(Avec AFP) – Plus de 2 000 migrants ont traversé hier la frontière serbe pour entrer en Hongrie, a annoncé la police magyare. Un record absolu équivalent au nombre de migrants venus dans le pays sur toute l’année 2012 ! Cette arrivée massive intervient quelques jours avant l’achèvement, prévu le 31 août, d’une barrière destinée à empêcher l’entrée des migrants en Hongrie.

Ces migrants font partie d’une vague de quelque 7 000 personnes tentant de passer en Europe occidentale et dont le voyage a été bloqué la semaine dernière quand la Macédoine a déclaré l’état d’urgence et fermé ses frontières, après avoir été submergée par l’afflux de réfugiés. « Nous avons été stoppés en Macédoine pendant deux jours. Les émeutes étaient terribles, la police a eu recours aux armes et aux gaz lacrymogènes », a affirmé un ingénieur informatique irakien de 29 ans. « J’ai vu une vieille femme être battue, on lui a pris son argent et ses papiers », a ajouté le jeune homme qui a fui sa ville de Mossoul pour échapper aux jihadistes de l’Etat islamique.

De toute évidence, l’intransigeance du Premier ministre Viktor Orban n’empêche pas l’afflux de réfugiés vers la bordure orientale de l’Union européenne. Certes, les lois pour accorder l’asile aux migrants ont été durcies, et des amendes imposées pour le franchissement illégal de la frontière, mais bien que Budapest envisage de fermer les camps permanents de réfugiés, le flot humain ne se tarit pas. Dans une proportion moindre que la Méditerranée, l’Europe de l’est est en passe de devenir le corridor des réfugiés moyen-orientaux en quête d’une vie meilleure en Occident. Pendant ce temps, François Hollande, Angela Merkel et la Commission européenne compte les allées et venues et la Première secrétaire des Verts Emmanuelle Cosse appelle à ouvrir grand les frontières. Au prétexte que « nous sommes un pays extrêmement riche qui a des capacités d’accueil extrêmement fortes » (et vote massivement pour le Front national), la patronne du parti dit écologiste prend modèle sur le Liban, qui « accueille (comme réfugiés) plus d’un quart de sa population ».

Des citoyens de seconde zone ayant précipité la Suisse du Moyen-Orient dans la guerre civile, voilà un précédent historique qui ne manquera pas de rassurer nos concitoyens. Mais il faut croire que « ce n’est pas en posant la question du nombre que l’on répond» à la crise « car ça laisse entendre que c’est un afflux de populations» dixit Cosse. Chez les Verts, on prend les immigrés clandestins pour des canards sauvages…

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Daoud Boughezala
est directeur adjoint de la rédaction et rédacteur en chef de Causeur.