Pour diriger la Hototo des primaires le PS a eu la prudence de choisir un arbitre que personne ne pouvait contester. Et c’est vrai qu’en plus d’être ordinairement fort urbain et plein d’équanimité l’avocat Jean-Pierre Mignard est incontestable dans son rôle de sage, sa réputation de rigueur plaidant pour lui.

Cela dit, son job bénévole à la Haute Autorité a failli relever de l’emploi fictif. Pas d’incidents notables dans les bureaux de votes au premier tour, pas de score dépassant les 100% d’inscrits dans le Nord, la Corrèze ou les Deux-Sèvres, même pas une malheureuse urne tombée par mégarde dans le Vieux Port. Rien.

Ça n’a pas empêché Me Mignard de fondre un plomb en cette fin de semaine, et de piquer une très grosse colère contre les deux candidats en lice, ceux-là mêmes qu’il avait enjoint lundi de ne pas ramener le PS à « la vieille culture de la chicaya » façon Mitterrand-Rocard ou Jospin-Fabius des hautes années.

Car manifestement, son appel à la sobriété n’a pas été entendu, et on a atteint un climax vendredi, quand Aubry a qualifié Hollande de « candidat du Système » et que celui-ci a répondu aussi sec (sans le dire explicitement, mais bon) que Martine faisait sa Marine. Ce qui a valu aux deux impés des coups de fils perso assez furibards de MaÏtre Mignard, accompagnés d’une mise en garde publique et colorée sur Europe1 : « On arrête et on se repose », a-t-il indiqué au micro de Dominique Souchier. « Arrêtons, parce que sinon on va être dans la posture, et la posture, ça ressemble parfois à l’imposture ».

Un appel qui semble avoir été entendu ce samedi, où le sismographe socialiste semble s’être enfin calmé. Mais Martine et François réussiront-ils à tenir leurs langues jusqu’à ce soir vingt heures ? Pas sûr que je parierais un euro là-dessus…

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