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Le pouvoir macroniste veut mettre la démocratie sous contrôle parental!


Le pouvoir macroniste veut mettre la démocratie sous contrôle parental!
Le président Macron et le ministre Jean-Noël Barrot au palais de l'Elysée, 25 novembre 2025 © Christian Liewig-pool/SIPA

En donnant le sentiment que ses seules ambitions se résument désormais au verrouillage des réseaux sociaux et des contre-pouvoirs, l’exécutif paraît à bout de souffle.


À l’heure du crépuscule politique d’Emmanuel Macron, le pouvoir ne se contente plus d’accumuler les échecs : il tente désormais de les dissimuler derrière un rideau d’autorité morale et de contrôle institutionnel. « Nous allons mettre au pas les réseaux sociaux », prévient Jean-Noël Barrot, toute honte bue. Face à une défiance populaire massive, nourrie par un bilan économique calamiteux et une perte de repères républicains, l’exécutif choisit la crispation plutôt que la remise en question.

Après des années de promesses de « start-up nation » et de réindustrialisation, la réalité est brutale : explosion de la dette publique, désindustrialisation, pression fiscale record et déclassement des classes moyennes. Le pays s’enfonce dans une croissance atone, tandis que le pouvoir invoque sans cesse des circonstances extérieures pour masquer ses propres renoncements. Le chômage n’a pas flambé, mais à quel prix : précarisation massive, complexification administrative étouffante et recours croissant à la dépense publique financée par l’emprunt. La promesse initiale du macronisme s’est dissoute dans une inflation normative délirante.

Verrouillage institutionnel

L’effondrement de Macron dans les urnes s’accompagne d’un verrouillage inédit des contre-pouvoirs. La nomination d’alliés aux postes stratégiques (Conseil d’État, Conseil Constitutionnel, Arcom, etc) n’est pas acceptable dans une démocratie digne de ce nom. Plutôt que de reconnaître son échec et ses défaites électorales, le pouvoir tente de discipliner les voix dissidentes. Faute de gagner dans les urnes, la macronie verrouille le pouvoir à double-tour.

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La volonté macroniste de « mettre au pas les réseaux sociaux », et en particulier la plateforme X, illustre cette inquiétude face à la perte du monopole narratif. Les « notes de communauté », qui permettent aux utilisateurs de corriger les affirmations publiques, symbolisent un basculement : la parole officielle n’est plus intouchable. Cela semble insupportable à un système habitué à la verticalité. L’indignation sélective contre Elon Musk tranche avec le silence qui entourait jadis les interventions idéologiques de George Soros. L’influence des grandes fortunes en politique ne date pas d’hier : de Matthieu Pigasse à Vincent Bolloré, chacun sait que capital et idées s’entremêlent. Ce qui dérange aujourd’hui n’est pas le principe, mais la perte d’un entre-soi idéologique longtemps préservé.

L’aveuglement face à l’antisémitisme

Tout aussi grave est la réaction tardive, timide ou ambiguë face à la résurgence spectaculaire de l’antisémitisme en France depuis le pogrom du 7-Octobre. Alors que les juifs Français vivent sous protection permanente et que les actes antisémites explosent, le pouvoir se contente de déclarations martiales jamais suivies d’effets. Un chef de l’État ne peut se contenter d’incantations lorsque l’un des fondements moraux de la République – la protection inconditionnelle de ses citoyens – vacille.

Sur le plan international, l’image de la France est tout aussi écornée. Alors qu’Israel mène une lutte existentielle contre les islamistes du Hamas, notre politique étrangère fait honte. La solidarité affichée dans les premiers jours a rapidement laissé place à des équilibres rhétoriques difficiles à comprendre. Les déclarations du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, prompt à dénoncer une supposée « internationale réactionnaire », semblent davantage guidées par des considérations politiques internes (ne mettons pas le feu aux banlieues) que par une ligne diplomatique respectable. Dans un contexte où une démocratie, Israël, affronte une organisation islamiste dont la charte même appelle à sa destruction, l’ambiguïté n’est pas acceptable.

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Qualifier toute contestation d’« ingérence étrangère » ou de manipulation réactionnaire relève d’un réflexe défensif. Lorsque le pouvoir ne parvient plus à convaincre, il soupçonne. Lorsque le débat s’envenime, il moralise. Cette stratégie ne restaure ni l’autorité ni la confiance ; elle creuse le fossé entre gouvernants et gouvernés.

La tentation liberticide

Interdire, censurer, invectiver davantage : ces réponses traduisent moins une force qu’une inquiétude. Le pouvoir est au bout du rouleau et n’en mène pas large. Au crépuscule du « en même temps », le successeur de Macron devra restaurer la crédibilité d’un État affaibli par ses propres lâchetés et contradictions. Bonne chance au prochain locataire de l’Elysée : il en aura besoin.



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Romancier, journaliste, conseiller politique, createur de l'Université du Futur

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