de mobilisation des hommes et de levée d’un impôt. Ainsi commence à s’exercer la souveraineté.

Rien ne se fait en une génération. Et les héritiers vont devoir consolider cette « confirmation de la souveraineté ».

Bien sûr. Tout travail de cet acabit s’étale sur le temps long, sur des générations, c’est un travail lent et patient. C’est un travail permanent. On verra par la suite que le moindre renoncement de volonté entraînera des conséquences parfois tragiques. Ainsi, pendant la guerre de Cent Ans, on aura le Traité de Troyes (qui fait de Henri V d’Angleterre l’héritier de Charles VI de France). En réalité, tout est lent, mais rien n’est jamais définitif.

A lire aussi, Marie-Hélène Verdier: La triple frontière: un slogan? Non! Un projet

Rappeler aujourd’hui cette conquête de la souveraineté ne paraît pas anodin. Est-ce qu’il y aurait une arrière-pensée quelconque derrière ce rappel historique ?

Oui, il y a plusieurs arrière-pensées ! D’abord, c’est un essai. C’est une mise en perspective, c’est une lecture. Ensuite, cette lecture vise à rappeler que les choses ont un sens, que ce qui est n’a pas toujours été mais est le fruit d’efforts, de persévérance, et le fruit aussi d’une lecture des choses qui est différente. La lecture des faits et de l’Histoire qui sera faite par la France au lendemain de Bouvines donnera une monarchie différente de la monarchie anglaise ; qui du fait de Bouvines suivra une autre voie. La souveraineté est un bien que nous avons reçu en partage, et dont nous ne sommes que les dépositaires. Ce fut un combat qui est aujourd’hui synonyme de liberté car la première définition de la souveraineté, c’est de n’être vassal d’aucun. On parle beaucoup de liberté, donc il est important de rappeler cette définition.

À quelques jours des élections européennes, cela prend une dimension particulière.

Oui, mais c’est davantage pertinent dans le temps long, qu’il s’agisse de l’UE, de la mondialisation économique et financière, industrielle, alimentaire… surtout à une époque où l’on parle de corps électoral fermé dans certains territoires, ou de statut d’autonomie inscrit dans la Constitution. Rappeler ce qu’est la souveraineté, la France, d’où elle vient, quels sont les combats qui ont mené à cette construction particulière, de la nation, de son organisation, de son territoire, de son histoire, est fondamental. La conception des notions qui font notre citoyenneté est déterminée par ceux dont nous sommes les héritiers. 

Vous nous dites finalement que la fin de l’Histoire n’a pas eu lieu. Est-ce qu’en faisant ce constat, vous présagez que les guerres ne peuvent que continuer à l’avenir ?

Non, ce serait très pessimiste. Ce que cela signifie, c’est que les hommes restent des hommes, et penser un monde dans lequel on déclarerait la guerre illégale est totalement illusoire. La réalité, c’est qu’on avait prévu la fin de la guerre, l’avènement de la démocratie mondialisée, la fin des épidémies, le progrès, un monde de consommation où la béatitude ferait que l’individu consommateur règnerait partout. On se rend compte que ce monde n’existe pas et que personne n’en veut. Les hommes sont d’abord des citoyens, situés dans ce qu’ils sont, et les guerres, les famines, les tensions entre États, les enjeux de territoires et de puissance continuent d’exister. Ceux qui veulent croire qu’ils ont disparu seront peut-être les victimes de ceux qui ont compris que les choses resteront ce qu’elles sont. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas tendre à la recherche de la paix et à la défense de la démocratie ; cela veut dire que tout en les cherchant, il faut se donner les moyens de se prévenir de choses qui peuvent advenir. Il y aura toujours des puissances qui auront des volontés hégémoniques, des voisins plus ou moins belliqueux, et même en France, des gens pour nous expliquer qu’il y a mieux à faire que la nation.

La souveraineté est-elle une réalité et une vision ?

C’est un combat permanent. Ceux qui décident de renoncer acceptent la vassalité.

Est-ce que l’UE telle qu’elle se dessine actuellement n’est pas la programmation de la fin de la nation française, comme celle des autres nations européennes ?  

L’UE n’est rien d’autre que ce qu’on veut en faire. Est-ce qu’on travaille à une UE qui soit une union de nations souveraines, lesquelles trouvent en cette mise en commun les moyens de renforcer leur souveraineté dans la coopération, dans une marche commune qui leur permet d’affronter les enjeux du monde ? Ou est-ce un prétexte au renoncement ? Si c’est ce dernier cas, elle ne sera jamais au niveau qui convient ; on dira toujours que l’UE est petite, et alors c’est une marche vers la mondialisation. Si, au contraire, on se dit que le XXe siècle a été dévastateur pour l’Europe en matière de conflits et en termes de puissance, alors il faut travailler ensemble, et créer des outils qui nous permettent de renforcer notre souveraineté, mais on ne peut pas être souverain à moitié : soit on est souverain, soit on ne l’est pas. La coopération, oui ; le fédéralisme, non.


À lire :
Gaël Nofri, Bouvines. La confirmation de la souveraineté, Passés/Composés, 2024.

Bouvines: La confirmation de la souveraineté

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Guillaume Peltier (Reconquête): «Tous les conservateurs d’Europe sont avec nous!»

Guillaume Peltier tenait le 5 juin à Saint-Malo une réunion publique devant une centaine de militants « Reconquête ». Si cet événement de la « droite forte » a été boudé par Ouest-France et Le Pays Malouin, nous avons pu recueillir les propos du numéro 2 de la liste de Marion Maréchal.


Causeur. La liste de Marion Maréchal est aujourd’hui donnée par les sondeurs autour de 5 ou 6%. La situation du parti fait penser à ces équipes sportives qui jouent leur maintien en première division à un ou deux points près… Aujourd’hui, dans quel état d’esprit êtes-vous ? Est-ce que la peur du fiasco est là ?

Guillaume Peltier. Ça fait 25 ans que je suis engagé en politique, et s’il y a bien une règle éternelle, c’est que les suffrages comptent plus que les sondages ; et le nombre de journalistes – souvent de gauche d’ailleurs – qui se sont totalement plantés en pensant remplacer le peuple, je les invite à faire preuve d’humilité.

Pour le reste, s’il y a des sondages à 5, d’autres nous donnent déjà à 8%. Je dis donc aux Français : dimanche soir, il sera trop tard. Vous avez l’occasion historique d’envoyer Marion Maréchal et des élus qui peuvent faire basculer l’Europe à droite, battre Ursula von der Leyen, supprimer les financements pour les associations islamistes et LGBT. Il ne faudra pas venir se plaindre le lundi 10 juin au matin si ça n’est pas le cas. Depuis des mois, jour et nuit, sept jours sur sept, nous sillonnons la France pour éclairer nos compatriotes et leur proposer ce chemin. C’est à eux de choisir désormais.

Guillaume Peltier à Saint-Malo, 5 juin 2024.

Durant votre campagne, deux personnalités se sont détachées : Marion Maréchal, que l’on connait depuis un petit moment, mais aussi Sarah Knafo. Pourtant numéro 2 de la liste, n’avez-vous pas été un peu dans l’ombre ?

Nous sommes très heureux de pouvoir additionner plein de talents ; c’est toute la force de Reconquête ! Avec Marion Maréchal, nous avons l’une des femmes politiques les plus connues et les plus populaires de France, qui n’a jamais trahi ses convictions, qui incarne la droiture, le sérieux, la force ; et c’est une immense chance. Nicolas Bay, qui est sans doute le député français au Parlement européen le plus assidu et le plus compétent, nous a permis de bâtir le groupe des conservateurs, avec Giorgia Meloni et demain Viktor Orban. Tous les conservateurs d’Europe sont avec nous, ce qui est là aussi une immense chance. Nous avons bien sûr Sarah, qui a été la fondatrice de l’épopée présidentielle d’Eric Zemmour. Nous avons Stanislas Rigault, qui est le jeune talent que tout le monde a découvert en 2022. Nous avons enfin Laurence Trochu, qui est la présidente fidèle et loyale du Parti conservateur. Moi, je suis très heureux de faire partie de cette équipe, et en vérité, comme disait Jeanne d’Arc : « Plus il y aura de combattants pour la France réunis au même endroit, mieux ce sera pour notre pays ». On a toujours besoin de talents supplémentaires.

A lire aussi: Clash Marion Maréchal/Sonia Devillers: une Gauloise sans filtre s’enflamme à la radio publique

Et vous-même, comment avez-vous traversé la campagne ?

J’ai fait des dizaines et des dizaines de réunions publiques, des milliers et des milliers de kilomètres. Dans ma vie, je me suis présenté à une quinzaine d’élections ; j’ai beaucoup perdu au début. Désormais, je les gagne parce que les Français ont vu la constance, la cohérence et le courage. Beaucoup d’autres seraient restés chez Valérie Pécresse, plutôt que de rejoindre Eric Zemmour. Moi, en décembre 2021, j’ai décidé d’abandonner une place et une carrière confortables, pour le courage des convictions. Et donc je suis très heureux de défendre ces convictions au sein de cette nouvelle équipe.

Pourtant, il y a quelques semaines, François-Xavier Bellamy nous rappelait qu’en 2019, vous lui aviez reproché sa ligne conservatrice et chrétienne, et que vous prôniez à cette époque des alliances avec les écologistes, sur le modèle autrichien… Comment devient-on alors cinq ans plus tard numéro 2 de Reconquête ?

Tout cela est un peu caricatural. Que M. Bellamy se regarde le nombril plutôt que de critiquer ainsi l’adversaire… Je rappelle que M. Bellamy et les Républicains sont les alliés de Mme Von der Leyen à Bruxelles depuis cinq ans, qu’ils siègent dans le même groupe, que M. Bellamy a voté pour la commission européenne et Mme von der Leyen. Je rappelle aussi que M. Bellamy et ses amis préparent une alliance avec Emmanuel Macron, avec M. Larcher, avec M. Barnier au lendemain des élections européennes. Je rappelle que ses colistiers sont pour la régularisation des sans-papiers, pour la GPA, tant d’autres choses, et même avec beaucoup de complicité avec l’islamisme. Donc qu’il garde ses leçons de morale ! Moi, j’ai toujours servi une droite forte, j’ai servi Philippe de Villiers, Nicolas Sarkozy et Eric Zemmour. Premièrement, tout le monde a compris que je n’étais ni centriste, ni de gauche. Deuxièmement, quand j’évoquais l’écologie, oui, je m’inspirais de M. Kurtz, le Premier ministre autrichien qui a eu l’intelligence de lier la question migratoire et islamique avec la nécessité de se réconcilier avec le patriotisme économique et la production locale pour nos paysans, au nom d’une écologie positive et non pas punitive ; et donc je ne vois absolument pas en quoi c’est contradictoire avec mes convictions… Quant au christianisme, je n’ai jamais reproché à qui que ce soit d’être chrétien : je suis moi-même chrétien et fier de l’être. Avec « Reconquête », nous sommes le seul parti à vouloir inscrire les racines chrétiennes dans les traités européens, à l’inverse des Républicains qui appartiennent, je le rappelle, au  parti de Jacques Chirac, lequel avait refusé d’inscrire les racines chrétiennes dans la Constitution européenne. Ce n’est pas parce qu’il n’a pas eu le courage de quitter Valérie Pécresse pour rejoindre Eric Zemmour qu’il faut que M. Bellamy donne des leçons de morale à ceux qui l’ont eu, ce courage.

