Interné dès 1880, Gustave Pivert devint peintre sur le tard, après avoir tenté d’être tour à tour romancier, poète, empereur, porte-avions et même président du Conseil sous Jules Grévy. On doit au directeur de l’asile Sainte-Anne la réalisation de cette œuvre. Sans les vues libérales et prophétiques du généreux médecin, jamais Gustave Pivert n’aurait eu à sa disposition une toile et des couleurs pour la réaliser. C’est d’ailleurs en avalant les pinceaux qui lui servirent à confectionner ce tableau que le malheureux Pivert disparut. Les gouailleurs de la Belle Epoque célébrèrent longtemps sa mémoire en entonnant sur l’air de Monte là-dessus tu verras le Mont-Blanc le refrain bien connu : « Vil Pivert peint avec les pieds, le vil peint, peint sans mettre les mains. »

Gustave Pivert, Autoportrait de Napoléon Empereur, 1886. Conservé à l’oratoire des Sœurs de la Bonne Conscience, Paris.

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