La charte de France Télévisions prévoit notamment de proposer une offre diversifiée de programmes dans le domaine du divertissement et de la culture qui contribuent au rayonnement de la francophonie, et à la diffusion de la culture et de la langue française dans le monde.

Petit cas pratique ce lundi 24 janvier avec une émission diffusée sur France3 intitulée « Je t’aime à l’italienne » et animée par Yves Lecoq, Karen Cheryl –assez étrange avec comme un flou au milieu du visage- et Henry-Jean Servat, le sous-spécialiste amphigourique des princes et princesses.
L’idée : présenter l’Italie au travers des chansons les plus romantiques et les plus « ensoleillées ». Figurent au programme : Charles Aznavour et Milva, Toto Cutugno, Umberto Tozzi, Adriano Celentano, et Gigliola Cinquetti entre autres.

Bon soyons honnêtes, ça commence par un décor qui se veut typique et qui ressemble à une reconstitution fauchée d’une pizzéria de galerie marchande. Quand Yves Lecoq gêné par cette corvée demande à Frédéric François, élevé en Sicile, s’il a l’impression d’être un peu chez ses grands-parents, il faut au chanteur une dose considérable d’enthousiasme de commande pour feindre d’y croire. On souffre pour eux, d’autant qu’ils sont entourés de quelques figurants habillés en yachtmen des années 50 (lointain rappel chic de Vacances romaines?) toutes dents dehors, crispés dans une attitude joyeuse, donc forcément italienne. La dolce vita version série Z.

Dans une narration de thèmes sensés nous faire découvrir l’Italie se succèdent des chansons soit interprétées par des Italiens soit par des français mais avec un rattachement italien. Ainsi Léo Ferré uniquement parce qu’il habitait en Toscane…. Les propos de transition de Karen Cheryl et de Henry-Jean Servat, débités dans une syntaxe approximative, sont décousus et rendus encore plus improbables qu’ils sont systématiquement ponctués par le même plan de coupe d’unes des figurantes. A croire qu’on manquait tellement de moyens qu’on n’a pas pu les payer pour qu’ils restent durant toute la durée du tournage
Au milieu de ce naufrage que peut-il arriver de plus aux téléspectateurs ballottés entre les commentaires à deux balles et les images achetées à l’INA ? L’invité mystère ou plutôt l’invité improbable, en l’occurrence Bobby Solo.

Vite précipitez-vous sur votre ordinateur pour le googleliser. Vous apprendrez que la réplique romaine du King est l’auteur de la chanson « une larme dans tes yeux », dont Mike Brandt a fait une reprise.
Bref on a fini par apprendre quelque chose, preuve que la charte de France Télévisions a été respectée, au moins s’agissant de diffusion de la culture…. entre Rimini et Paris.