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Georges Lupin et Arsène Descrières

Georges Descrières est mort. On va être honnête, pour moi et pour beaucoup d’autres, ça veut dire que c’est Arsène Lupin qui est mort, en fait. Au début des années 70, le charme chic, décontracté, subtilement ironique de Descrières avait donné au gentleman cambrioleur de Maurice Leblanc une seconde jeunesse bien méritée en le faisant découvrir aux plus jeunes –catégorie à laquelle votre serviteur appartenait alors.

Plus encore que la chanson de Dutronc – Puis avant de partir, après ses coupables travaux, il laisse un mot sur le piano – qui accrut encore le côté culte de la série, c’est pour moi le générique du début de chaque épisode qui agit comme une madeleine et reste associé aux dernières années heureuses de la France d’avant le choc pétrolier comme les premiers Lupin témoignaient des instants ultimes de la Belle Époque avant le carnage de 14.

Georges Descrières, jouant Arsène Lupin, pour le petit garçon que j’étais alors, eut une influence décisive et désastreuse sur mon rapport au luxe, aux femmes et à l’ordre social. Seul un surmoi familialo-marxiste m’empêcha de sombrer définitivement dans cet anarchisme de droite dandy et cocardier, sensuel et joyeux. Français, pour tout dire.

Je ne sais pas si je dois m’en réjouir.


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Jérôme Leroy est écrivain et membre de la rédaction de Causeur. Dernier roman publié: Vivonne (La Table Ronde, 2021)

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