Samedi soir, la convocation de Florian Philippot sur le plateau d’« On n’est pas couché » tenait tantôt de la garde à vue, tantôt du procès pour crime contre l’humanité.

Florian Philippot – On n’est pas couché 18 mars… par onpc

Concédant que le numéro du Front national n’était ni raciste, ni homophobe (!), les accusateurs publics Ruquier, Burgraff et Moix se sont consolés en faisant assaut de reduction ad hitlerum en direction de « la base » du FN, prétendument nazie.

Dérapages antiracistes

L’amalgame entre Philippot et Goering, un comble pour un mouvement dont le programme économique voudrait faire la nique à l’Allemagne ! Passé à la question, le vice-président du Front national a dû renchérir sur le terrain vivre-ensembliste, compensant à qui mieux-mieux les sorties négationnistes d’un cadre niçois par des dérapages antiracistes. Valls ? Un facho invétéré obsédé par la race, étant entendu qu’évoquer les « blancs, les whites, les blancos » aurait dû le priver de toute carrière politique et lui valoir un exil au bagne de Cayenne. La France ? Une idée déconnectée de tout substrat ethno-culturel. A ce tarif-là, De Gaulle, thuriféraire d’un pays de « race blanche, de culture gréco-latine et de religion chrétienne » où les minorités devraient rester des minorités, serait un Günther en puissance. L’immigration ? Un fléau purement économique qui pèse sur le pouvoir d’achat du travailleur français. Jean Raspail, l’auteur du Camp des saints ? Un infréquentable que Marine Le Pen – ou plutôt son père – a sans doute lu d’un œil distrait.

Son marxisme culturel ne le sauve pas

Mais ces accents de Georges Marchais new look n’ont pas suffi à tempérer les ardeurs du Comité de salut public cathodique. Atteint par la fièvre du samedi soir, le trio de l’émission s’est pris pour le tribunal de Nuremberg, à ceci près que les dignitaires nazis avaient droit à un avocat et pouvaient répondre aux questions des magistrats sans être coupés. Las, Philippot, auteur d’une prestation très moyenne, a à peine pu esquisser son programme, occupé qu’il était à répondre à l’offensive groupée des animateurs et du tandem d’invitées Isabelle Mergaut/Clémentine Célarié. Les deux saltimbanques, drapées dans leur indignation, ont  eu des haut-le-cœur à la seule vue du pauvre Philippot, en rien disculpé par son marxisme culturel. Tandis que Mergaut se targuait de faire apprendre l’arabe à sa fille noire (sic), Célarié a carrément refusé de serrer la main du méchant frontiste avant de déclarer avoir craché dans son verre.

N’ayant pas la vocation d’un inquisiteur, je ne lui intenterai aucun mauvais procès, quoique l’actrice quasi-sexagénaire répugne peut-être à effleurer des homosexuels séronégatifs.

La scène de samedi a finalement donné raison à Manuel Valls : dans notre bel et grand pays régi par l’égalité, il est bien deux gauches irréconciliables…