Ernest Hemingway avait raison sur tout : les femmes, l’alcool et la littérature. Il aimait Paris et y vécut une partie de sa folle jeunesse. Ses souvenirs de ces temps bohèmes ont été publiés en France sous le titre Paris est une fête. La rue Mouffetard y est intemporelle. On croise des poètes. Et les gens vont à vélo, et non à Velib’. Le festivisme parisien n’a plus le même profil. Il s’est industrialisé. On a appris récemment que la capitale était en lice pour accueillir les « Gay Games », événement mondial de l’olympisme homo (Ne me demandez pas en quoi consistent les épreuves). On nous a également avisé que  la capitale avait accueilli – à l’initiative de la Société Protectrice des animaux – un grand rassemblement « cani-citoyen »… évidemment festif. L’association appelle à la pride en ces termes : « Les maîtres franciliens sont invités à venir avec leurs compagnons à 4 pattes, pour une marche cani-citoyenne dont le but est d’interpeller les politiques et l’opinion publique ».
Paris est une ville fascinante : elle rayonne comme un phare dans la nuit culturelle. Les pouvoirs publics – impliqués dans une démarche qui va dans le bon sens – y font sans relâche la promotion du hip-hop, des « cultures urbaines », voire du slam. Ainsi un concours de slam, présenté sous le nom « Coupe du monde de slam » se tiendra prochainement à Paris. Tous les épigones fatigants de Grand Corps Malade (l’époque a les poètes qu’elle mérite…) seront présents pour célébrer la fête des mots. Quant à la Ville de Paris, elle lance un grand concours afin de nommer le « centre culturel hip-hop des Halles ».  On apprend – et cela fait froid dans le dos – que la mairie a déjà reçu « plus de 1000 propositions« .
Depuis que Nathalie Kosciusko-Morizet a remporté les primaires de l’UMP en scooter (des primaires où Georges Moustaki, mort la semaine dernière, n’a pu voter…), un duel féminin titanesque se profile pour les élections municipales qui se tiendront en 2014. Anne Hidalgo contre NKM. Celle qui entend fermer les voies sur berges afin de les « rendre » aux « usagers de la nuit »; et celle qui entend transformer les stations de métro abandonnées en  lieux festifs. C’est le site Terrafémina qui nous apprend le désir de NKM de réhabiliter les stations de métro abandonnées par la RATP (il y en a huit) en « lieux de convivialité ». Le but étant de donner un « nouveau souffle » aux nuits parisiennes. Un souffle fantôme parcourant les catacombes… Paris est une fête !

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