En matière d’humour, je suis ce que l’on appelle un « public difficile ». J’ai peu de sympathie pour les comiques en général, et la plupart d’entre eux m’ennuient. Si j’ai toujours apprécié Raymond Devos, que je tiens pour un poète, je suis davantage attiré par l’humour populaire, boulevardier, grossier de préférence et, pourquoi pas, scatologique – pour autant que cet art complexe qu’est la scatologie soit correctement utilisé, ce qui est rarement le cas. Des humoristes de ma génération, seuls deux m’ont toujours amusé : le Coluche de la fin des années 1970 et du début des années 1980 (avant les engagements humanitaires qui l’ont, paradoxalement, asséché), et Dieudonné qui est pour moi le « Boss ». De Dieudonné, j’aime tout : la langue – cette gouaille inimitable –, le jeu d’acteur, l’imagination, l’insolence et cette capacité à créer des univers burlesques régulièrement traversés par des fulgurances poétiques, dont ceux qui connaissent ses spectacles par le seul biais des extraits diffusés sur Internet n’ont évidemment pas idée.

Depuis une dizaine d’années, Dieudonné fait rire sur les juifs et la Shoah, même si ses spectacles abordent également d’autres sujets.

*Photo : Michel Euler/AP/SIPA. AP21506354_000007.

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