A lire aussi, Laurence Trochu: «Dans sa logique de dédiabolisation, le RN a renoncé à mener les combats civilisationnels»

Lors du débat sur CNews, Mme Maréchal a peut-être tapé un peu fort sur M. Bellamy… Et Mme Knafo n’a pas ménagé de son côté M. Bardella et sa liste dans diverses interviews, notamment dans les colonnes de Causeur. Mais franchement, est-ce une si bonne idée de s’en prendre à de futurs possibles alliés ?

Vous savez, la politique, c’est très simple. Qui sont nos ennemis ? C’est la gauche, ce sont les médias de gauche, ce sont les islamo-gauchistes. Ensuite, on a des concurrents. Vous avez bien aussi des concurrents dans votre journal, chez Causeur ? Eh bien, nous avons des concurrents, à Reconquête. Si nous, nous n’avons pas l’honnêteté d’éclairer nos électeurs en rappelant par exemple que le Rassemblement national est un parti socialiste sur le plan économique, ou en rappelant toutes les lâchetés et les trahisons des LR, qui le fera ? On n’attaque pas M. Bellamy ou M. Bardella personnellement, on pointe nos différences politiques. Ensuite, c’est aux électeurs de choisir. Quand Jean-Luc Mélenchon fonde la Nupes, quand François Mitterrand fonde l’union de la gauche, il y a plusieurs partis très différents, concurrents, qui expliquent leurs différences et qui sont ensuite capables de se réconcilier sur l’essentiel. Eh bien c’est notre cas également ; nous partageons un grand nombre de convictions et c’est aux électeurs de choisir. Est-ce qu’ils préfèrent un parti qui est le seul à dire que l’islam n’est pas compatible avec la France, qui est le seul à dire que l’assistanat est un drame pour nos travailleurs, qui est le seul à s’en prendre aux activistes LGBT ou transgenres ? Ça, c’est Reconquête. Et s’ils ont d’autres sensibilités, ils peuvent choisir d’autres partis. En tout cas, nous, on a une colonne vertébrale extrêmement claire, très solide et je pense que ça ferait du bien à la droite française d’avoir au Parlement européen des parlementaires comme Sarah, Nicolas, Stanislas, Marion ou moi, capables d’être des vigies parmi les vigies et de pointer les lâchetés des uns et les compromissions des autres.


Guillaume Peltier et le réarmement démographique
Notre contributeur Frédéric Magellan ressort enthousiaste de la réunion malouine de « Reconquête ». Il estime que le n°2 de la liste du parti aux élections européennes a été injustement vilipendé après ses propos sur les responsables politiques sans enfant.

« Degré zéro à la fois de l’intelligence et de l’honnêteté ». C’est ainsi que ma chère consœur, Céline Pina, avait qualifié des propos tenus par Guillaume Peltier, sur CNews début février. Selon l’ancien député UMP, Marion Maréchal, qui conduit la liste « Reconquête ! », serait plus légitime que ses concurrents directs, Jordan Bardella (RN) et François-Xavier Bellamy (LR) : « avoir des enfants est un message politique (…) c’est la garantie de sérieux, de concret par rapport au présent, par rapport à l’avenir. C’est la certitude que la valeur de transmission va l’emporter sur la valeur de l’ambition », défendait-il alors.
La sortie peut paraître provocatrice ; à y regarder de plus près, elle n’est pas si indéfendable. Oh ! bien sûr, on trouve dans l’histoire des exemples de grands hommes célibataires et sans enfants, comme le montrait Céline Pina à la fin de sa démonstration. Les moines de Cluny et de Cîteaux, dont la participation à l’effort démographique fut proche de zéro, ont contribué, en défrichant les marécages et en construisant des moulins, des routes et des marchés, à l’essor de la Bourgogne puis de l’Occident tout entier. Mais on ne peut cependant s’empêcher de repenser à Charles Péguy, qui écrivait, dans Victor-Marie, comte Hugo, que le père de famille était le seul vrai aventurier de l’époque, et qu’en comparaison, les autres aventuriers n’en sont pas, et que la vie de famille n’était pas un retrait du monde mais au contraire un engagement dans le monde.
Plus prosaïquement, en défendant les femmes en politique, Marine Le Pen, face à Karine Le Marchand en 2016, avait de son côté surtout fait l’éloge de la mère de famille : « Une femme ne peut pas s’extraire de la réalité, du quotidien. Les hommes politiques, à un certain niveau, c’est un petit peu comme ceux qui font de la musique à un très haut niveau ou du sport à un très haut niveau. Vous ne vivez plus que pour ça. A un moment donné, il n’y a plus de réalité. Quand on est une femme, on est toujours ramenée à la réalité du quotidien. Tout ça c’est bien gentil, mais il faut aller acheter la paire de tennis du petit, il faut aller signer le bulletin de notes! C’est donc une chance, on ne peut pas partir dans cet espèce de ballon qui s’envole dans la stratosphère, et où l’on n’a plus aucune conscience de la réalité du quotidien ». Quant à Charles de Gaulle, il a pu dire, à propos de sa fille Anne, trisomique, morte à vingt ans : « Sans Anne, peut-être n’aurais-je jamais fait ce que j’ai fait. Elle m’a donné le cœur et l’inspiration ».
Alors, les chefs d’Etat, les politiques célibataires… Comme dirait Brice Hortefeux : un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup que ça commence à poser un problème.
En 2019, l’Europe était presque entièrement gouvernée par des personnes sans enfant : Emmanuel Macron, mais aussi Angela Merkel, Jean-Claude Juncker, alors président de la Commission, Xavier Bettel, Premier ministre du Luxembourg, Stefan Löfven, Premier ministre de la Suède et Mark Rutte, Premier ministre des Pays-Bas. A ce point, cela fait un système. Que sont ces décideurs sans descendance ? Après moi, le déluge ? Le principe héréditaire de l’ancienne monarchie avait ce mérite : certes, on a eu un roi fou, d’autres libidineux ou bedonnants, mais bon an mal an, ils se débrouillaient pour laisser une situation politique pas trop pourrie à leur descendant. Alors, non, Guillaume Peltier, vous qui avez déclaré : « Je suis Français et patriote. Je suis même un homme et un père. Je suis blanc, je suis chrétien, je suis hétérosexuel », vos propos ne sont pas le degré zéro de l’honnêteté ! • FM

Impression, paysages

À côté de ses grandes séries mystiques, François-Xavier de Boissoudy peint la nature telle qu’elle se révèle, elle aussi.


Avec sa technique habituelle, des encres diluées sur papier, étalées à la main, avant que la feuille ne soit marouflée sur toile, le peintre nous donne à voir plusieurs paysages dont on sent, immédiatement, qu’il les a pleinement vus et qu’ils l’ont impressionné ; on comprend qu’à fixer cette tâche de lumière éclatant au débouché d’un sentier bien encaissé, qu’à découvrir cette clairière laiteuse sous la lune, luisant derrière les grandes masses indistinctes des bosquets, qu’à saisir le jeu du soleil perçant derrière le rideau serré des arbres, F.-X. de Boissoudy a senti que le paysage livrait un secret aussi singulier que banal : cette nature existe, puissamment, elle témoigne de l’être qui anime aussi bien les arbres que l’herbe, et le talus, et le ciel, et nous-mêmes, soudain surpris d’éprouver ce poids d’existence, soudain capables d’en extraire cette qualité commune à tous, l’être, sous des modalités différentes.

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Une table de jardin sous un arbre, une prairie sous la lune, une rivière en haut d’une côte, une lisière longée en voiture : tout est appréhendé, restitué, dessiné avec le souci de rendre compte autant que fondu (grâce à ces encres colorées et étalées) pour exprimer la communauté existentielle entre le plateau de la table, l’ombre de l’arbre, l’arbre lui-même et la haie au fond, et l’air qui baigne toute la scène et nous appelle, spectateur, à entrer dans le tableau.

Grands ou petits formats, certains d’un noir aussi profond que les œuvres précédentes, d’autres d’un vert lumineux, tous, surtout, exacts dans la manière de nous communiquer l’impression initiale, l’émotion mais aussi la réflexion, la méditation brève ou longue que le paysage a déclenchée : chaque toile est ainsi lestée de cette part de lui-même que le peintre y a ajouté, chacune est une fenêtre ouverte sur une réalité plus vaste, chacune est une invitation à être soi-même attentif, au hasard des trajets, à ce que la lumière illumine, à ce que la nature recèle.


François-Xavier de Boissoudy, « Lumières du jour et de la nuit ». Galerie Guillaume, 32 rue de Penthièvre, 75008 Paris, jusqu’au 15 juin 2024.

Marion Maréchal et l’alerte rouge

Immigration. Pour terminer sa campagne électorale, la tête de liste de Reconquête ! se présente comme la candidate en pointe dans la lutte contre le « grand remplacement », synonyme selon elle de « la fin de la liberté de conscience, de la liberté d’expression, et de la liberté des femmes ».


Ce 4 juin, en conclusion de son intervention sur France 2 dans le cadre de l’émission « L’Événement, le Grand Débat des Européennes », Marion Maréchal, tête de liste Reconquête à ces élections, a choisi pour sa carte blanche une carte de France. Choix a priori inattendu.

Carte (non) muette

Dans mon enfance, à l’école, il y avait les cartes muettes, comportant juste des points, sans les noms de ville qu’il fallait être capable de situer et de nommer. Performance aujourd’hui à peu près inimaginable. Mais passons…

La carte de Marion Maréchal, basée sur les données officielles de l’Observatoire de l’Immigration et de l’Insee, n’est pas, elle, une carte muette. Il s’en faut de beaucoup. Au contraire, elle est parlante. Très parlante même. Toute l’extrémité Est du pays est colorée en rouge. Cela recouvre l’espace de vingt départements et représente, en équivalent habitants, la population immigrée non européenne si elle était concentrée sur cette partie du territoire. Oui, en nombre cela équivaudrait tout simplement à la population de ces vingt départements ! Rien que cela ! Et la candidate de sonner l’alerte. Avec aujourd’hui cinq cent mille entrées de ces immigrés par an et un tiers des naissances qui sont d’origine extra-européenne, expose-t-elle, la France est à un point de bascule. Elle est menacée de disparition. Cela notamment en raison du fait que demain l’islam pourrait devenir majoritaire et que nous ayons alors à assister à « la fin de la liberté de conscience, de la liberté d’expression, de la liberté des femmes. » Maman de deux petites filles, la mère de famille ne se résigne pas – comme tant d’autres avec elle ! – à ce que ses enfants « grandissent dans une France où elles seraient étrangères ». Etrangères dans leur propre pays. C’est là « le combat que je veux mener au Parlement européen, conclut la candidate. Le combat pour la défense de notre identité et de nos frontières, pour que la France reste la France et l’Europe reste l’Europe. »

Carton rouge

Napoléon considérait qu’un bon croquis valait mieux qu’un long discours. Cette vérité de bon sens, la carte de Marion Maréchal – son carton rouge, serais-je tenté de dire – vient de l’illustrer une nouvelle fois. En effet, même si l’on se contente d’un coup d’œil rapide et distrait, on peut facilement avoir l’impression que l’on a sous les yeux une sorte de crêpe ou de gâteau de forme hexagonale dont une bouche vorace aurait gloutonnement dévoré toute une bonne partie, presque un quart. Et en effet, même vu sous cet angle-là, ça parle !

