Samir Nasri. photo : Ronnie Macdonald (Flickr)

Le procès intenté à Laurent Blanc n’est pas seulement injuste, il est scandaleux. Comme souvent, quelques Torquemada de bac à sable se sont jetés sur une proie. Pourtant, la binationalité dans le football est un problème réel. Quant à la volonté de diversifier les profils techniques et physiques des joueurs, je la trouve pour ma part fort louable.

Laurent Blanc est accusé d’avoir approuvé le principe d’une limitation par voie de quotas du nombre de joueurs susceptibles d’opter pour une sélection étrangère, autrement appelés « binationaux ». Cette idée est peut-être inopportune et inefficace. On devrait néanmoins remercier Laurent Blanc et François Blaquart, directeur technique national, de se soucier du fait que les deniers publics servent la sélection nationale plutôt que les sélections rivales.

Il est par ailleurs totalement faux que les quotas sont rigoureusement interdits dans le football. Certes les quotas ethniques sont illégaux et c’est heureux. En revanche, chaque samedi, les dirigeants des clubs professionnels qui s’affrontent dans les championnats doivent aligner des équipes comportant au plus trois joueurs ressortissants de pays extra-européens. Jusqu’au funeste arrêt Bosman de la Cour de justice de Luxembourg, en 1996, il ne s’agissait pas d’un quota hors-UE mais d’un quota de « non-sélectionnables » en équipe nationale. Huit joueurs sélectionnables en équipe de France devaient donc être alignés par les entraîneurs dans les clubs français.

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