#JeSuisCharlie, #JeSuisMila, #JeSuisValeursActuelles


Je n’ai aucune sympathie pour Danièle Obono, et une profonde aversion pour la plupart des thèses qu’elle défend. Pour autant, j’ai été choqué de voir une députée de la République française représentée en esclave, même pour illustrer une fiction qui ne fait que la confronter à ses propres théories. Sans illusions sur certaines des personnes qui occupent cette fonction élective, je me sens néanmoins tenu à un certain respect envers la fonction elle-même, et ce respect m’oblige. J’ai donc été choqué.

Inconfort personnel mineur

Et alors ? Valeurs Actuelles, comme d’ailleurs n’importe quel organe de presse, voire n’importe quel particulier, a parfaitement le droit de me choquer, de me scandaliser, de m’indigner même, qu’importe. Et heureusement ! La liberté d’expression n’a pas à s’arrêter là où commencent mes pudeurs personnelles ou pire encore, ma susceptibilité. Si, demain, des contradicteurs jugeant mon admiration pour l’Antiquité excessive, malavisée ou naïve, voulaient la critiquer en m’imaginant esclave maltraité dans l’Athènes de Périclès, ou prisonnier de guerre des romains, souffrant dans une geôle de l’Empire pendant que Plutarque rédigeait ces traités que j’affirme être le sommet de la réflexion théologique humaine, qu’ils le fassent. Serais-je choqué ? Peut-être. Mal à l’aise, assurément. Mais cet inconfort personnel mineur justifierait-il une levée de bouclier massive invoquant les plus grands principes de la République ? Certainement pas. La liberté d’expression, condition indispensable à la confrontation des idées et donc à la démocratie, ne saurait être limitée par la crainte de choquer ou de mettre mal à l’aise, sans quoi le débat public serait pris en otage par les plus susceptibles, qui brandiraient leurs tabous personnels pour les imposer à tous, et bientôt c’est la liberté de pensée elle-même qui ne serait plus qu’un vague souvenir. Toute ressemblance avec la situation actuelle, notamment Outre-Atlantique, n’est pas forcément fortuite…

Il en irait tout autrement si le texte ou le dessin incriminés appelaient au rétablissement de l’esclavage, ou affirmaient une quelconque infériorité de telle ou telle personne sur la base de sa couleur de peau. Que Danièle Obono et tant de ses proches réduisent les individus à cette pigmentation de moins d’un millimètre de profondeur n’autorise pas leurs adversaires politiques à faire de même. Mais il faut une grande ignorance de ce qu’est la littérature et une énorme mauvaise foi pour accuser Valeurs Actuelles de défendre ce dont ils montrent justement l’absurdité en prenant au pied de la lettre les positions de Danièle Obono, et en la piégeant – fictivement – dans ses propres contradictions. Au demeurant, il y a une incontestable hypocrisie à ce que Danièle Obono s’offusque du texte et des dessins de Valeurs Actuelles, alors qu’elle défendait sans sourciller la liberté d’expression du rappeur Médine chantant « crucifions les laïcards comme à Golgotha » et « Marianne est une femen tatouée fuck god sur les mamelles ». On pourrait cr

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