Les dents de la Seine

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Bérénice Béjo, "Sous la Seine" de Xavier Gens, 2024 © Netflix

Le nouveau film de Netflix a beau être un navet, nous en conseillons tout de même le visionnage à Anne Hidalgo, avant son plongeon miraculeux prévu à la fin du mois dans le fleuve qui passe sous les fenêtres de son bureau de l’Hôtel de Ville.


La naïade Hidalgo fera-t-elle trempette dans le fleuve le 23 ou le 30 juin, comme promis ? Le collecteur d’eaux usées VL8 ne sera opérationnel qu’en juillet, dit-on. Les mesures de pollution réalisées cet hiver détectent toujours la présence alarmante d’entérocoques et d’eschuerochia coli réchappés, vous l’aurez compris, de nos fondements mammifères mêlés aux fientes de ragondins, de pigeons et de surmulots. Sans compter ce fameux acide trifluoroacétique (TFA pour les intimes), « polluant éternel » de la famille des polyfluoreakylées (PFAS) issu de la dégradation des pesticides. Et les silures, ce poisson charognard équipé de 1500 dents râpeuses, bestiole dont la taille peut atteindre 2 mètres 80, et qui colonise désormais nos rivières. Bref, le bain de foule dans les saumâtres profondeurs de la Seine n’est pas gagné d’avance.

Mais la vaillante édile, c’est bien connu, n’a peur de rien. On lui recommandera pourtant, avant d’enfiler sa combi, de mater Sous la Seine, sur Netflix, dans ses heures creuses. Le blockbuster à 20 millions de dollars va peut-être, qui sait, refroidir ses envies d’immersion ? Si Paris a rarement été aussi bien filmé sous le soleil – ses berges, ses ponts, ses monuments… – le cauchemar s’installe dès qu’on pique une tête : algues en suspension dans le liquide verdâtre, sol jonché de débris… Tout contre-indique la baignade fluviale s’il faut en croire Xavier Gens (The Divide, Farang…), dont la caméra subaquatique, c’est le moins qu’on puisse dire, ne livre pas le tableau d’un cours d’eau aseptisé.

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Scientifique traumatisée par le charcutage de son équipe, dont son mari, par un squale mutant sous les Tropiques il y a trois ans (voilà pour le prologue), Sofia Assalas (Bérénice Béjo) s’est repliée sur l’Aquarium du Trocadéro, où elle officie auprès des groupes scolaires. Quand, hasard des circonstances, Mika (Léa Léviant), sa pote écolo-lesbienne, l’alerte à bon escient : Lilith, requin femelle tracé par une balise, a franchi l’Océan ; elle s’est adaptée à l’eau douce ; elle remonte à contre-courant depuis Le Havre, vers la capitale. Pour Mika l’activiste, il faut sauver la soldate Lilith. Mais voilà : on est à une semaine du Triathlon de Paris, coup d’envoi pour les JO sur la Seine, dont la maire (Anne Marivin) s’apprête à faire l’annonce (« Certains en ont rêvé ; beaucoup en ont parlé ; je l’ai fait ! »)  

Doit-on fermer les écluses ? Pour la brillante ichtyologue Sofia, le péril est à nos portes. Elle trouvera un allié dans Adil (Nassim Lyes) un ex de la « grande muette » reconverti dans la police, jeune et viril lieutenant de la brigade fluviale. Reste à convaincre Madame la maire et son chargé de com (genre cravaté barbu poivre et sel). «  Vous ne vous rendez pas compte, 1,7 milliard, c’est le budget pour assurer cet événement. Démerdez-vous ! », dit-elle en fixant la maquette de la métropole, étalée dans son bureau. « Mon Paris ! », soupire l’édile (dont l’apparence renverrait plutôt au style Pécresse collet monté qu’au look débandé de l’ibère Hidalgo). Entre temps, le squale tueur se sera quand même bafré une ventrée de candides militant(e)s écolo, particulièrement aveugles au danger – bien fait pour eux (elles). Le cynisme l’emportant sur toute autre considération, la blondasse échevine bouchée à l’émeri ordonne au préfet de mettre la bride sur les réseaux sociaux : car elle y tient, à son triathlon !  « Rien qui puisse gâcher la fête », claironne la conne.

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Elle ignore que les poissons mutants et carnassiers, « comme des larves dans une ruche », se reproduisent désormais par parthénogénèse – c’est-à-dire sans besoin du mâle. L’intervention de la brigade fluviale pour dynamiter l’invasion se solde par une plongée sanglante dans les eaux troubles des catacombes (du sol desquelles, remuées par l’explosion, remontent bientôt les obus de la Seconde Guerre mondiale)… Qu’importe, Madame la maire ne veut rien savoir : « les requins, s’ils existent, je m’en féliciterai. Cela voudra dire que notre travail de dépollution a bien fonctionné ». Au jour J, en plein cœur de la capitale en liesse, elle « déclare le triathlon de la Seine ouvert ! ».  

Visuellement, le résultat est à la hauteur de ce que permet aujourd’hui l’image numérique arrivée à maturité : le lancer, dans le clapot du fleuve sous l’azur, des nageurs par centaines coiffés de bonnets étincelants, meute humaine promise à se voir dévorée toute crue sous les hurlements de la foule – le gore y atteint au plus parfait burlesque. Le spectacle pourrait s’arrêter là : sur la faillite absolue – prémonitoire ? – de l’événement sportif.  Mais Xavier Gens ne se prive pas de gratifier encore le spectateur d’un dénouement grandiose, stupéfiant, incroyablement  photogénique. Et propre à nous défier de l’eau qui dort. On vous en laisse l’excellente surprise.

Sous la seine. Film de Xavier Gens. Avec Bérénice Bejo, Nassim Lyes… France, couleur, 2024. Sur Netflix.

Agir pour ne pas subir

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Image d'illustration.

Le témoignage de Nicolas Bourez, directeur d’école à Neuilly-sur-Marne (93) qui a été visé il y a un mois et demi par un tract distribué jusque devant son établissement aux parents des élèves en le diffamant et en l’accusant d’être extrémiste et antimusulmans.


Le soir venu, le doute s’installe. Ai-je bien fait ?

Je m’endors l’esprit agité par toutes ces incertitudes. Mes élèves me réveillent. Je pense à eux, à tous ceux qui ont tant compté pour moi, justifiant toutes ces heures à tenter de les accompagner au mieux. Je vois leurs visages, j’entends leurs voix, ils parlent fort, m’appellent « directeur, directeur ». Mais je ne réponds pas. Alors ils me cherchent partout dans l’école, certains courent, d’autres restent sur place, l’œil hagard, beaucoup font du bruit. Et je me réveille. Les pensées pleines de ces nombreuses années passées à rappeler les règles, à écouter les blessures, à comprendre sans pour autant excuser, bref à éduquer dans mon bureau, pour qu’en classe, ils puissent s’élever. D’aucuns diraient du temps à les sauver… pas faux, du moins à essayer !

Alors, ai-je bien agi en les laissant, sans même un petit au revoir ? Cela est triste, mais était nécessaire cependant à mes yeux, car c’était la seule manière de les protéger réellement. Savoir s’effacer. Paradoxe entier car dans mon cas cela revenait à m’exposer au vu et au su de tous… S’effacer professionnellement et s’exposer personnellement. Voilà. Bien sûr cela n’a pas fait l’unanimité parmi les collègues et certains doivent encore m’en vouloir. Peu importe car il s’agissait de protéger les élèves, pas de plaire aux adultes.

Pour le reste, pour moi, les solutions se trouveront dans le silence des bureaux de l’académie. Entre personnes responsables, loin de toute cette agitation extérieure qui ne devrait jamais pénétrer l’école. D’autant que les petits gars de la bande à Thomas pourraient écouter aux portes… Alors, discrétion de rigueur et accompagnement du syndicat Action et démocratie CFE-CGC, qui de lettre en appel téléphonique, de conseil en écoute, a toujours été présent pour que je me sente moins seul. Surtout pour que je sois entendu et bien défendu.

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Mais voilà, il n’y a pas que l’aspect professionnel, je suis mis en cause en tant que directeur d’école bien sûr, mais c’est surtout ma personne qui est visée. Je suis d’autant plus ciblé nominativement que j’ai eu l’outrecuidance d’écrire ici-même, sur Causeur.fr ! Quand les bien-pensants (devrais-je écrire les « rien-pensants », comme la patronne ?) jugent les gens sur l’endroit d’où ils s’expriment et non sur le discours, nous sommes tout près de la bêtise crasse. Quand la posture est plus forte que la prise de position, le danger est imminent ! Personnellement, ma soupe a le même goût qu’on la serve dans un bol ou dans une assiette creuse ! Avec quelques croûtons…

D’autant que Causeur est multiple, surtout si vous n’êtes pas d’accord, sinon monologues et pensée unique auraient été de meilleurs titres. Olivier Dartigolles risque de prendre un coup de moins bien, comme on dit en cyclisme, si on le traite systématiquement de facho à cause de son « Coup de rouge » ! Pardonnons à ceux qui sont perdus dans l’immensité de leur ignorance, mais combattons les autres : ils sont nettement plus sectaires que les soi-disant fachos qu’ils veulent clouer au pilori.

Donc je serais un extrémiste, à droite toute évidemment, accusé en plus d’être antimusulmans pour avoir dénoncé l’entrisme politique à l’école de certains qui feraient bien d’apprendre à lire au lieu de mettre des cibles dans le dos des autres. Mais je n’en dirai pas davantage, car comme je suis ciblé personnellement, je m’organise pour pouvoir me défendre. Là aussi, je ne resterai pas seul.

Comme mon histoire me fait penser depuis le début à celle de Didier Lemaire, en beaucoup moins grave bien entendu car j’ai pu agir à temps, avec des similitudes sur fond de politisation de l’école et d’instrumentalisation de l’islam par des politiques peu scrupuleux de nos règles républicaines, j’ai contacté l’association qu’il vient de fonder : « Défense des serviteurs de la République », dont voici le lien : https://www.defense-des-serviteurs-de-la-republique.org/

Très vite, j’ai été rappelé, écouté, entendu, accompagné par cette association qui va dans le sens de l’action pour ne pas subir, agir pour être acteur et non plus victime. Différence d’importance car il faut absolument avancer pour briser le cercle vicieux de l’isolement et de la culpabilisation. Une belle équipe compose cette association parmi laquelle un groupe d’avocats pour aider, y compris si nécessaire en dehors de toute considération financière, les serviteurs de la République qui en auraient besoin. Évidemment dans le but de défendre nos valeurs qui ne doivent pas rester seulement des mots, mais également vivre et être bien réelles, que certains s’évertuent à combattre systématiquement en attaquant, en accusant, en mettant en danger ceux qui les portent en étendard, notamment à l’école. Pourtant si nous baissions pavillon, comment serions-nous capables ensuite de nous rassembler pour faire société ?

