Pour l’une, il a fallu un penalty providentiel à la 70e minute, et pour l’autre, un but de la tête d’un joueur adverse contre son propre camp, tout aussi providentiel, à la 111e, pour s’imposer. Les deux finalistes de la Coupe du monde au Qatar il y a quatre ans – l’Argentine, tenante du titre, et la France, vice-championne – se sont en effet qualifiées laborieusement, samedi, pour les quarts de finale.
Les Bleus ne sont parvenus à s’imposer face au Paraguay (1-0) que grâce à un penalty transformé par Kylian Mbappé, consécutif à un fauchage sur Désiré Doué dans la surface de réparation, peu évident dans un premier temps. L’arbitre a dû recourir au visionnage de la VAR (assistance vidéo à l’arbitrage). Jusqu’alors, Michael Olise, Ousmane Dembélé et Mbappé, comme on pouvait s’y attendre, s’étaient heurtés à un mur impossible à fissurer et à un gardien vigilant.
Avant le penalty, la plupart du temps, le jeu s’était déroulé dans le camp paraguayen et la possession de balle était à 70 % en faveur des Bleus. Par la suite, le onze tricolore est resté tout aussi stérile, incapable d’une deuxième réalisation qui l’aurait mis à l’abri d’une égalisation. Les Paraguayens avaient pourtant quelque peu relâché leur hermétique défense pour tenter de revenir à la marque.
On s’attendait à un match rugueux. Et il le fut. De plus, il s’est disputé sous une température de 37 °C, courante à Asuncion, la capitale du Paraguay. Comparant l’équipe de France « à une tempête avec des éclairs », le sélectionneur paraguayen, Gustavo Alfaro, avait annoncé la couleur : « Nous ferons face à cette tempête. Il faudra être solides, avoir des capacités physiques importantes car ils (les Bleus) sont très rapides, très efficaces sur les transitions. On ne peut pas leur donner de l’espace. » Et c’est ce qui s’est vérifié sur le terrain. Le penalty a donc été une aubaine. Sans quoi, l’éventualité d’un recours aux tirs au but était à craindre, cinq jours auparavant le Paraguay ayant sorti l’Allemagne en 16es de finale justement grâce à cette épreuve (4-3). À la fin de la prolongation, les deux équipes étaient à égalité 1 à 1.
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Dans une chronique donnée à L’Équipe, Bixente Lizarazu, qui lors du Mondial 1998 avait joué contre le Paraguay que la France avait éliminé en 8es de finale en marquant un « but en or », avait prévenu que c’était bel et bien « un adversaire typiquement sud-américain, très défensif, accrocheur, agressif, hargneux et déployant énormément de solidarité ».
Quant à la qualification des Argentins, elle a été plus douloureuse que celle des Français, presque humiliante. On s’attendait à ce qu’ils ne fassent qu’une bouchée du Cap-Vert. Or, ils ne sont parvenus à arracher la qualification qu’à la 111e minute, soit seulement 8 minutes avant le coup de sifflet final de la prolongation, grâce à un 3e but… marqué contre son camp de la tête par le Cap-Verdien Diney Borges, lors d’un corner tiré par Messi. Un but miraculeux qui a épargné à l’Argentine l’humiliation d’une séance de tirs au but, qu’aucune équipe, quel que soit son niveau, n’est assurée d’emblée de gagner.
Ce fut certainement le match le plus fou depuis le début de la Coupe. En toute logique, Lionel Messi ouvre le score à la 29e minute. Mais, surprise, le Cap-Vert égalise à la 59e. Le temps réglementaire se termine sur une déconcertante égalité 1 à 1. À l’entame de la prolongation, à la 92e, l’Argentine reprend l’avantage. On croit l’affaire définitivement bouclée. Et, stupéfaction, à la 103e, Sidny Lopes Cabral, d’un tir magistral enroulé, égalise à 2-2. Les tirs au but se profilaient… Mais à peine huit minutes plus tard survient cet improbable et fatidique but contre son camp…
Pourtant, comme à l’accoutumée, le gardien cap-verdien Vozinha a encore été magistral. Il a arrêté six tirs de Messi qui a dû, lui, se contenter de ne lui en marquer qu’un seul… Et qui plus est, le Cap-Vert en a mis deux au fond des filets argentins. Durant la phase de poules, l’équipe de Messi n’en a encaissé qu’un, œuvre de la Jordanie… L’Algérie et l’Autriche ne lui en ont marqué aucun. Les Cap-Verdiens n’ont pas usurpé leur surnom : les Requins bleus.
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