C’est peu dire que le premier rapport sur le harcèlement sexiste et les violences sexuelles dans les transports en commun rendu hier par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes a bouleversé ma vie. Jusqu’à sa publication, j’étais convaincue d’être une femme comme une autre, une femme tout court, bref, une femme… Une Parisienne aussi comme une autre, habituée à prendre les transports en commun en talons aiguilles, en jupe, et même, à l’occasion, en robe légère. J’ai du mal à l’avouer, mais le fait est que, s’il m’arrivait de me sentir anxieuse à l’idée de prendre le métro, c’était en raison des risques – quasi illimités, frustrants, impossibles à maîtriser et, pour finir, décourageants – de coincer mon talon entre deux marches de l’Escalator ou de le casser sur une grille de protection de la canalisation. Honte à moi ! Non pas que j’ignorais l’immensité de la souffrance féminine à travers le monde. Quand on érige des lois qui protègent les femmes au même titre que les enfants et certaines espèces animales menacées d’extinction, c’est qu’il y a lieu de le faire, particulièrement dans les pays développés, où on oublie trop souvent l’extrême fragilité de la gent féminine. Pourtant j’étais naïve, inconsciente même. Je croyais que les surfaces inégales, grillages et autres obstacles matériels constituaient le principal danger guettant les utilisatrices des transports en commun à Paris et en Île-de-France.

*Photo : Sipa/00597452_000028

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Paulina Dalmayer
est journaliste et travaille dans l'édition.
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