Les carnets de Roland Jaccard


Ce que le paradoxe est dans la sphère des idées, la perversité l’est dans l’ordre de la passion. Toute âme passionnée recèle un fond de perversité, tout comme l’intelligence a besoin d’être constamment aiguillonnée par la fulgurance de pensées abjectes. Sans perversité, la passion s’étiole. Sans paradoxe, la pensée s’éteint.

L’homme élégant se fait un devoir de cultiver une pensée paradoxale, ainsi que la forme de perversité qui lui siéra le mieux. Sans ces deux atouts, il n’est qu’un rustre ou un idéologue, bref un homme sans esprit. La morale lui tiendra alors lieu de viatique, la famille de refuge, la religion d’idéal et les partis politiques de déver

Article réservé aux abonnés

85 % de l’article reste à lire…

Pour poursuivre la lecture de cet article Abonnez-vous dès maintenant.

ABONNEMENT 100% NUMERIQUE
  • Tout Causeur.fr en illimité
  • Le magazine disponible la veille de la sortie kiosque
  • Tous les anciens numéros
3 €80par mois
Été 2017 - #48

Article extrait du Magazine Causeur

Roland Jaccard
Psychologue, écrivain, journaliste, critique littéraire, essayiste et éditeur suisseEssayiste, il se fait connaître en 1975 par L'exil intérieur, essai qui a marqué des générations de lecteurs. Romancier, il écrit Sugar Babies, Flirt en hiver, Une fille pour l'été. On lui doit également une trilogie autobiographique L'âme est un vaste pays, Des femmes disparaissent, ...