Home Brèves Après Saddam et Kadhafi, Kim Jong-il ?

Après Saddam et Kadhafi, Kim Jong-il ?

Saddam Hussein, c’était hier. Kadhafi, ce sera peut-être demain. Le trône d’Ubu, naguère éternel, est devenu éjectable.
C’est le moment rêvé pour rêver à qui sera le suivant.
Dans les heures qui viennent, personne ne viendra nous expliquer que c’est impossible, que ce genre de tyrans irrationnels est inamovible, et qu’il ne faut même pas y penser.
Si, il faut y penser.

Moi, je rêve à Kim Jong il.
Pour ce qui est de sa longévité, cette dynastie pathologique est hors-concours. Elle commence en 1948.
Dans le genre ubuesque et nuisible, l’homme n’a rien à envier à Saddam ou à Kadhafi.

Je sais que son peuple ne tentera même pas de le renverser, et pour cause. Le pouvoir communiste nord-coréen est autrement terrorisant et décervelant que ses concurrents arabes ou islamistes.
Là-bas, dans cet État ermite, il n’existe pas le moindre risque pour le pouvoir qu’une partie de la jeunesse descende dans la rue avec les outils de communication modernes. Pas l’ombre non plus d’un risque de soulèvement de la société civile, puisque celle-ci n’existe pas.

La dictature du Parti et de son chef divinisé, assise sur la propagande et les camps de concentration, n’a qu’un mérite : elle a assuré la sauvegarde d’une espèce en voie de disparition, celle des tyrans totalitaires et paranoïaques qui avaient pour noms Staline, Mao, Enver Hodja, Ceausescu, Pol Pot, et quelques autres.

Ce nuisible peut être éjecté de son siège si le monde civilisé se décide à le regarder comme il a fini par regarder Kadhafi, s’il ne supporte plus ni l’écrasement total de ce peuple ni les provocations nucléaires du régime, car la Chine sera alors bien obligée de lâcher son protégé, et même de le pousser dehors.
Quand ce jour viendra, on s’étonnera peut-être d’avoir attendu si longtemps, comme on s’étonne aujourd’hui d’avoir supporté Kadhafi.
Et si, pour commencer, on (re)commençait à traiter la Corée du Nord d’État-voyou ?


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André Sénik, professeur agrégé de philosophie.

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