Ainsi, Maître Georges Sauveur prépare une plainte qui sera bientôt déposée afin de m’accompagner sur le volet juridique de mon affaire. Bien sûr, je n’en dirai pas davantage, mais que chacun ait bien conscience que je ne lâcherai rien de ce côté-là non plus. Et si d’aucuns ne comprennent toujours pas, je leur répondrai avec Joël Dicker « Il y aura toujours celui qui ne comprendra pas ton choix. Mais on choisit pour avancer, pas pour être compris ».

En d’autres termes, agir pour ne plus subir.

80 ans du débarquement: évitera-t-on une Troisième Guerre mondiale?

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Le président Macron prononce son discours à l'occasion des 80 ans du débarquement, Omaha Beach, Saint-Laurent-sur-Mer (14), 6 juin 2024 © Jacques Witt/SIPA

Après la commémoration grandiose du 6 juin 44 à Omaha Beach, où étaient présents auprès de lui le président américain, le roi d’Angleterre, Volodymyr Zelensky et de nombreux autres chefs d’État, le président Macron a annoncé à la télévision la livraison d’avions de chasse et la formation d’une brigade de 4500 soldats ukrainiens. Les oppositions ont critiqué de leur côté une exploitation électorale du D-Day.


Le 6 juin 1944 réveille des fantômes douloureux pour les Français. Il nous rappelle que nous n’avons pas pu nous libérer seuls de l’occupant qui, quelques années auparavant, nous infligeait la plus grande humiliation de notre histoire millénaire. Nous fûmes d’ailleurs doublement humiliés en dépit de la bravoure de nos soldats. Par nos officiers incompétents et dépassés qui n’ont pas compris la stratégie allemande. Par notre classe politique qui, au terme de la « Drôle de guerre » puis de la Bataille de France, a signé un armistice en forme de reddition en rase-campagne, confiant au vieillard Pétain les destinées d’une nation meurtrie et soumise.

Il a fallu le génie politique du général de Gaulle pour nous inviter à la table des vainqueurs, lui qui fut, avec Jacques Bainville, la Pythie des années 1930, annonçant et prévoyant la déroute inéluctable face à une Allemagne nazie revancharde et modernisée. Les Anglais n’avaient pas non plus oublié le sacrifice héroïque des soldats français, que le cinéma moderne a si cruellement oublié comme en témoigne le triste Dunkerque de Jonathan Nolan. Sans la résistance magnifique des Français, jamais les troupes britanniques n’auraient pu rejoindre la Grande-Bretagne.

Cela explique d’ailleurs pourquoi le général de Gaulle n’était pas forcément enthousiaste à l’évocation du débarquement : la blessure était aussi vive que celle d’un fil d’épée. Si le commando Kiefer a permis à des Français de s’illustrer avec ses 177 commandos, dont 10 furent tués le 6 juin, le débarquement fut essentiellement une opération alliée. Et le général de Gaulle le savait parfaitement, raison pour laquelle il fut quelques années plus tard si courroucé par le succès des Ricains du jeune Michel Sardou, dont il censura même le premier pressage ! Las, le temps a depuis fait son œuvre et les relations avec les Américains se sont désormais grandement apaisées.

Honorer les derniers survivants était un devoir

Imaginez ces jeunes hommes venus du Wisconsin, du Québec ou plus modestement du Yorkshire, aborder les côtes normandes dans l’espoir de renverser l’armada de l’Axe. Une tâche peu évidente qu’ils ont pourtant remplie en à peine quelques mois. Ils avaient pour les guider des éditions du Guide Michelin de 1939, ainsi que s’est plu à le raconter la presse ces derniers jours. Souvent naïfs, ces fameux « boys » bénéficiaient de l’avantage matériel considérable d’une armée qui avait bien trente ans d’avance sur les autres de son temps. Mécanisée, dotée d’un train fabuleux, elle a aussi appliqué des stratégies qui font froid dans le dos avec le recul. Il faut d’ailleurs à ce titre saluer et remercier le roi Charles III qui a évoqué les « innombrables victimes civiles des bombardements des villes normandes » et le courage des résistants français sans qui cette opération n’aurait pas été possible.

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Un geste rare et à saluer que celui du monarque britannique, tant ces célébrations omettent parfois les horreurs qu’ont dû affronter les Français et les Françaises durant un conflit terrible où ils furent soumis à l’arbitraire nazi puis à la puissance aveugle du feu américain. Charles III, amateur d’histoire, doit d’ailleurs savoir que c’est Churchill qui préserva la Normandie et le reste de la France de la fureur froide de Montgomery, prêt à sacrifier des dizaines de milliers de vies supplémentaires pour avancer plus vite… Mais ces crimes et ces erreurs bien réelles furent le prix à payer pour une France qui avait par suffisance failli devant l’histoire, se déshonorant comme jamais auparavant.

Oh, les choses étaient déjà bien avancées avant le débarquement, notamment en Italie où la campagne militaire avait commencé dès le mois de septembre 1943, contraignant même une armée allemande fortement contrariée à démobiliser des soldats combattant à l’est pour s’opposer aux troupes alliées. L’Armée française de libération a pu s’illustrer à la bataille du Mont-Cassin où le corps d’armée mené par le général Juin a grandement contribué à la rupture de la ligne Gustave. Un premier succès qui conditionna la mise en place de l’opération Overlord en juin 1944. Puis, en août 1944, le débarquement de Provence commandé par le général de Lattre où s’illustrèrent en majorité des forces françaises de l’Armée B accompagnées de la VIIème armée américaine.

Epique, le débarquement du 6 juin 1944 le fut. Rien de comparable toutefois au déluge de feu dépeint par Steven Spielberg dans son chef d’œuvre Il faut sauver le soldat Ryan, mais on pardonne toujours aux auteurs ces petites imprécisions… Le réalisateur américain était d’ailleurs invité avec Tom Hanks aux commémorations réussies de ce 80ème anniversaire du débarquement. Une date symbolique qui fut peut-être la dernière occasion d’honorer les Américains, Anglais ou encore Canadiens qui ont participé à la libération de l’Europe du joug de l’Allemagne nazie. Très âgés, ces derniers survivants de ces batailles historiques se sont montrés d’une absolue dignité, insistant tous pour se lever lorsque le président Emmanuel Macron leur a remis la Légion d’honneur. Des visages magnifiques filmés au crépuscule de leurs riches vies qui ont à juste titre ému Américains et Français.

Rien ne peut acheter l’honneur

Ces commémorations grandioses et réussies n’ont toutefois pas réussi à éclipser les actualités du moment. On serait même tenté de dire qu’elles les ont mises en exergue, pour le meilleur comme pour le pire.

Exclu de la cérémonie, Vladimir Poutine avait beau jeu d’affirmer que les troupes soviétiques ont été déterminantes dans la chute de l’Allemagne nazie. Reste que l’URSS s’est aussi rendue coupable de nombreux crimes, dont le principal fut d’occuper pendant plusieurs décennies les pays qu’ils avaient « libérés ». Quant aux protestations liées à la présence de Zelensky, elles étaient injustes puisque les Ukrainiens ont aussi participé à cette guerre au sein de l’armée rouge, leur pays étant alors inclus au sein de l’URSS. Que des Ukrainiens aient combattu avec l’Allemagne est une vérité. Ce fut aussi le cas de Russes au sein de l’armée Vlassov, dont certaines unités se sont battues en Normandie contre les alliés. Bref, tout cela a été très largement manipulé et schématisé. Si Vladimir Poutine n’était pas présent, ce n’était pas par mesquinerie ni révisionnisme mais parce que la Russie est désormais une nation hostile.

Au rayon des mesquineries, Emmanuel Macron comme les oppositions ont toutefois également eu leur moment :

– Le président, en établissant un parallèle hasardeux entre « l’extrême droite » aux élections européennes et le débarquement lors de son entretien télévisé ; il a même eu le toupet d’accuser les « populistes » de refuser de surveiller les frontières du continent, alors que ses propres élus européens soutiennent généralement les mesures les plus laxistes en la matière…

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– Les oppositions, en reprochant à Emmanuel Macron de profiter du moment pour instrumentaliser la guerre d’Ukraine à son profit. Il s’avère que les élections tombaient durant ces commémorations et que la guerre à l’est se fait plus intense que jamais. Devait-il s’arrêter d’en parler pour complaire à nos politiciens ? Sûrement pas, et le président en a profité pour faire des annonces majeures, dont la livraison d’avions de chasse et la formation d’une brigade de 4500 soldats ukrainiens. Des mesures prises à contretemps mais salutaires. Pour cette fois, l’honneur sera sauf.

L’histoire est complexe et il ne faut jamais l’oublier

Dans son célèbre roman La Ciociara, Alberto Moravia traite de tragiques évènements de la Seconde Guerre mondiale en Italie. Il conclut ainsi : « Malheureusement, celui qui a volé et tué, fût-ce à cause de la guerre, ne peut espérer redevenir l’homme qu’il était auparavant; de cela, je suis certain. Ce serait, pour donner un exemple, comme une femme qui ayant perdu sa virginité, se persuade qu’elle pourra redevenir vierge par on ne sait quel miracle qui ne s’est jamais produit. Les voleurs et les assassins, même sous l’uniforme et la poitrine couverte de décorations, resteront à jamais des voleurs et des assassins. » 

Ce legs de reniements, de bombardements, d’épuration prétendument résistante et de trahisons n’a toujours pas été soldé. Quatre-vingts ans plus tard, il est pourtant temps de redevenir ce que nous fûmes avant tout ça ; plus candides mais aussi plus forts. C’est le chemin qui est devant nous dans un monde où le danger du retour de la guerre à l’échelle industrielle est plus que jamais présent.

La Ciociara

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Le non du peuple

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«Ce n’est pas cher, c’est l’État qui paye!»

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Illustration , le nouveau Palais de justice de Paris © CHAMUSSY/SIPA

Le Conseil constitutionnel l’a décidé fin mai : l’aide juridictionnelle doit être accordée systématiquement et gratuitement aux étrangers, même en situation irrégulière. Une générosité de l’État avec l’argent de ses contribuables… 


À quelques jours des élections européennes et à l’heure où le Rassemblement national est au plus haut dans les intentions de vote, les Sages de la rue Montpensier ont décidé de soutenir vigoureusement cette flambée électorale sans précédent en permettant aux étrangers en situation irrégulière de bénéficier de l’aide juridictionnelle dans les affaires civiles. Précisons qu’une telle mesure ne fera que soutenir l’idée que l’État est incompétent à juguler son immigration qu’il finance et soutient, leitmotiv des listes RN et Reconquête !

