Si elle pensait qu’elle pourrait respirer un peu loin de Paris et de la polémique tunisienne qui l’asphyxie, Michèle Alliot-Marie doit être très déçue. On apprend que la ministre des Affaires étrangères a été vivement prise à partie par une foule de Palestiniens en colère, vendredi, lors d’une visite dans la bande de Gaza.

Plusieurs dizaines de Palestiniens ont bloqué le véhicule dans lequel elle circulait et tapé du poing sur le capot en criant « Hors de Gaza! » La colère de Palestiniens, accompagnée de jet de projectiles divers mais non létaux n’a pas été provoquée par la malheureuse bourde policière d’Alliot-Marie. D’ailleurs, en Cisjordanie, il est interdit de manifester sa solidarité avec le peuple tunisien et à Gaza, on peut difficilement parler d’enthousiasme vis-à-vis de la Révolution tunisienne, jugée probablement trop laïque.

Non, la faute de MAM aux yeux du Hamas serait d’avoir qualifié la détention du soldat Guilad Shalit de « crime de guerre », alors que semble-t-il, elle n’aurait rien jamais dit de tel. Et son appel concomitant au gouvernement israélien à mettre un terme au blocus de Gaza ne lui a pas servi de circonstance atténuante. La Ministre rejoint ainsi un petit club en expansion : en février 2000 Lionel Jospin, Premier ministre à l’époque, a été caillassé pendant une visite à l’université palestinienne de Bir Zeit après avoir qualifié le Hezbollah de mouvement terroriste.

Si seule la vérité rend libre, comme disait un habitant du coin, il y a déjà 2000 ans (voir Jean 8.32), alors oui, tous les Palestiniens sont prisonniers de fait…

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