Quantcast
Home Politique Loi Fioraso : le PS dans le sillage de l’UMP


Loi Fioraso : le PS dans le sillage de l’UMP

Loi Fioraso : le PS dans le sillage de l’UMP

fioraso anglais universite

On s’étonne qu’une droite passée dans l’opposition soit si agressive à l’endroit d’une gauche arrivée au pouvoir… étant donné que celle-ci continue et amplifie sa politique dans les domaines les plus scabreux. Non seulement le Président de la République a ratifié en 48 heures le traité « Merkozy » qu’il devait « renégocier », mais, dans d’innombrables domaines, nous voyons le pouvoir actuel se comporter en élève discipliné du système eurocratique qui dépouille peu à peu la France de son indépendance. On a beaucoup critiqué le débat sur l’identité nationale organisé par le précédent gouvernement. Il fut brusquement interrompu lorsqu’un sondage montra que les Français s’identifiaient à 80 % à la langue française, loin devant tous les autres référents (République, laïcité, drapeau, Marseillaise).[access capability=”lire_inedits”]
Dans l’article 2 de la loi en cours de discussion sur la recherche et l’enseignement supérieur, Geneviève Fioraso prétend autoriser et universaliser l’usage de l’anglo-américain aux dépens de la langue française. Elle s’inscrit ainsi dans la lignée de Valérie Pécresse, qui occupait les mêmes fonctions dans le gouvernement Fillon. Mme Pécresse n’avait fait que contourner la loi du 4 août 1994, dite « loi Toubon », sur l’emploi de la langue française. Mme Fioraso inscrit dans la loi même ce déni de droit – posant ainsi un acte anticonstitutionnel puisque contraire à l’article 2 de notre Constitution, qui énonce que la langue de la République est le français. On voudrait croire que l’enseignement en France est encore républicain…
Michel Serres a très justement observé qu’à partir du moment où le français sera exclu de l’enseignement supérieur, c’est-à-dire cessera de donner accès à tous les domaines et à tous les moyens de la connaissance, il cessera d’être une langue vivante. On dirait qu’une fois de plus, nous nous alignons sur l’Allemagne. Dans un discours du 22 février 2013, son président, Joachim Gauck, recommande à son peuple le passage à l’anglo-américain comme langue commune à tous les âges et dans toutes les circonstances de la vie. Toutefois, précise-t-il, chacun pourrait dans l’intimité conserver sa langue maternelle « avec toute sa poésie ». Une telle mansuétude augure des bienfaits de l’Europe fédérale, pur produit de l’empire anglo-américain.[/access]

*Photo : Parti socialiste.

Juin 2013 #3

Article extrait du Magazine Causeur


Vous venez de lire un article en accès libre.
Causeur ne vit que par ses lecteurs, c’est la seule garantie de son indépendance.
Pour nous soutenir, achetez Causeur en kiosque ou abonnez-vous !
Previous article Trois bonnes raisons d’exploiter le gaz de schiste
Next article Clément Méric, mort et récupéré
est écrivain, ancien Commissaire général de la langue française. Dernier ouvrage paru : Juin 40 ou les paradoxes de l’honneur, CNRS éditions, 2010.

RÉAGISSEZ À CET ARTICLE

Le système de commentaires sur Causeur.fr évolue : nous vous invitons à créer ci-dessous un nouveau compte Disqus si vous n'en avez pas encore.
Une tenue correcte est exigée. Soyez courtois et évitez le hors sujet.
Notre charte de modération