Dimanche dernier, 300 000 (ou disons, le chiffre que vous voulez) Manifestants Pour Tous, barbons et marmots, scouts et cathos, ont défilé pour dire non à la PMA, la GPA et autres chambardements dans la filiation. À la vue de ce chapelet de familles bourgeoises bon teint venues de province et de l’Ouest parisien, grandes pourvoyeuses de cadres du secteur privé, on croirait le « catholicisme zombie » enrégimenté malgré lui dans la lutte contre l’exploitation. « Vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent », glissait Bernanos à l’âme des gens de droite ; puissent-ils continuer de l’entendre !

Aussi inoffensives soient-elles, ces armées de poussettes n’ont pas manqué de susciter l’indignation pavlovienne des stipendiaires du Progrès, qui invoquent inlassablement les heures les plus sombres de notre histoire. Il faut dire qu’un agenda de ministre n’aide pas à faire dans la subtilité langagière ! Prenez Najat Vallaud-Belkacem. Entre deux allocutions officielles, le ministre des droits des femmes prépare son « échange » avec Janet Halley, professeur de droit spécialiste de la famille et du genre, ce vendredi, à Sciences Po. Thème de la conférence : « comment lutter contre le trafic humain ? ». Il y sera sûrement question de traite prostitutionnelle, puisque le gouvernement voudrait pénaliser le tapin, à défaut de pouvoir l’éradiquer.

Que le ministre d’une « GPA non marchande » (sic) disserte sur le trafic humain, tout en défendant mordicus la Reproduction artificielle de l’humain, aussi appelée PMA, vaut son pesant d’embryons. Quant à la marchandisation des utérus impliquée par la GPA — dont on nous dit que jamais au grand jamais elle ne sera autorisée en France — elle ne semble pas gêner cette gauche moralisante qui, après l’abandon du projet de loi Famille, ne rêve que de reculer pour mieux sauter.

Dommage, on aurait rêvé d’une cohérence pour tous !

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