Plus particulièrement, des « salariés en situation irrégulière » – nous apprécierons déjà à ce stade cette exception française – ont transmis à la Cour de cassation une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) par le truchement de leurs avocats, à l’occasion d’un contentieux prud’homal, concernant le refus de l’attribution de l’aide juridictionnelle. Les magistrats du quai de l’Horloge ont saisi le Conseil constitutionnel, lequel a décidé le 28 mai que « subordonner l’octroi de l’aide juridictionnelle au caractère régulier du séjour d’un étranger était contraire à la Constitution. »

C’était pas au contrat !

Il est vrai que l’article 3 de la loi du 10 juillet 1991 réservait l’aide juridictionnelle aux justiciables de nationalité française, aux ressortissants de l’Union européenne et aux étrangers en situation régulière, qui sont tous soumis à des conditions de ressources évidentes. Dès lors que l’aide juridictionnelle, dont le budget avoisinait en 2023 la somme de 600 millions d’euros, est financée exclusivement par de la dépense publique et donc les impôts des contribuables, elle était réservée aux signataires de notre contrat social et par extension à ceux partageant le drapeau européen. Il s’agissait d’une conception logique conforme au principe de simplicité du rasoir d’Ockham.

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Par exception, le législateur a souhaité accorder l’aide juridictionnelle aux étrangers en situation irrégulière, mineurs ou impliqués dans une affaire pénale… puis à ceux faisant l’objet d’un arrêté d’expulsion ! Les premiers coups de canifs au contrat social étaient donnés. Désormais, par une interprétation détorquée de concepts philosophiques et juridiques tirés de la Révolution française et de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, d’égalité et de solidarité (articles 6 et 16), un individu se maintenant illégalement sur le sol français a sa défense prise en charge par la collectivité pour l’ensemble des contentieux qu’il est amené à rencontrer… et évidemment dans le cas singulier où l’État lui-même chercherait à l’expulser en raison de sa situation irrégulière !

Associations gavées d’aides publiques

Pourtant, rien ne faisait obstacle à ce qu’un individu en situation irrégulière puisse accéder à la justice et faire valoir ses droits, au sens de la Constitution et de la CEDH, dès lors que son accès est gratuit en France. Raison pour laquelle, dans ce cas précis, les salariés en situation irrégulière ont pu saisir le Conseil des prud’hommes et transmettre une QPC, d’autant plus qu’un tel mécanisme juridique nécessite un accompagnement juridique sur-mesure. De nombreuses associations encadrent en effet ces justiciables, en leur apportant un soutien juridique d’ampleur à l’instar de la Ligue des Droits de l’Homme, pour lesquelles des avocats exercent régulièrement en « pro bono », c’est-à-dire gratuitement. C’est sans compter les avocats dont les honoraires sont, dans certains cas, généreusement réglés par ces mêmes associations bénéficiant d’aides publiques.

Tandis que de nombreux Français, dont les revenus sont légèrement supérieurs aux seuils légaux pour accéder à l’aide juridictionnelle, se retrouvent démunis et ne bénéficient d’aucune aide sociale, leurs voisins en situation irrégulière sur le sol français peuvent désormais compter sur un avocat aux frais de l’État, en toutes circonstances ! Inutile de préciser que l’enveloppe consacrée à l’aide juridictionnelle devrait naturellement atteindre des sommets paroxystiques l’an prochain, à l’heure où les dépenses publiques sont pourtant visées par la Cour des comptes.  

En effet, la Cour des comptes a exploré des pistes explosives pour réduire drastiquement les dépenses publiques dans un rapport rendu public le 29 mai – soit la veille de la décision litigieuse du Conseil constitutionnel ! –, à commencer par « modifier les paramètres de l’indemnisation des arrêts de travail » en imposant un délai de carence de huit jours pour verser des indemnités aux salariés. Réduire les droits des Français pour permettre d’en conférer davantage aux étrangers en situation irrégulière… une logique contestable pour le commun des mortels sauf pour les quelques-uns confortablement installés et drapés dans les ors de la République.

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D’ailleurs, nous noterons que le parti Les Républicains avait demandé le 13 avril à organiser un référendum d’initiative partagée sur l’accès des étrangers aux aides sociales. La démarche était légitime compte tenu de l’anomie migratoire manifeste : conditionner le versement des prestations sociales non contributives à une durée minimale de séjour en situation régulière (de trente mois à cinq ans), transformer l’aide médicale d’État en aide médicale d’urgence, supprimer les réductions tarifaires prévues dans les transports en commun pour les étrangers en situation irrégulière, intégrer les centres d’hébergement des étrangers dans le décompte des logements sociaux et rendre impossible le maintien des déboutés du droit d’asile dans les hébergements prévus au titre du dispositif national d’accueil. Ce même Conseil constitutionnel avait, selon une interprétation sibylline, estimé que les dispositions portées par Les Républicains étaient contraires à la Constitution et poursuivait ainsi « une politique progressiste d’ouverture à l’immigration », selon le Sénateur LR Bruno Retailleau.

En définitive, la décision très contestable du Conseil constitutionnel du 28 mai n’est que la suite logique de cette générosité sans limite avec l’argent du contribuable. François Hollande nous avait prévenu : « Ce n’est pas cher, c’est l’État qui paye ! », autrement dit, nous tous. Une telle décision, insusceptible d’appel, ne peut faire l’objet d’aucun recours, et ne peut être réformée que par un référendum, le législateur étant ici totalement démuni. Cette acatalepsie juridique conforte la très décriée perte de confiance des justiciables, contribuables et citoyens envers les institutions de la République, et d’autant plus envers celles qui décident et imposent leurs dogmes, sans bénéficier directement de l’onction démocratique.

La «fierté française» qui emplit les discours des Jeux olympiques est un leurre

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©NICOLAS TUCA/AFP

Être français ne va plus de soi. Or les maltraités, trop passifs, ne méritent pas leur sort. La montée de l’antisémitisme islamisé s’est accompagnée de la haine de la France française, au nom de l’universalisme déraciné et de la repentance perpétuelle. La « fierté française », qui emplit les discours des Jeux olympiques, est un leurre.


Fausse bonne nouvelle. En apparence, les dirigeants politiques ouvrent un œil, dérangés par la France qui se délite et laisse venir la guerre civile, en Nouvelle-Calédonie comme à Mayotte ou en métropole. Cependant, les somnambules restent engourdis par le sirop du « vivre-ensemble ». Certes, ils parlent avec des mots qu’ils reprochaient hier à la « fachosphère ». Ils s’alarment ainsi du nouvel antisémitisme, observable depuis trente ans dans les cités. Il explose depuis le pogrom du 7 octobre contre Israël. Les dénégationnistes reconnaissent enfin l’entrisme des Frères musulmans déguisés en agneaux blessés. « Ils attaquent tous les pans de la société et se constituent en réseaux », explique même Gérald Darmanin (JDD, 5 mai). Le ministre de l’Intérieur admet que l’islam politique a subverti « le sport, l’éducation, la médecine, la justice, les organisations étudiantes et syndicales, les ONG, la vie politique, associative, culturelle ». Mieux vaut tard que jamais. Toutefois, la lucidité des traîne-savates se heurte à leur croyance en la « diversité » – que Renaud Camus qualifie de « pire ennemi du divers[1] » – qui interdit toute distance avec l’étranger. Ceux d’en haut refusent d’aller à la source de la haine antijuive et antifrançaise. Cette curiosité les obligerait à admettre leur responsabilité dans les désastres causés par une immigration de masse promue depuis un demi-siècle. Majoritairement musulmane, cette population protégée bouleverse l’identité du pays, en lui imposant ici et là une colonisation perméable à l’hyperviolence des narcotrafiquants.

Pinponpin

Les pyromanes ne peuvent éteindre leurs incendies. C’est pourtant à eux que le gouvernement a fait appel, le 6 mai, lors des assises contre l’antisémitisme. Parmi les participants à ce « sursaut » ont été conviés ceux qui n’ont de cesse, au nom de l’antiracisme et des droits de l’homme, de valoriser la société ouverte et multiculturelle, terreau du racialisme et de l’islam remplaciste. C’est ainsi que SOS Racisme, La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme ou le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples ont été invités à réfléchir aux causes de la montée de l’antisémitisme. Mais comment attendre de ces mouvements qu’ils reconnaissent leurs fautes dans la communautarisation du pays et la sacralisation des minorités raciales ? Comment espérer de ces donneurs de leçons qu’ils admettent leur responsabilité dans le nouvel antisémitisme, ou le racisme antiblanc qui veut tuer des Caldoches ? Comment croire qu’ils viendraient à s’excuser d’avoir poursuivi en justice les voix trop libres, coupables de dénoncer les banlieues querelleuses ? Ces pharisiens consacrent encore leur temps à culpabiliser les Français inquiets et à leur interdire de se plaindre de leur sort.

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Le mépris officiel porté aux gens ordinaires, qui refusent de disparaître est au cœur du saccage de la douce France. « Populisme ! » demeure l’injure de ceux qui n’admettent pas leurs torts. Même le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Yonathan Arfi, persiste à marginaliser ceux qui, trop français à son goût, se solidarisent d’Israël dans sa résistance à l’islam suprémaciste et judéophobe. « Les Juifs se sont toujours tenus massivement à l’écart des partis populistes », assure Arfi (Le Figaro, 6 mai), sans mesurer que bien des compatriotes juifs se tournent vers le RN. Cette tartufferie est reprise par Gabriel Attal qui, lors du dîner du Crif, a dénoncé « le cynisme absolu de ceux qui disent soutenir les Français juifs par réflexe antimusulman ». Le procès en xénophobie fait à ceux qui critiquent l’immigration irraisonnée dissimule la lâcheté d’une classe politique qui a renoncé à protéger son peuple. Seuls les Canaques hostiles au métissage sont en droit de dénoncer la « colonie de peuplement » des métropolitains. Aimé Césaire a pu pareillement critiquer sans problème, en 1977, un « génocide par substitution », parlant de sa Martinique trop ouverte aux Blancs de l’Hexagone. En septembre 2003, le président Jacques Chirac s’était cru inspiré en déclarant : « Il faut surtout se préoccuper du sort des Pygmées, qui sont l’un des peuples les plus menacés de disparaître. » Depuis, l’indifférence portée à la dissolution des Français dans une société liquide, remplaçable et indifférenciée, n’a fait que s’accentuer.

Jul et le Conseil constitutionnel contre la France

Être Français ne va plus de soi. Or les maltraités, trop passifs, ne méritent pas leur sort. La montée de l’antisémitisme islamisé s’est accompagnée de la haine de la France française, au nom de l’universalisme déraciné, de la préférence étrangère, de la repentance perpétuelle. La « fierté française », qui emplit les discours des Jeux olympiques, est un leurre. L’artifice cache une honte des élites à se réclamer de la France profonde. C’est le rappeur marseillais Jul, qui chante « Te déshabille pas, je vais te violer », qui a ouvert le parcours de la flamme. Président du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius dit son dédain pour la France quand il juge contraire à la Constitution la préférence nationale « appliquée de façon systématique » (Le Monde, 7 mai). Mais qu’est-ce que la préférence nationale, sinon la reconnaissance de la citoyenneté attachée à la nation, identifiée à un peuple ? Lorsque l’écrivain Seth Greenland voit le sionisme comme le droit qu’ont les juifs à « mériter un État où ils peuvent être en sécurité » (Le Figaro, 7 mai), il exprime plus généralement le sentiment des peuples inquiets pour leur survie. Les Français sont de ceux-là quand, à la veille des élections européennes du 9 juin, ils disent à 91 % se sentir « en priorité français » (sondage Odoxa). Ils sont prêts à sortir de leur léthargie.

