L’opération américaine à Abbottabad a réglé plus d’un compte. Il y avait d’abord l’ardoise du 11 septembre symboliquement effacée avec l’élimination de Ben Laden alias Geronimo (un nom de code US pas très sympa pour les Apaches et les Indiens en général). Mais il y avait aussi une autre dette d’honneur : effacer la catastrophe de « Eagle Claw » (Serre de l’aigle), l’opération désastreuse menée en avril 1980 pour libérer les otages de l’ambassade américaine à Téhéran.

En 1980 la série noire avait commencé par des pannes d’hélicoptères à répétition (leurs moteurs étaient mal adaptés au sable du désert) et on peut imaginer l’angoisse à Washington quand, cette fois-ci aussi, l’opération anti-Ben Laden a débuté avec un engin hors service… Au rayon coïncidences, ajoutons que l’élimination de Ben Laden a eu lieu presque à la date anniversaire de la débandade dans le désert iranien – le 25 avril 1980.

Heureusement, la suite du raid pakistanais a délivré Obama de ce semblant de sortilège. Cela dit, si cette opération a été couronnée de succès c’est notamment grâce aux leçons tirées de l’échec de 1980.

Les combattants qui ont exécuté la mission appartiennent aux commandos de marine, ce qui peut paraitre curieux vu la distance considérable entre Abbottabad et la plage la plus proche (à peu près mille kilomètres…). Sauf que le Commando 6 – l’unité chargée de l’opération – connue aussi comme le NSWDG (United States Naval Special Warfare Development Group), est une structure anti-terroriste créée en 1981 (donc après Eagle Claw) expressément pour ce genre de cas. La logistique, elle a été assurée par le 160e régiment d’opérations spéciales de de l’aviation (SOAR), surnommés les Night Stalkers (en vf, les harceleurs nocturnes ou quelque chose comme ça), formation née, elle aussi, sur les cendres du fiasco de 1980. La tache a donc bien été lavée.

Pour les curieux, et après vérification approfondie l’agent NCIS Ziva David n’a aucunement été impliquée dans l’opération.

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