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Derniers pas avant le paradis

Le billet du vaurien

Derniers pas avant le paradis
Simon Monceau "ça va se savoir" Image: capture d'écran YouTube.

Le billet du vaurien


L’enfer, j’ai bien peur qu’il ne soit ici, à Lausanne, surtout le dimanche sous une pluie glaciale qui mine mon moral autant que mes articulations. J’aurais tort néanmoins de geindre. Je dispose d’un flacon de phénobarbital – mon sirop mexicain – qui, en moins d’un quart d’heure, me soulagera définitivement du poids de l’existence. Je n’entendrai plus parler du Covid-19, ni des décapitations très en vogue chez les islamistes. De surcroît, je me débarrasserai de ce qu’il y a de plus pénible à supporter dans l’existence : soi-même.

Suite 612

Certes, je loge dans un palace et l’été s’est déroulé comme je l’espérais. À Pully-Plage, j’ai joué pendant des heures au tennis de table sous le soleil. Mais plus personne ne m’attendait dans ma suite 612. Alors, le soir je regardais les chaînes d’info en continu ou des matches de foot. Parfois un film – j’en retiendrai deux : « Babel » de Gonzalez Iñárritu où une jeune Japonaise à l’exquise nudité m’a sorti de mon marasme et “Les sept mercenaires” de John Sturges où j’ai retrouvé Robert Vaughn. J’ai bien acheté un livre :  Interventions 2020 de Michel Houellebecq, mais je l’ai vite abandonné pour me repaître des confidences impromptues de personnages tout droit sortis de ses romans dans l’émission de Simon Monceau : « Ça va se savoir ».

Sexualité au temps du Covid

J’ai également reçu et feuilleté La Vienne d’Hitler de Brigitte Hamman. Pour d’obscures raisons quand la dépression guette, on en revient toujours à l’oncle Adolf qui, avant Lacan, avait compris que plus vous serez ignoble, mieux ça ira. Il m’est même arrivé d’aller à la pêche sur les réseaux prétendument sociaux : c’est dire ma déchéance. Je n’ai pris dans mes filets que des petits poissons.

À mon réveil, de plus en plus tardif, je remarquais sur mon iPhone qu’une dizaine de filles me souhaitaient une belle journée. Poli, je leur envoyais des cœurs, parfois des images salaces. Certaines prenaient plaisir à se masturber, bien que je n’aie jamais dissimulé ni mon âge, ni mon délabrement physique et psychique. Mais rien ne les dissuadait. Ainsi va la sexualité au temps du Covid. Ce n’est pas encore l’enfer, juste mes derniers pas avant le Paradis.

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