Le peuple trahi ne peut cautionner plus longtemps un système politique suicidaire, qui met trente ans avant de reconnaître du bout des lèvres la haine qui partout s’enkyste dans les minorités, sans établir le lien avec l’immigration de peuplement. Le rejet du Français est derrière le rejet du juif, tous deux coupables de vouloir survivre. Attendre trente ans avant de s’en inquiéter ? La France déglinguée ne sera plus qu’un souvenir.

La Destruction des Européens d'Europe

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[1] La Destruction des Européens d’Europe, Le Château, 2024.

Le débarquement allié et les juifs

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Sainte-Mère-Église (50), 5 juin 2024 © Daniel Cole/AP/SIPA

Réflexions sur le 6 juin 1944


Il y a cinq ans, sur les plages de Normandie, l’Américain Tom Rice a sauté en parachute à 98 ans, comme il l’avait fait dans la nuit du 5 au 6 juin 1944. Aujourd’hui, les quelques survivants viennent en chaise roulante. La page est tournée, mais n’oublions jamais que si le débarquement allié avait été un échec, l’Europe pour laquelle nous allons voter aurait une toute autre allure qu’aujourd’hui, qu’il n’y aurait pas de radio juive pour en parler1 et, surtout, pas de Juifs pour l’écouter. Nous avons du Débarquement allié les images héroïques de combats d’où les civils sont absents. Mais le 6 juin, il y eut aussi de violents bombardements sur des villes normandes comme Vire, Coutances ou Lisieux dans le but explicite que les destructions puissent retarder l’arrivée des renforts allemands. Les semaines suivantes, car la bataille de Normandie a duré trois mois, ce fut le tour du Havre, de Caen, Rouen ou Évreux… Des milliers de morts dans la population civile et des motivations militaires pas toujours évidentes. Cela ne retire évidemment rien au bienfondé du Débarquement. Ceux qui ont protesté alors le plus haut n’étaient pas des organisations pacifistes, mais des collaborateurs du nazisme.

Le Mur de l’Atlantique, la massive défense littorale construite par l’Organisation Todt, n’était pas achevé et les informations, fournies notamment par la résistance française, ont permis de bombarder les installations, mais là où celles-ci sont restées intactes, comme à Omaha Beach, le débarquement a été sanglant. Parmi les 150 000 soldats, anglais, américains ou canadiens qui ont débarqué le matin du 6 juin 1944, 4500 environ sont morts sur les plages.

La résistance a beaucoup aidé les Alliés, mais seuls les 177 Fusiliers Marins du Commando Kieffer ont débarqué le 6 juin et il faut attendre le 1er août pour que la 2e DB de Leclerc arrive en France. Le 15 août en revanche, la 1ère armée française est présente dès les premières heures du débarquement de Provence. En six semaines la France a effacé aux yeux des Alliés son image de pays collaborateur du nazisme, alors même que la Milice continuait de sévir. L’accueil enthousiaste fait par la population à de Gaulle à Bayeux le 14 juin, puis la rapidité avec laquelle celui-ci a mis en place une administration efficace des zones libérées l’ont rendu incontournable et ont peut-être évité une mise de la France sous tutelle américaine. Mais après la guerre, les séquelles de l’animosité personnelle profonde de Roosevelt envers de Gaulle ont pesé – et pèsent peut-être encore – sur la politique extérieure française. On voit aujourd’hui avec Biden et Netanyahu que les relations humaines entre dirigeants ont aussi leur importance…

À 1500 km de distance des plages du Débarquement, c’était un jour comme un autre à Birkenau. Entre 6 et 8 000 Juifs étaient gazés ce mardi 6 juin, comme la veille et comme le lendemain, bien plus chaque jour que de soldats morts sur les plages de Normandie. Les Alliés étaient au courant: le rapport Vrba-Wetzler du 27 avril, du nom des deux Juifs évadés d’Auschwitz, qui décrivait avec précision l’extermination des Juifs, était à la disposition des responsables américains. Les services de photographie aérienne possédaient par ailleurs des photos qui n’avaient intéressé personne sur les installations de Birkenau. Des bombardements susceptibles de freiner l’extermination étaient techniquement possibles. Désormais, l’Agence juive aussi les réclamait, elle qui y avait été longtemps réticente. Mais le programme ne fut pas modifié : il donnait la priorité au bombardement de tout ce qui pouvait aider l’effort de guerre allemand. Entre le 15 mai et le 9 juillet, 350 000 Juifs hongrois ont été assassinés. Je ne pense pas que cela ait été un détail de l’histoire…

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Le 6 juin, où en étaient les autres fronts ? Rome avait été libéré deux jours plus tôt après la difficile bataille de Monte Casino, mais l’Italie était désormais un terrain de campagne secondaire.

Sur le front de l’Est, en revanche, les Soviétiques venaient de finaliser leurs plans pour l’opération Bagration. Presque concomitante à la campagne de Normandie, mais complètement éclipsée par celle-ci dans la mémoire de l’Occident, Bagration est considérée par plusieurs experts comme la plus grave défaite allemande de la guerre. En fixant les réserves allemandes, il est indéniable que l’URSS a contribué au succès, qui fut long à se confirmer, de la campagne de Normandie. Pourtant Poutine n’a pas été invité en Normandie, alors que Zelensky est présent. 

Cette non-invitation est normale. Les médias russes accusent continuellement les Ukrainiens d’être des nazis. Or, tous les témoignages indépendants concordent sur la faible influence aujourd’hui de l’idéologie nationaliste de type bandériste, d’après le nom de son chef le plus connu, Stefan Bandera, cette idéologie qui a effectivement conduit ses émules à l’alliance avec les nazis et à une responsabilité accablante dans certains des pires crimes commis contre les Juifs pendant la guerre. Traiter les dirigeants ukrainiens d’aujourd’hui de nazis n’est pas une opinion, c’est une diffamation. Et nous qui entendons tous les jours Israël se faire traiter d’État nazi, nous savons comme cette diffamation est ignoble.

L’homme qui pendant presque deux ans a été le meilleur allié de Hitler et qui aurait volontiers continué ce compagnonnage si le Fuhrer n’avait pas envahi son pays le 22 juin 1941 s’appelait Joseph Staline et c’est un des maitres à penser de Poutine. Tous les témoignages concordent sur la stupéfaction de Staline quand le pacte qu’il avait conclu avec Hitler a été violé par celui-ci. Cette partie de l’histoire est aujourd’hui entièrement occultée en Russie au profit de l’exaltation, glorieuse, terrible et d’ailleurs en grande partie vraie aussi, d’une URSS qui aurait porté l’essentiel de la lutte contre le nazisme.

Staline, qui n’était pourtant pas un naïf, a appris à ses dépens et plus encore aux dépens de son pays, qu’il était dangereux de se fier à une alliance avec le nazisme. C’est peut-être ce qu’apprendront un jour ceux qui font les yeux doux au nazisme d’aujourd’hui, à savoir  l’islamisme des Frères Musulmans. L’ancien laïcard Jean-Luc Mélenchon croit qu’il est malin de s’acoquiner avec eux, malgré l’absolue contradiction entre leurs idéologies. Il devrait y réfléchir à deux fois…


  1. Richard Prasquier propose sa chronique hebdomadaire tous les jeudis sur RCJ ↩︎

La souveraineté française, une liberté fragile

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« Philippe-Auguste à Bouvines », illustration publiée dans le supplément illustré du Petit Journal (détail), 26 juillet 1914. DR.

On doit à Gaël Nofri, essayiste et adjoint au maire de la ville de Nice, plusieurs ouvrages consacrés à l’histoire de France. Dans son nouveau livre, il estime que la bataille de Bouvines (1214) est un point majeur dans la construction de notre pays car elle affirme sa souveraineté. Il rappelle que « vassal d’aucun », qui est la devise de la souveraineté, peut aussi être la définition de la liberté.


Causeur. La bataille de Bouvines, le 27 juillet 1214, est selon vous un point de départ essentiel de la construction de la France. Pour quelles raisons ?

Gaël Nofri. Bouvines est un mouvement important de cristallisation d’un certain nombre de choses et de ce que deviendra la nation française. En effet, c’est avec cette bataille que la prétention des premiers capétiens à être pleinement souverains – d’abord rois des Francs – va trouver matière à s’incarner, et en même temps, s’affirmer. C’est pourquoi je parle de « confirmation de la souveraineté ». Les premiers capétiens ont la prétention de ne pas être des seigneurs parmi d’autres et veulent se dégager de l’emprise des empereurs romains germaniques. À Bouvines, cette prétention capétienne se trouve confirmée sur le champ de bataille, face aux barons à combattre et face à l’empereur du Saint-Empire romain déjà en difficulté. 

Vous parlez de « confirmation de la souveraineté » française, mais ne s’agit-il pas plutôt de sa « fondation » ?

C’est la fondation, mais il y a aussi un aspect de confirmation : celle d’une prétention. Les premiers rois capétiens, réduits à un petit domaine royal, n’avaient que peu de manœuvre réelle mais avaient déjà la volonté de n’être vassal d’aucun. L’action de Philippe Auguste, qui se trouve consacrée à la bataille de Bouvines, confirme et donne matière à cette prétention à la souveraineté. C’est vraiment une confirmation de ce qu’est la monarchie française dès les premiers capétiens, c’est-à-dire autre chose qu’un seigneur élu par les seigneurs, même si l’élection demeure. Il y a cette onction d’origine divine que confère le sacre, il y a une dimension sacerdotale, mais qui, pour les premiers capétiens, n’a pas de fondement pratique, exécutoire, de capacité. Les premiers capétiens ont beaucoup de difficultés à s’imposer, d’ailleurs ils ne cherchent pas à le faire en dehors du domaine royal car ils n’en ont ni la capacité ni la prétention. Avec Philippe Auguste, les choses changent. Quand il accède à la couronne, cette définition de la souveraineté – vassal d’aucun – existe déjà, elle est en gestation, mais c’est avec Bouvines qu’elle va pouvoir s’appuyer sur une maîtrise réelle de l’espace et sur une capacité de mobilisation des hommes et de levée d’un impôt. Ainsi commence à s’exercer la souveraineté.

Rien ne se fait en une génération. Et les héritiers vont devoir consolider cette « confirmation de la souveraineté ».

Bien sûr. Tout travail de cet acabit s’étale sur le temps long, sur des générations, c’est un travail lent et patient. C’est un travail permanent. On verra par la suite que le moindre renoncement de volonté entraînera des conséquences parfois tragiques. Ainsi, pendant la guerre de Cent Ans, on aura le Traité de Troyes (qui fait de Henri V d’Angleterre l’héritier de Charles VI de France). En réalité, tout est lent, mais rien n’est jamais définitif.

