Une page se tourne. Toute élection présidentielle permet de dévoiler les débats qui occuperont les années à venir. Mais celle que nous venons de vivre annonce peut-être une véritable rupture, en tout cas le basculement d’un système politique trentenaire vers un autre. À droite comme à gauche, les lignes bougent. De nouvelles frontières organisationnelles et idéologiques se superposent aux anciennes. Il faut donc tenter d’éclairer ces clivages qui structureront demain le champ politique.

À droite, la défaite de Nicolas Sarkozy ouvre une période de troubles et de recomposition, dans laquelle le (nouveau) Front national joue déjà le premier rôle, à travers les thématiques qu’il a imposées à la campagne. En effet, l’enjeu décisif est le poids d’une droite identitaire qui mise sur les « valeurs » et sur une identité nationale conçue comme un espace fermé fondé sur la communauté de « sang » – qui s’incarne dans la notion de « droit du sang ». Bref, à droite, l’idée identitaire a de beaux jours devant elle, surtout si la lente destruction des frontières nationales par la mondialisation et la construction européenne se poursuit, charriant avec elle de l’insécurité − ressentie ou réelle, peu importe −, de la peur et, comme toujours en pareil cas, du racisme, de la xénophobie, de la haine de l’autre.

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