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Victoire de Keira Bell contre les médecins d’une «clinique du genre»

Un genre de victoire

Victoire de Keira Bell contre les médecins d’une «clinique du genre»
Keira Bell Photo: D.R.

Royaume-Uni: désormais, il faudra s’en remettre à la justice avant de soumettre un corps sain d’enfant à des manipulations médicales. Keira Bell réclamait justice à la clinique qui lui a fait changer de sexe trop vite


Keira Bell rêvait d’être un garçon. À 16 ans, la jeune Anglaise est reçue au GIDS (« Gender Identity Development Service »), clinique publique dédiée aux enfants « présentant des problèmes d’identité de genre ». Après trois séances de psychothérapie, on la dirige vers un service d’endocrinologie pédiatrique qui lui administre des bloqueurs de puberté, puis des injections de testostérone. À 20 ans, on lui prescrit une double mastectomie. À 23 ans, Keira déplore son état hybride, entre deux sexes, dans ce corps de femme pourvu d’une voix d’homme et de cicatrices en guise de seins, et veut éviter aux autres ce « parcours de torture ». Aussi a-t-elle intenté une action en justice contre le GIDS pour l’avoir orientée hâtivement vers des traitements délétères.

La Haute Cour de justice anglaise lui a donné raison. L’arrêt rendu le 1er décembre 2020 contrecarre l’action des associations transgenres qui, à coups de procès en transphobie, avaient réussi à étouffer le débat médical autour de la dysphorie de genre et à imposer l’idée folle selon laquelle certains « naissent dans le mauvais corps ». Ce jugement est une victoire pour la protection des mineurs. Le texte établit que les bloqueurs de puberté ne sont pas « une pause pour laisser le temps à l’enfant de choisir son sexe », comme l’affirme la propagande. Ils ont des effets physiques et psychiques ravageurs. Un jeune de moins de 16 ans n’a pas la maturité suffisante pour donner son consentement à une médication dont il ne peut appréhender les effets sur sa libido, sa fragilité osseuse, sa fertilité. La Cour a qualifié les bloqueurs de puberté de « traitements expérimentaux ».

Désormais, il faudra s’en remettre à la justice avant de soumettre un corps sain d’enfant à des manipulations médicales. On ne peut s’empêcher de se demander comment on en est arrivé là. Ce procès n’est pas la première réplique judiciaire du tsunami provoqué par cette théorie du genre qui veut nier nos fondements biologiques. Et ce ne sera certainement pas la dernière.

Janvier 2021 – Causeur #86

Article extrait du Magazine Causeur


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est journaliste

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