Il y a quelque chose de mystérieux derrière les lumières de Noël et du Nouvel An.

Petits, nous passions des heures à rêver derrière les vitrines aux jouets animés. Notre imagination sans limite nous faisait oublier les ficelles qui tenaient les marionnettes et nous partions dans des mondes étonnants où les nounours, nos héros, s’enfonçaient vaillamment.

Aujourd’hui, nos yeux cherchent encore la magie d’antan. Mais les vieux sont trop sérieux, Peter Pan et les autres nous l’ont bien assez répété. Alors, les parents se penchent au dessus de l’épaule de leurs bébés et espèrent retrouver en eux ce qu’ils ont laissé de côté.

Il reste quand même quelque chose, un petit truc curieux, quand on interroge une décoration de Noël. La guirlande n’est pas tout à fait une simple compilation de lampions. Elle semble murmurer qu’elle a une autre légitimité. La guirlande veut  rappeler la chaleur d’un intérieur dans le noir d’une soirée d’hiver. Elle suggère d’être accompagnée d’un crépitement incandescent  et d’un parfum de sapin. Prétentieuse, elle se prend souvent pour une filée de petits phares, rassurants.

Certainement, la guirlande craint le kitch abrutissant des cerfs bleus galopant et  des petits nains au bout du nez illuminé. Elle devient même un rien grotesque, quand on la prend pour une danseuse du ventre mal fringuée en plein cœur des Champs Elysées. Mais cantonnée à la simplicité, elle est une flamme brève qui réchauffe nos pensées. Une lumière rapide qui éclaire notre soirée.

La guirlande est un peu menteuse aussi, elle fait illusion à travers la fenêtre. Elle prétend que de son côté, le monde est merveilleux. L’intérieur décoré, vu de dehors, a toujours l’air douillet. Entrez voir, vous verrez, l’autre versant n’est pas toujours aussi gai. C’est la séparation, la vitrine, qui fait croire qu’il fait meilleur de l’autre côté du miroir.

Pour certains chanceux, l’intérieur est aussi chaleureux que ce que ses lumières voulaient bien faire voir, du trottoir. C’est alors encore plus douloureux pour ceux qui restent dehors. Pour les garçons sans chaussons et les filles aux allumettes.

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