Il existe plusieurs manières d’abattre un chat pour le manger. La plus sûre, pratiquée au Ghana, consiste à enfermer le chat dans un sac et à le taper avec un bâton jusqu’à la mort. La noyade dans un récipient où on attire le chat à l’aide d’une sardine présente un avantage indéniable, une bête boursouflée étant, c’est bien connu, plus facile à dépiauter. Quant aux Ivoiriens, leur méthode préférée consiste à plonger directement le sac contenant le chat vivant dans une marmite d’eau bouillante.

« La pensée de cette cruauté culinaire quotidienne fait paraître dérisoire toutes les autres considérations sur la Côte d’Ivoire. » Ainsi s’exprime V.S. Naipaul dans son dernier essai Le Masque de l’Afrique. Cette remarque est pour le moins troublante de la part du lauréat 2001 du prix Nobel de littérature, qui ambitionne dans ce livre d’examiner ce qui reste de la religion traditionnelle en Afrique. En renouant avec ses pérégrinations des années 1960 et 1970, Naipaul surprend son lecteur par un sentiment omniprésent de répugnance à l’égard d’une Afrique dite « moderne ».

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