Maintenant que, de l’article retentissant de Gérard Davet et Fabrice Lhomme dans Le Monde à la « Lettre aux Français » de Nicolas Sarkozy dans Le Figaro, l’ensemble des données à la fois judiciaires et médiatiques ont été posées sur la table démocratique dans l’affaire des écoutes de l’ancien président de la République, on y voit plus clair.

On sait qu’une information a été ouverte par le parquet de Paris au regard de présomptions d’un financement libyen pour la campagne présidentielle de 2007 après que Nicolas Sarkozy a porté plainte lui-même, pour faux, usage de faux et recel, contre Mediapart qui avait évoqué l’existence de certains documents.

Des écoutes judiciaires de l’ancien président de la République ont été ordonnées par deux magistrats instructeurs à partir du mois de septembre 2013. Il a été constaté que Nicolas Sarkozy et son avocat, Me Thierry Herzog, certains de cette inquisition téléphonique, se sont munis, à l’initiative du second, de portables acquis sous la fausse identité de Paul Bismuth.

Si le conseil n’a jamais été écouté, les échanges retranscrits avec son client ont établi qu’un haut magistrat de la Cour de cassation, contre la promesse de l’obtention d’un poste à Monaco, a communiqué des renseignements et fourni des précisions sur la possible issue d’une demande de restitution des agendas présidentiels saisis dans le dossier Bettencourt. Ce qui a justifié l’ouverture d’une nouvelle instruction pour violation du secret de l’instruction et trafic d’influence.

*Photo: Thibault Camus/AP/SIPA.AP21538018_000007

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Philippe Bilger
anime le blog "Justice au singulier".
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