Tout juif doit avoir deux synagogues dans sa vie : celle où il va prier et celle où il ne mettra jamais les pieds. J’ai pensé à cette blague, dans la matinée du vendredi 5 mai, en voyant arriver un courrier électronique intitulé : « Au nom du Judaïsme et de la République. » Mazette ! Quelle cause pouvait bien justifier que l’on convoquât de si hautes instances, quelques heures avant la clôture de la campagne électorale ? Les signataires, qui exercent des responsabilités au sein d’institutions communautaires ou culturelles (ce qui, apparemment, autorise à s’exprimer au nom du Judaïsme), entendaient « rappeler à tous les juifs de France meurtris par la violence antisémite islamiste que l’inquiétude pour leur avenir ne devait pas les conduire à céder à la tentation du pire ». Sans doute avaient-ils découvert avec effroi qu’une fraction, certes réduite mais en croissance, de la jeunesse juive, bravant leurs interdits moraux, avait rejoint l’électorat du FN, parti qu’elle considère comme plus à même de contrecarrer la progression de l’islamisme. À lire leurs exhortations, on avait l’impression que voter Macron était devenu le 11e commandement (et le faire savoir le 12e). Le plus marrant, c’est qu’au même moment, l’Église

Article réservé aux abonnés

85 % de l’article reste à lire…

Pour poursuivre la lecture de cet article Abonnez-vous dès maintenant.

ABONNEMENT 100% NUMERIQUE
  • Tout Causeur.fr en illimité
  • Le magazine disponible la veille de la sortie kiosque
  • Tous les anciens numéros
3 €80par mois
Mai 2017 - #46

Article extrait du Magazine Causeur