« Notre ambition : vous préparer à devenir des dirigeants responsables, capables d’anticiper et d’affronter les mutations et les défis des entreprises. » C’est la phrase introductive du laïus autopromotionnel publié sur son site web par l’École supérieure des sciences économiques et commerciales (ESSEC). Comme l’indique encore sa section « Grande école », « l’ESSEC forme les managers de demain : des leaders responsables, sachant évoluer dans un environnement de plus en plus complexe et en perpétuel mouvement, en développant leurs capacités d’ouverture, d’analyse, d’anticipation et d’adaptation ».

Un argumentaire intéressant, alors que l’on apprend par le magazine Challenges que la célèbre « business school » française accuse cette année un déficit record de 7 millions d’euros, soit plus de trois fois le montant prévu sur son dernier exercice. Le journal précise que le budget total de l’établissement, qui est de 109 millions d’euros, aurait explosé par nécessité de « provisionner certains risques ». Entre parenthèses : « prud’hommes, Urssaf. »

Autrement dit, l’une des écoles de management les plus cotées de France serait actuellement plombée par des conflits entre direction et salariés, et aurait quelques comptes à régler avec le Trésor public… Un bilan pas piqué des vers, mais ce n’est pas tout : l’entreprise ESSEC a également dû « faire face à un recul de ses subventions et de ses recettes en formation continue ».

S’ils n’ont rien vu venir, peut-être que ses dirigeants devraient songer eux aussi à suivre quelques cours « d’analyse, d’anticipation et d’adaptation ». Voilà en tout cas, dans l’attente du retour à l’équilibre promis pour 2016, une bien belle leçon de gestion d’entreprise et de ressources humaines à l’usage de ses étudiants. Car, en management comme au judo, une faiblesse peut devenir une force. Vu l’état actuel de l’économie française, n’est-ce pas un vrai plus d’être confronté, dès sa scolarité aux réalités d’une entreprise en difficulté ?

 

 

 

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