Longtemps, j’ai défendu François Hollande envers et contre tous. Et toutes ! (Suivez mon regard…) Social-démocrate assumé, je voulais croire que le deuxième président socialiste de la Ve République parviendrait à amener enfin la gauche française à l’âge de raison : n’en déplaise à la doxa, des mesures d’inspiration libérale se révèlent parfois plus efficaces que des mesures d’inspiration étatiste, par exemple dans le cadre de la lutte contre le chômage…

Certes, Hollande a eu du mal à se glisser dans les habits de chef d’État. « Toi et ton chef de rayon », me répétait un pote hollandophobe. J’aimais au contraire que le nouveau président ne soit pas une caricature de macho, à l’inverse de ses deux prédécesseurs, Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac, dont le bilan en termes de réformes se résumait à pas grand-chose. Certes, Hollande a très vite été lui aussi un adepte des demi-mesures. Mais j’appréciais que son bras ne tremble pas en matière de politique étrangère, comme il l’a prouvé au Mali ou en Centrafrique. S’il se montrait manœuvrier dans le domaine intérieur, c’était à cause de sa vraie-fausse majorité parlementaire. À l’épreuve du pouvoir et sous la conduite d’un président que je savais subtil derrière une apparence pataude, les yeux des députés socialistes finiraient par se dessiller.

Mais aujourd’hui je dis stop. Adieu, Hollande ! Trop d’habiletés tuent l’habileté. En cette fin de quinquennat, on découvre que l’hôte de l’Élysée a passé beaucoup de temps à recevoir des journalistes dans l’espoir, probablement, qu’ils sculptent sa statue.

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est journaliste et essayiste.Auteur des Beaufs de gauche et de La Gauche et la préférence immigrée.