Blessés au plus profond de leur orgueil et n’ayant pas supporté, on les comprend, de voir leur note dégradée et de perdre l’été dernier un A, comme une vulgaire Italie, les USA ont décidé de se venger des agences de notation par l’intermédiaire de leur justice. Troy Davis, un noir de 41 ans, était accusé du meurtre d’un policier en 1989 par neuf témoins dont sept se sont rétractés au cours des années, affirmant avoir été l’objet de pressions policières pour accabler l’inculpé.

Depuis le 30 aout 1991, date à laquelle il avait été condamné à mort[1. Troy Davis a été déclaré coupable, il faut le dire, par un jury majoritairement composé d’afro-américains, une info sciemment oubliée par bien des commentateurs, sans doute parce qu’elle cadrait mal avec leur vision d’un monde en noir et blanc.],Troy Davis attendait dans le couloir du même nom au pénitencier de Jackson (Géorgie), en vivant aux frais du contribuable et en contribuant au creusement des déficits publics étasuniens.

Malgré l’ultime tentative de recours de ses avocats, malgré les appels à la clémence de Benoit XVI, Desmond Tutu et Jimmy Carter, malgré la demande de réouverture du procès par de nombreux juristes ou experts, parmi lesquels on trouve même William S. Sessions, grand patron du FBI au moment des faits incriminés, la Cour Suprême a autorisé que l’on dégrade la note de Troy Davis, et qu’on lui retire, par injection létale, les lettres T, R, O, Y, D, A, V, I et S.

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Jérôme Leroy
Écrivain et rédacteur en chef culture de Causeur. Derniers livres parus: Nager vers la Norvège (Table Ronde, 2019), La Petite Gauloise (Folio Policier, 2019)
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