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Les “Triplés” dans le collimateur de la cancel culture

Les “Triplés” dans le collimateur de la cancel culture
Aperçu d'une page des Triplés dans "Madame Figaro". Image: capture d'écran.

On peut se demander si cette rage destructrice, qui se drape de la toge de l’indignation, ne s’abreuve pas surtout à une incapacité à entendre, comprendre et s’approprier le passé…


Après “Tintin au Congo”, “Autant en emporte le vent”, “Les Aristochats”, l’Opéra de Paris, “Mahomet” de Voltaire, ou encore “Grease”, c’est à présent aux “Triplés” du Figaro de se retrouver dans le collimateur des thuriféraires de la cancel culture [tooltips content=”On vous a reproché de dessiner une famille modèle, pas très représentative de la société française. Et alors ? Je n’ai aucune haine sociale. Moi j’avais envie de parler de l’art de vivre français. On m’a reproché d’avoir fait une mère aussi jolie. Évidemment toutes les mères ne sont pas aussi élégantes et aussi jolies, mais pour les enfants, leur mère c’est toujours la plus belle, donc je dessine la plus belle des mamans. Je ne comprends pas pourquoi les gens boudent leur plaisir. Nicole Lambert dans Ouest-France, janvier 2021″](1)[/tooltips].

Héééé, oui ! Trop blonds, trop proprets, trop bien élevés, les « Triplés » ne seraient pas représentatifs de la vraie famille française. On apprend donc que les BD et cartoons ont pour vocation d’être « représentatifs ». Ça va chauffer pour Flash Gordon…

Le bon sens voudrait que si telle ou telle œuvre vous insupporte, vous ne la lisiez, ne l’écoutiez ou ne la regardiez pas, point. Mais ce serait trop simple ! Ce n’est pas vous, vous qui êtes choqué, qui devez vous abstenir, c’est le reste de l’humanité.

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Car à l’instar des Vandales ou des islamistes, les nouvelles duègnes veulent la disparition des œuvres qu’elles jugent choquantes. 

Bien sûr, il convient, depuis la fin des années 60, de faire table rase de la culture judéo-chrétienne, mère de tous les vices et de tous les fléaux, comme chacun sait. Cette destruction du passé et des racines devrait permettre le surgissement d’une humanité nouvelle, débarrassée des scories occidentales (voire des Occidentaux, tant qu’à faire), festive, soumise, peu instruite, sans attaches durables et totalement interchangeable, sans distinction d’âge, de race ou de sexe. Finis la transmission et les patrimoines de toute sorte, génétiques, culturels ou financiers, et vive l’Open Society ! 

N’empêche que l’on peut se demander si cette rage destructrice, qui se drape de la toge de l’indignation, ne s’abreuve pas surtout à une incapacité à entendre, comprendre et s’approprier ce passé, ces traditions et cette culture, bref, si ce n’est pas tout simplement la bêtise et l’ignorance qui, une fois encore, traquent le génie, le talent, la beauté ou tout simplement la joie de vivre.


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Romancière et scénariste belge, critique BD et chroniqueuse presse écrite et radio. Dernier roman: Sophonisbe.

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