D’après, l’AFP, qui affirme avoir recueilli des informations fiables de sources proches de l’enquête, le pilote de l’Airbus de Germanwings qui s’est écrasé avant-hier dans les Alpes de Haute Provence était bloqué à l’extérieur du cockpit au moment du crash, le copilote, lui, étant enfermé seul dans la cabine.

« Au début du vol, on entend l’équipage parler normalement, puis on entend le bruit d’un des sièges qui recule, une porte qui s’ouvre et se referme, des bruits indiquant qu’on retape à la porte, et il n’y a plus de conversation à ce moment-là jusqu’à l’écrasement », a déclaré cette source anonyme qui aurait eu accès aux enregistrements de la boîte noire

Quelques heures auparavant, le New York Times avait publié sur son site des informations allant dans le même sens, toujours en provenance d’une source proche de l’enquête : « Le type à l’extérieur a d’abord frappé doucement à la porte et il n’y a pas de réponse, rapporte le quotidien new-yorkais. Alors ensuite, il a frappé plus fort à la porte et pas de réponse. Il n’y a jamais eu de réponse. »

Selon ces deux sources, il semble donc que quelques minutes avant la catastrophe , le pilote soit sorti de la cabine, probablement pour se rendre aux toilettes, et qu’il n’ait pas pu réintégrer son poste, faute de pouvoir accéder à la cabine. Les portes des cabines sont pratiquement impossibles à ouvrir de l’extérieur suite aux mesures de sécurité prises après le 11 septembre.

Ces fuites en provenance de la commission d’enquête interviennent quelques heures après une conférence de presse du Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) au Bourget, où peu d’infos avaient étaient divulguées, hormis la confirmation de l’existence d’enregistrements utilisables dans la boîte noire retrouvée sur les lieux du drame par les gendarmes.

Si les fuites recueillies par le NYT et l’AFP s’avéraient  fiables, plusieurs hypothèses sont possibles, toute liées au copilote : malaise, suicide, geste terroriste.

Les conjectures plus ou moins sérieuses fusent de partout sur les réseaux sociaux, alimentées par le mutisme absolu des enquêteurs sur l’identité du copilote, dont on sait seulement qu’il était entré récemment chez Germanwings.

[Mise à jour 13h40 : En conférence de presse, le procureur de Marseille a expliqué que le copilote, seul aux commandes, avait actionné volontairement la descente de l’avion, ce qui « peut s’analyser comme une volonté de détruire l’avion ».]

*Photo : Frank Augstein)/FAS112/573976645989/1503251607

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Marc Cohen
est rédacteur en chef de Causeur.est rédacteur en chef de Causeur. Pilier du Groupe d’Intervention Culturelle Jalons, il a notamment été rédacteur en chef de "L’Idiot International ".