A lire aussi, Marie-Hélène Verdier: La triple frontière: un slogan? Non! Un projet

Rappeler aujourd’hui cette conquête de la souveraineté ne paraît pas anodin. Est-ce qu’il y aurait une arrière-pensée quelconque derrière ce rappel historique ?

Oui, il y a plusieurs arrière-pensées ! D’abord, c’est un essai. C’est une mise en perspective, c’est une lecture. Ensuite, cette lecture vise à rappeler que les choses ont un sens, que ce qui est n’a pas toujours été mais est le fruit d’efforts, de persévérance, et le fruit aussi d’une lecture des choses qui est différente. La lecture des faits et de l’Histoire qui sera faite par la France au lendemain de Bouvines donnera une monarchie différente de la monarchie anglaise ; qui du fait de Bouvines suivra une autre voie. La souveraineté est un bien que nous avons reçu en partage, et dont nous ne sommes que les dépositaires. Ce fut un combat qui est aujourd’hui synonyme de liberté car la première définition de la souveraineté, c’est de n’être vassal d’aucun. On parle beaucoup de liberté, donc il est important de rappeler cette définition.

À quelques jours des élections européennes, cela prend une dimension particulière.

Oui, mais c’est davantage pertinent dans le temps long, qu’il s’agisse de l’UE, de la mondialisation économique et financière, industrielle, alimentaire… surtout à une époque où l’on parle de corps électoral fermé dans certains territoires, ou de statut d’autonomie inscrit dans la Constitution. Rappeler ce qu’est la souveraineté, la France, d’où elle vient, quels sont les combats qui ont mené à cette construction particulière, de la nation, de son organisation, de son territoire, de son histoire, est fondamental. La conception des notions qui font notre citoyenneté est déterminée par ceux dont nous sommes les héritiers. 

Vous nous dites finalement que la fin de l’Histoire n’a pas eu lieu. Est-ce qu’en faisant ce constat, vous présagez que les guerres ne peuvent que continuer à l’avenir ?

Non, ce serait très pessimiste. Ce que cela signifie, c’est que les hommes restent des hommes, et penser un monde dans lequel on déclarerait la guerre illégale est totalement illusoire. La réalité, c’est qu’on avait prévu la fin de la guerre, l’avènement de la démocratie mondialisée, la fin des épidémies, le progrès, un monde de consommation où la béatitude ferait que l’individu consommateur règnerait partout. On se rend compte que ce monde n’existe pas et que personne n’en veut. Les hommes sont d’abord des citoyens, situés dans ce qu’ils sont, et les guerres, les famines, les tensions entre États, les enjeux de territoires et de puissance continuent d’exister. Ceux qui veulent croire qu’ils ont disparu seront peut-être les victimes de ceux qui ont compris que les choses resteront ce qu’elles sont. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas tendre à la recherche de la paix et à la défense de la démocratie ; cela veut dire que tout en les cherchant, il faut se donner les moyens de se prévenir de choses qui peuvent advenir. Il y aura toujours des puissances qui auront des volontés hégémoniques, des voisins plus ou moins belliqueux, et même en France, des gens pour nous expliquer qu’il y a mieux à faire que la nation.

La souveraineté est-elle une réalité et une vision ?

C’est un combat permanent. Ceux qui décident de renoncer acceptent la vassalité.

Est-ce que l’UE telle qu’elle se dessine actuellement n’est pas la programmation de la fin de la nation française, comme celle des autres nations européennes ?  

L’UE n’est rien d’autre que ce qu’on veut en faire. Est-ce qu’on travaille à une UE qui soit une union de nations souveraines, lesquelles trouvent en cette mise en commun les moyens de renforcer leur souveraineté dans la coopération, dans une marche commune qui leur permet d’affronter les enjeux du monde ? Ou est-ce un prétexte au renoncement ? Si c’est ce dernier cas, elle ne sera jamais au niveau qui convient ; on dira toujours que l’UE est petite, et alors c’est une marche vers la mondialisation. Si, au contraire, on se dit que le XXe siècle a été dévastateur pour l’Europe en matière de conflits et en termes de puissance, alors il faut travailler ensemble, et créer des outils qui nous permettent de renforcer notre souveraineté, mais on ne peut pas être souverain à moitié : soit on est souverain, soit on ne l’est pas. La coopération, oui ; le fédéralisme, non.


À lire :
Gaël Nofri, Bouvines. La confirmation de la souveraineté, Passés/Composés, 2024.

Bouvines: La confirmation de la souveraineté

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Guillaume Peltier (Reconquête): «Tous les conservateurs d’Europe sont avec nous!»

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© Chang Martin/SIPA

Guillaume Peltier tenait le 5 juin à Saint-Malo une réunion publique devant une centaine de militants « Reconquête ». Si cet événement de la « droite forte » a été boudé par Ouest-France et Le Pays Malouin, nous avons pu recueillir les propos du numéro 2 de la liste de Marion Maréchal.


Causeur. La liste de Marion Maréchal est aujourd’hui donnée par les sondeurs autour de 5 ou 6%. La situation du parti fait penser à ces équipes sportives qui jouent leur maintien en première division à un ou deux points près… Aujourd’hui, dans quel état d’esprit êtes-vous ? Est-ce que la peur du fiasco est là ?

Guillaume Peltier. Ça fait 25 ans que je suis engagé en politique, et s’il y a bien une règle éternelle, c’est que les suffrages comptent plus que les sondages ; et le nombre de journalistes – souvent de gauche d’ailleurs – qui se sont totalement plantés en pensant remplacer le peuple, je les invite à faire preuve d’humilité.

Pour le reste, s’il y a des sondages à 5, d’autres nous donnent déjà à 8%. Je dis donc aux Français : dimanche soir, il sera trop tard. Vous avez l’occasion historique d’envoyer Marion Maréchal et des élus qui peuvent faire basculer l’Europe à droite, battre Ursula von der Leyen, supprimer les financements pour les associations islamistes et LGBT. Il ne faudra pas venir se plaindre le lundi 10 juin au matin si ça n’est pas le cas. Depuis des mois, jour et nuit, sept jours sur sept, nous sillonnons la France pour éclairer nos compatriotes et leur proposer ce chemin. C’est à eux de choisir désormais.

Guillaume Peltier à Saint-Malo, 5 juin 2024.

Durant votre campagne, deux personnalités se sont détachées : Marion Maréchal, que l’on connait depuis un petit moment, mais aussi Sarah Knafo. Pourtant numéro 2 de la liste, n’avez-vous pas été un peu dans l’ombre ?

Nous sommes très heureux de pouvoir additionner plein de talents ; c’est toute la force de Reconquête ! Avec Marion Maréchal, nous avons l’une des femmes politiques les plus connues et les plus populaires de France, qui n’a jamais trahi ses convictions, qui incarne la droiture, le sérieux, la force ; et c’est une immense chance. Nicolas Bay, qui est sans doute le député français au Parlement européen le plus assidu et le plus compétent, nous a permis de bâtir le groupe des conservateurs, avec Giorgia Meloni et demain Viktor Orban. Tous les conservateurs d’Europe sont avec nous, ce qui est là aussi une immense chance. Nous avons bien sûr Sarah, qui a été la fondatrice de l’épopée présidentielle d’Eric Zemmour. Nous avons Stanislas Rigault, qui est le jeune talent que tout le monde a découvert en 2022. Nous avons enfin Laurence Trochu, qui est la présidente fidèle et loyale du Parti conservateur. Moi, je suis très heureux de faire partie de cette équipe, et en vérité, comme disait Jeanne d’Arc : « Plus il y aura de combattants pour la France réunis au même endroit, mieux ce sera pour notre pays ». On a toujours besoin de talents supplémentaires.

A lire aussi: Clash Marion Maréchal/Sonia Devillers: une Gauloise sans filtre s’enflamme à la radio publique

Et vous-même, comment avez-vous traversé la campagne ?

J’ai fait des dizaines et des dizaines de réunions publiques, des milliers et des milliers de kilomètres. Dans ma vie, je me suis présenté à une quinzaine d’élections ; j’ai beaucoup perdu au début. Désormais, je les gagne parce que les Français ont vu la constance, la cohérence et le courage. Beaucoup d’autres seraient restés chez Valérie Pécresse, plutôt que de rejoindre Eric Zemmour. Moi, en décembre 2021, j’ai décidé d’abandonner une place et une carrière confortables, pour le courage des convictions. Et donc je suis très heureux de défendre ces convictions au sein de cette nouvelle équipe.

Pourtant, il y a quelques semaines, François-Xavier Bellamy nous rappelait qu’en 2019, vous lui aviez reproché sa ligne conservatrice et chrétienne, et que vous prôniez à cette époque des alliances avec les écologistes, sur le modèle autrichien… Comment devient-on alors cinq ans plus tard numéro 2 de Reconquête ?

Tout cela est un peu caricatural. Que M. Bellamy se regarde le nombril plutôt que de critiquer ainsi l’adversaire… Je rappelle que M. Bellamy et les Républicains sont les alliés de Mme Von der Leyen à Bruxelles depuis cinq ans, qu’ils siègent dans le même groupe, que M. Bellamy a voté pour la commission européenne et Mme von der Leyen. Je rappelle aussi que M. Bellamy et ses amis préparent une alliance avec Emmanuel Macron, avec M. Larcher, avec M. Barnier au lendemain des élections européennes. Je rappelle que ses colistiers sont pour la régularisation des sans-papiers, pour la GPA, tant d’autres choses, et même avec beaucoup de complicité avec l’islamisme. Donc qu’il garde ses leçons de morale ! Moi, j’ai toujours servi une droite forte, j’ai servi Philippe de Villiers, Nicolas Sarkozy et Eric Zemmour. Premièrement, tout le monde a compris que je n’étais ni centriste, ni de gauche. Deuxièmement, quand j’évoquais l’écologie, oui, je m’inspirais de M. Kurtz, le Premier ministre autrichien qui a eu l’intelligence de lier la question migratoire et islamique avec la nécessité de se réconcilier avec le patriotisme économique et la production locale pour nos paysans, au nom d’une écologie positive et non pas punitive ; et donc je ne vois absolument pas en quoi c’est contradictoire avec mes convictions… Quant au christianisme, je n’ai jamais reproché à qui que ce soit d’être chrétien : je suis moi-même chrétien et fier de l’être. Avec « Reconquête », nous sommes le seul parti à vouloir inscrire les racines chrétiennes dans les traités européens, à l’inverse des Républicains qui appartiennent, je le rappelle, au  parti de Jacques Chirac, lequel avait refusé d’inscrire les racines chrétiennes dans la Constitution européenne. Ce n’est pas parce qu’il n’a pas eu le courage de quitter Valérie Pécresse pour rejoindre Eric Zemmour qu’il faut que M. Bellamy donne des leçons de morale à ceux qui l’ont eu, ce courage.

A lire aussi, Laurence Trochu: «Dans sa logique de dédiabolisation, le RN a renoncé à mener les combats civilisationnels»

Lors du débat sur CNews, Mme Maréchal a peut-être tapé un peu fort sur M. Bellamy… Et Mme Knafo n’a pas ménagé de son côté M. Bardella et sa liste dans diverses interviews, notamment dans les colonnes de Causeur. Mais franchement, est-ce une si bonne idée de s’en prendre à de futurs possibles alliés ?

