Si la réalité dépasse parfois la fiction, c’est que la fiction précède souvent la réalité. La littérature prévoit l’avenir. Cette chronique le prouve.


Mourir en faisant l’amour est une chose qui arrive. Freud a prouvé qu’Éros et Thanatos ont partie liée, ce que savait déjà, d’ailleurs, l’auteur du Cantique des Cantiques : « Mettez-moi comme un sceau sur votre cœur, comme un sceau sur votre bras : parce que l’amour est fort comme la mort. » Est-ce ce genre de paroles que se sont adressées, avant leur chute d’un balcon du Cannet, ces deux touristes enlacés, information parue cet été sur le site de France Bleu Alpes-Maritimes ? Ou, emportés par leur élan, ont-ils cru atteindre le septième ciel pour finalement mieux s’écraser sur le sol ? Quelques jours auparavant, c’était a Lima, sur un pont, qu’un couple connaissait le même sort. Un vrai début d’épidémie…

Ces morts ou la volupté se mêle a l’horreur ont toujours fascine les écrivains, tel Balzac racontant la mort du jeune Raphaël de Valentin dans La Peau de chagrin : « Il ne trouva que les sons étranglés du râle dans sa poitrine, dont chaque respiration creusée plus avant, semblait partir de ses entrailles. Enfin, ne pouvant bientôt plus former de sons, il mordit Pauline au sein. Jonathas se présenta tout épouvanté des cris qu’il entendait, et tenta d’arracher à la jeune fille le cadavre sur lequel el

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Octobre 2019 - Causeur #72

Article extrait du Magazine Causeur

Jérôme Leroy
Écrivain et rédacteur en chef culture de Causeur. Derniers livres parus: Nager vers la Norvège (Table Ronde, 2019), La Petite Gauloise (Folio Policier, 2019)
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