Chaque semaine, Philippe Lacoche nous donne des nouvelles de Picardie…
Nous sommes chez le peintre Danielle Borla Hurel, dans son bel appartement du centre-ville d’Amiens. Il y a des œuvres (tableaux, sculptures, objets, etc.) dans tous les coins. Ma Sauvageonne en profite ; elle fouille, retourne les toiles, les contemple, les observe. Je la contemple ; je l’observe. Elle m’amuse mais je ne dis rien. A mon tour, je regarde les œuvres ; ce sont celles de Danielle qui m’intéressent. Ses jolis tableaux inspirés par la mer, qu’elle signe du simple nom Hurel, m’émeuvent. Des bleus souvent tendres, ou plus éclatants, ou carrément sombres. Selon la marée de son humeur, peut-être. Elle sort une bouteille de crémant. On discute. Je l’interroge sur sa vie, son œuvre, son parcours. Née en 1944, elle a suivi une formation de secrétaire, métier qu’elle a exercé quelques années avant d’aménager des plateaux. Elle a également été responsable d’une boutique, rue de Seine, à Paris, puis s’est mise à créer des bijoux, « ce de façon naturelle, sans dessins préalables, et de manière autodidacte. Ça a très bien marché », dit-elle. « J’ai commencé à peindre ; c’était il y a une douzaine d’années », continue-t-elle, précisant que son peintre préféré est Nicolas de Staël et qu’elle ne se considère pas comme une artiste mais comme une simple artisane. « Je suis autodidacte. Mon thème de prédilection ? La mer. Je dis toujours que mon âme est faite d’embruns. Comme technique, j’utilise la peinture acrylique sur un support carton ; j’utilise aussi la matière que j’ai sous la main : du sable, des cailloux, du tissu. »
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La première année, elle n’a cessé d’exposer à raison d’une exposition par mois, un peu partout en Picardie (Amiens, Corbie, Boves, Bertangles, Saint-Fuscien, etc.) mais aussi à Mons, en Belgique, et en Bretagne. « Je ne travaille pas avec des pinceaux mais avec des outils de carreleur. J’utilise de l’argile, du plâtre, tout ce que j’ai sous la main. Ma peinture est contemporaine mais elle part toujours du réel. Je prends souvent des photos. Je m’en inspire, puis je divague. Il y a donc une partie de réel ; une autre, d’imaginaire. » Depuis le 7 janvier et jusqu’au 27 février, elle expose au musée Lombart, à Doullens, dans la Somme (03 22 77 02 55). Elle y présente cinq ou six grandes toiles, et une vingtaine de petites, toutes sur le thème de la mer. Le vernissage aura lieu le samedi 17 janvier, à 11 heures. Vous savez ce qu’il vous reste à faire…

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