Vous savez, la politique, c’est très simple. Qui sont nos ennemis ? C’est la gauche, ce sont les médias de gauche, ce sont les islamo-gauchistes. Ensuite, on a des concurrents. Vous avez bien aussi des concurrents dans votre journal, chez Causeur ? Eh bien, nous avons des concurrents, à Reconquête. Si nous, nous n’avons pas l’honnêteté d’éclairer nos électeurs en rappelant par exemple que le Rassemblement national est un parti socialiste sur le plan économique, ou en rappelant toutes les lâchetés et les trahisons des LR, qui le fera ? On n’attaque pas M. Bellamy ou M. Bardella personnellement, on pointe nos différences politiques. Ensuite, c’est aux électeurs de choisir. Quand Jean-Luc Mélenchon fonde la Nupes, quand François Mitterrand fonde l’union de la gauche, il y a plusieurs partis très différents, concurrents, qui expliquent leurs différences et qui sont ensuite capables de se réconcilier sur l’essentiel. Eh bien c’est notre cas également ; nous partageons un grand nombre de convictions et c’est aux électeurs de choisir. Est-ce qu’ils préfèrent un parti qui est le seul à dire que l’islam n’est pas compatible avec la France, qui est le seul à dire que l’assistanat est un drame pour nos travailleurs, qui est le seul à s’en prendre aux activistes LGBT ou transgenres ? Ça, c’est Reconquête. Et s’ils ont d’autres sensibilités, ils peuvent choisir d’autres partis. En tout cas, nous, on a une colonne vertébrale extrêmement claire, très solide et je pense que ça ferait du bien à la droite française d’avoir au Parlement européen des parlementaires comme Sarah, Nicolas, Stanislas, Marion ou moi, capables d’être des vigies parmi les vigies et de pointer les lâchetés des uns et les compromissions des autres.


Guillaume Peltier et le réarmement démographique
Notre contributeur Frédéric Magellan ressort enthousiaste de la réunion malouine de « Reconquête ». Il estime que le n°2 de la liste du parti aux élections européennes a été injustement vilipendé après ses propos sur les responsables politiques sans enfant.

« Degré zéro à la fois de l’intelligence et de l’honnêteté ». C’est ainsi que ma chère consœur, Céline Pina, avait qualifié des propos tenus par Guillaume Peltier, sur CNews début février. Selon l’ancien député UMP, Marion Maréchal, qui conduit la liste « Reconquête ! », serait plus légitime que ses concurrents directs, Jordan Bardella (RN) et François-Xavier Bellamy (LR) : « avoir des enfants est un message politique (…) c’est la garantie de sérieux, de concret par rapport au présent, par rapport à l’avenir. C’est la certitude que la valeur de transmission va l’emporter sur la valeur de l’ambition », défendait-il alors.
La sortie peut paraître provocatrice ; à y regarder de plus près, elle n’est pas si indéfendable. Oh ! bien sûr, on trouve dans l’histoire des exemples de grands hommes célibataires et sans enfants, comme le montrait Céline Pina à la fin de sa démonstration. Les moines de Cluny et de Cîteaux, dont la participation à l’effort démographique fut proche de zéro, ont contribué, en défrichant les marécages et en construisant des moulins, des routes et des marchés, à l’essor de la Bourgogne puis de l’Occident tout entier. Mais on ne peut cependant s’empêcher de repenser à Charles Péguy, qui écrivait, dans Victor-Marie, comte Hugo, que le père de famille était le seul vrai aventurier de l’époque, et qu’en comparaison, les autres aventuriers n’en sont pas, et que la vie de famille n’était pas un retrait du monde mais au contraire un engagement dans le monde.
Plus prosaïquement, en défendant les femmes en politique, Marine Le Pen, face à Karine Le Marchand en 2016, avait de son côté surtout fait l’éloge de la mère de famille : « Une femme ne peut pas s’extraire de la réalité, du quotidien. Les hommes politiques, à un certain niveau, c’est un petit peu comme ceux qui font de la musique à un très haut niveau ou du sport à un très haut niveau. Vous ne vivez plus que pour ça. A un moment donné, il n’y a plus de réalité. Quand on est une femme, on est toujours ramenée à la réalité du quotidien. Tout ça c’est bien gentil, mais il faut aller acheter la paire de tennis du petit, il faut aller signer le bulletin de notes! C’est donc une chance, on ne peut pas partir dans cet espèce de ballon qui s’envole dans la stratosphère, et où l’on n’a plus aucune conscience de la réalité du quotidien ». Quant à Charles de Gaulle, il a pu dire, à propos de sa fille Anne, trisomique, morte à vingt ans : « Sans Anne, peut-être n’aurais-je jamais fait ce que j’ai fait. Elle m’a donné le cœur et l’inspiration ».
Alors, les chefs d’Etat, les politiques célibataires… Comme dirait Brice Hortefeux : un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup que ça commence à poser un problème.
En 2019, l’Europe était presque entièrement gouvernée par des personnes sans enfant : Emmanuel Macron, mais aussi Angela Merkel, Jean-Claude Juncker, alors président de la Commission, Xavier Bettel, Premier ministre du Luxembourg, Stefan Löfven, Premier ministre de la Suède et Mark Rutte, Premier ministre des Pays-Bas. A ce point, cela fait un système. Que sont ces décideurs sans descendance ? Après moi, le déluge ? Le principe héréditaire de l’ancienne monarchie avait ce mérite : certes, on a eu un roi fou, d’autres libidineux ou bedonnants, mais bon an mal an, ils se débrouillaient pour laisser une situation politique pas trop pourrie à leur descendant. Alors, non, Guillaume Peltier, vous qui avez déclaré : « Je suis Français et patriote. Je suis même un homme et un père. Je suis blanc, je suis chrétien, je suis hétérosexuel », vos propos ne sont pas le degré zéro de l’honnêteté ! • FM

Impression, paysages

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François-Xavier de Boissoudy, "L'arbre". DR.

À côté de ses grandes séries mystiques, François-Xavier de Boissoudy peint la nature telle qu’elle se révèle, elle aussi.


Avec sa technique habituelle, des encres diluées sur papier, étalées à la main, avant que la feuille ne soit marouflée sur toile, le peintre nous donne à voir plusieurs paysages dont on sent, immédiatement, qu’il les a pleinement vus et qu’ils l’ont impressionné ; on comprend qu’à fixer cette tâche de lumière éclatant au débouché d’un sentier bien encaissé, qu’à découvrir cette clairière laiteuse sous la lune, luisant derrière les grandes masses indistinctes des bosquets, qu’à saisir le jeu du soleil perçant derrière le rideau serré des arbres, F.-X. de Boissoudy a senti que le paysage livrait un secret aussi singulier que banal : cette nature existe, puissamment, elle témoigne de l’être qui anime aussi bien les arbres que l’herbe, et le talus, et le ciel, et nous-mêmes, soudain surpris d’éprouver ce poids d’existence, soudain capables d’en extraire cette qualité commune à tous, l’être, sous des modalités différentes.

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Une table de jardin sous un arbre, une prairie sous la lune, une rivière en haut d’une côte, une lisière longée en voiture : tout est appréhendé, restitué, dessiné avec le souci de rendre compte autant que fondu (grâce à ces encres colorées et étalées) pour exprimer la communauté existentielle entre le plateau de la table, l’ombre de l’arbre, l’arbre lui-même et la haie au fond, et l’air qui baigne toute la scène et nous appelle, spectateur, à entrer dans le tableau.

Grands ou petits formats, certains d’un noir aussi profond que les œuvres précédentes, d’autres d’un vert lumineux, tous, surtout, exacts dans la manière de nous communiquer l’impression initiale, l’émotion mais aussi la réflexion, la méditation brève ou longue que le paysage a déclenchée : chaque toile est ainsi lestée de cette part de lui-même que le peintre y a ajouté, chacune est une fenêtre ouverte sur une réalité plus vaste, chacune est une invitation à être soi-même attentif, au hasard des trajets, à ce que la lumière illumine, à ce que la nature recèle.


François-Xavier de Boissoudy, « Lumières du jour et de la nuit ». Galerie Guillaume, 32 rue de Penthièvre, 75008 Paris, jusqu’au 15 juin 2024.

Marion Maréchal et l’alerte rouge

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Capture YouTube / France 2

Immigration. Pour terminer sa campagne électorale, la tête de liste de Reconquête ! se présente comme la candidate en pointe dans la lutte contre le « grand remplacement », synonyme selon elle de « la fin de la liberté de conscience, de la liberté d’expression, et de la liberté des femmes ».


Ce 4 juin, en conclusion de son intervention sur France 2 dans le cadre de l’émission « L’Événement, le Grand Débat des Européennes », Marion Maréchal, tête de liste Reconquête à ces élections, a choisi pour sa carte blanche une carte de France. Choix a priori inattendu.

Carte (non) muette

Dans mon enfance, à l’école, il y avait les cartes muettes, comportant juste des points, sans les noms de ville qu’il fallait être capable de situer et de nommer. Performance aujourd’hui à peu près inimaginable. Mais passons…

La carte de Marion Maréchal, basée sur les données officielles de l’Observatoire de l’Immigration et de l’Insee, n’est pas, elle, une carte muette. Il s’en faut de beaucoup. Au contraire, elle est parlante. Très parlante même. Toute l’extrémité Est du pays est colorée en rouge. Cela recouvre l’espace de vingt départements et représente, en équivalent habitants, la population immigrée non européenne si elle était concentrée sur cette partie du territoire. Oui, en nombre cela équivaudrait tout simplement à la population de ces vingt départements ! Rien que cela ! Et la candidate de sonner l’alerte. Avec aujourd’hui cinq cent mille entrées de ces immigrés par an et un tiers des naissances qui sont d’origine extra-européenne, expose-t-elle, la France est à un point de bascule. Elle est menacée de disparition. Cela notamment en raison du fait que demain l’islam pourrait devenir majoritaire et que nous ayons alors à assister à « la fin de la liberté de conscience, de la liberté d’expression, de la liberté des femmes. » Maman de deux petites filles, la mère de famille ne se résigne pas – comme tant d’autres avec elle ! – à ce que ses enfants « grandissent dans une France où elles seraient étrangères ». Etrangères dans leur propre pays. C’est là « le combat que je veux mener au Parlement européen, conclut la candidate. Le combat pour la défense de notre identité et de nos frontières, pour que la France reste la France et l’Europe reste l’Europe. »

Carton rouge

Napoléon considérait qu’un bon croquis valait mieux qu’un long discours. Cette vérité de bon sens, la carte de Marion Maréchal – son carton rouge, serais-je tenté de dire – vient de l’illustrer une nouvelle fois. En effet, même si l’on se contente d’un coup d’œil rapide et distrait, on peut facilement avoir l’impression que l’on a sous les yeux une sorte de crêpe ou de gâteau de forme hexagonale dont une bouche vorace aurait gloutonnement dévoré toute une bonne partie, presque un quart. Et en effet, même vu sous cet angle-là, ça parle !