La Kaaba à la mosquée Al-Masjid al-Haram de La Mecque.

Des centaines d’étudiants s’étaient rassemblés, ce soir d’avril 1989, sur le campus pour célébrer la « Journée de solidarité avec la Palestine ». Dans le Maroc universitaire, la cause palestinienne façonnait notre conscience politique.

Mais, autour de l’estrade, nous n’étions pas que des étudiants ; des hommes armés de couteaux s’étaient infiltrés avec la farouche volonté d’en découdre avec ceux qu’ils nommaient des « infidèles » parce qu’ils se revendiquaient du marxisme-léninisme. Alors qu’un étudiant s’était autorisé à jouer avec des mots empruntés aux versets coraniques, il fut interrompu et menacé par des individus qui, transcendés par une pseudo-volonté divine, n’en étaient plus.

De ces cris assourdissants et de cette foule en mouvement, une image m’est restée en mémoire, celle d’un visage vêtu d’une longue barbe, accomplissant un mouvement brusque, du bas vers le haut, à destination du bas de mon ventre, avec son couteau fermement tenu. Et pour donner tout son sens à son geste, il l’accompagnait de cette formule spécifique aux rituels religieux de l’islam : « Au nom de Dieu clément et miséricordieux ! »

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