Les accusations en islamo-gauchisme qui rendent furieux le parti EELV se vérifient dans les faits! La ville de Strasbourg vient d’allouer une subvention de 2,5 millions d’euros à la construction de la mosquée Eyyub Sultan, dans le quartier de la Meinau. Céline Pina rappelle que les édifices immenses sont là pour faire passer un message de domination, et dénonce la compromission de la mairie de Strasbourg.


C’est le festival des hypocrites à la mairie de Strasbourg. Quand la capitale alsacienne se voit reprocher le vote d’une subvention de plus de deux millions et demi d’euros pour l’édification d’une mosquée gigantesque, la maire de Strasbourg joue les ingénues et fait semblant de ne pas comprendre l’émoi suscité. Pour elle tout cela n’est qu’un mauvais procès et elle ne fait que se soumettre au concordat…

Jeanne Barseghian rappelle d’ailleurs que depuis 2008, 22 millions ont été versés aux cultes et prétend, en finançant Milli Görüs, ne faire que respecter un principe d’égalité.

On peut cependant se demander si l’exhibition de l’égalité n’est pas ici le faux-nez du clientélisme. En effet, à Strasbourg, seuls 37% de la population a voté et la maire s’est fait élire à la faveur d’une triangulaire. Toutes les voix comptent pour se maintenir au pouvoir et la stratégie clientéliste est la manière la plus rapide de les acquérir. Elle est surtout la seule qui reste quand vous n’êtes plus en prise avec la population. Faute d’avoir une vision d’avenir à lui proposer ou d’avoir créé un lien qui fait sens, celle-ci a déserté les élections. Dans ce type de configuration, une communauté comme la population turque est précieuse. Pourquoi ? Parce que, comme Erdogan refuse que la génération turque née en France puisse être un jour assimilée, il travaille au corps cette population et ce de deux manières : en lui inculquant un nationalisme féroce et la réislamisant de façon radicale. Du coup, en passant alliance avec cette communauté vous vous assurez un stock de voix car ceux-ci suivent les consignes qui leur sont données. Islamisme et impérialisme sont les deux piliers de la politique d’Erdogan. Et il ne s’en cache pas. Une partie de la population turque est donc instrumentalisée pour servir les intérêts du président turc sur notre sol et sa stratégie d’alliance locale. Deux associations lui servent de relais pour réaliser ces objectifs : le CCMTF, Comité de coordination des musulmans turcs de France, dit Ditib et Milli Görüs, très proche de l’AKP et qui prône l’islam politique des Frères musulmans. Que Milli Görüs soit un relais d’Erdogan et des Frères musulmans en France est de notoriété publique et il faut n’avoir honte de rien pour faire semblant de l’ignorer. Surtout quand on vit à Strasbourg.

Entrisme turc

Strasbourg est en effet au cœur de la stratégie d’entrisme du président turc en France et en Europe, nombre d’articles ont paru dans des journaux tout sauf confidentiels pour analyser cette stratégie d’influence. Mais surtout un certain nombre d’actes ont été posés.

Il y a d’abord eu le scandaleux meeting d’Erdogan à Strasbourg, en 2015, entre les attentats de Charlie et ceux de Paris, intitulé « rencontres citoyennes contre le terrorisme », où Erdogan n’a pas un mot pour les victimes de l’islamisme et s’est prétendu victime du parti des travailleurs kurdes (PKK), qui sont les « terroristes » auxquels le titre de la rencontre fait allusion. Lors de ce même meeting, il se déchaîne contre les Etats européens qu’il fait huer, enchaîne les références religieuses, met en scène les victoires contre les croisés, accuse l’Europe de tous les maux, fait de la Turquie la seule vraie civilisation et termine avec un « un seul drapeau, un seul pays, une seule foi », qui raisonne comme un « ein volk ein reich, ein fuhrer » mais adapté au XXIème siècle. Ce qui n’est pas si étonnant, quand on sait que les Frères musulmans ont été des admirateurs et des alliés des nazis.

On atteint des sommets dans la manipulation et le mensonge

C’est une façon d’affirmer que même installé sur le sol français, c’est au président Erdogan que les Turcs doivent rendre compte. Il faut dire que le président turc est islamiste et qu’il ne s’en cache pas. Il fait régulièrement le geste de salut des Frères musulmans, confrérie dont il est plus que proche et qui l’a désigné comme le meilleur candidat pour le Califat. Autrement dit, pour prendre la tête de son rêve de gouvernement mondial voué à répandre

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