En février dernier Najat Vallaud-Belkacem, alors porte-parole de François Hollande, avait comparé Nicolas Sarkozy à Vladimir Poutine : selon elle, on retrouvait chez les deux hommes la même « brutalité des méthodes ». Pour les socialistes, Vladimir Poutine fait en effet figure de croquemitaine : il est vilain, méchant et brutal. On se souvient des prises d’otages au Théâtre de Moscou, en 2002, et dans l’école de Beslan en 2004 : les forces spéciales russes n’avaient pas hésité à donner l’assaut, causant ainsi, d’après les détracteurs du président russe, la mort de plusieurs centaines d’otages.

Après la prise d’otages sur le complexe gazier d’In Amenas, alors que tous les gouvernements étrangers, de Washington à Tokyo, ont sévèrement critiqué l’opération menée par l’armée algérienne, François Hollande s’est montré très conciliant avec le gouvernement algérien : pour lui, l’Algérie « a eu les réponses adaptées». Peu importe que plusieurs dizaines d’otages aient été tués. Ainsi, nous découvrons ébahis que François Hollande apprécie des méthodes brutales dignes de Vladimir Poutine ! Pour un peu, il se dirait prêt à aller buter les terroristes jusque dans les chiottes ! Comme quoi, la guerre, ça vous change un homme.

Encore un petit effort et François Hollande, chef de guerre, n’aura plus la trouille au moment de nommer l’ennemi contre lequel nos troupes se battent. Car il est trop facile de ne parler que de  « terroristes » , un peu comme on parle de « rebelles » en Syrie. Encore un petit effort, donc, et il aura enfin le courage de préciser que les terroristes sont des islamistes et qu’ils se réclament de l’islam. N’en déplaise au Conseil français du culte musulman qui s’est félicité, dans un communiqué, que le Président de la République « évite de qualifier d’islamistes les éléments terroristes visés par l’intervention ». Alors, à l’instar de Vladimir Poutine, qui est cohérent lorsqu’il ne veut pas aider les rebelles en Syrie mais propose son aide à la France au Mali, François Hollande désignera clairement l’ennemi sans craindre de froisser les uns ou les autres, et il commencera peut-être à ressembler, vaguement, à un chef d’État.

 

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