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Mondial de foot: le jour de gloire du Cap-Vert

Vozinha, le gardien des miracles, se confrontera à Messi, cette nuit


Mondial de foot: le jour de gloire du Cap-Vert
Le gardien de but du Cap-Vert, Vozinha, effectuant des exercices lors de l'entraînement, le mardi 30 juin 2026 à Tampa, en Floride. Le Cap-Vert affrontera l'Argentine vendredi à Miami pour son match des seizièmes de finale. © CHRIS URSO/ZUMA/SIPA

Un archipel de dix îles, 525 000 habitants, une première Coupe du monde… et un rendez-vous avec le champion en titre. En affrontant l’équipe de Lionel Messi, la nuit prochaine, le Cap-Vert s’apprête à vivre le plus grand jour de son histoire footballistique, porté par les exploits de son gardien Vozinha (notre photo).


Ajout 4 juillet : L’Argentine a battu le Cap-Vert 3-2 cette nuit.


En-dehors du 8ème de finale de la Coupe du Monde de foot qui oppose, à Philadelphie, la France au coriace Paraguay, petit pays enclavé entre l’Argentine, la Bolivie, le Brésil et l’Uruguay, qui a sorti l’Allemagne aux tirs au but, l’autre événement de ce samedi est sans conteste la confrontation, à Miami, en 16ème, entre l’Argentine, champion en titre, et la modeste sélection du Cap-Vert.

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Même très certainement défaits, sauf exploit relevant du miracle, ce match sera pour les Cap-verdiens leur jour de gloire et à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire, pas seulement du ballon rond, de ce lilliputien pays, un archipel de dix îles, au large du Sénégal et la Mauritanie, de 525 000 habitants, d’à peine 4 000 km2 (un peu moins que de la moitié de la superficie du plus grand département français, la Gironde). Déjà se qualifier pour la Coupe avait été pour lui une prouesse. Mais quand les 23 sélectionnés ont pris l’avion à Praia, la capitale, à destination des Etats-unis, jamais dans leurs rêves les plus optimistes, ils imaginaient atteindre, pour leur première participation, ce stade de la compétition et surtout y avoir affaire à l’équipe dite l’Albiceleste de l’implacable buteur, Lionel Messi, la Pulga (la puce).

Quarante ans et toutes ses dents… surtout les gants

Le Cap-Vert doit cet exploit à un homme, son gardien, Josimar Evora Dias, surnommé Vozinha, 40 ans, joueur de Chaves, club de seconde division portugais, qui allait se retrouver au chômage en juin, ce dernier ne lui ayant pas reconduit son contrat. Bien que longue, sa carrière a été modeste. Il n’a évolué que dans des championnats sans grande envergure, tels que ceux de Moldavie, Slovaquie ou Chypre. On doute désormais que quelque club n’ait pas déjà jeté son dévolu sur lui.

Grâce à sept arrêts décisifs de sa part, lors de son match d’entame du tournoi, le Cap-Vert a décroché un surprenant et déconcertant nul 0 à 0 contre l’Espagne, championne d’Europe, une des favorites. Surtout, le Cap-Vert a encore surpris, vendredi soir, après avoir vaincu avec une insolente domination l’Autriche, par un 3 à 0. L’élimination des Autrichiens sur pareil score met en relief la prouesse des Cap-verdiens face aux Hispaniques. Prouesse qu’ils ont confirmée en réalisant deux autres matchs nuls, contre l’Uruguay (2 à 2), et contre l’Arabie saoudite (0 à 0). Mettre deux buts à l’Uruguay a aussi démontré que le Cap-Vert, quand les circonstances s’y prêtent, sait les saisir et est apte à être offensif. Il a terminé sa poule en deuxième position, derrière les Espagnols, avec 3 points et une différence de buts de zéro (deux encaissés, deux marqués), seule équipe à avoir réalisé cette rare parité.

L’irrésistible face à l’infranchissable 

Ce qui indique qu’après le Mexique et l’Espagne dont les cages sont restées vierges jusqu’à maintenant, le Cap-Vert dispose de la troisième meilleure défense de la Coupe, à l’issue des matchs de poule. L’Argentine, en revanche, fait partie, avec les Bleus, des deux plus performantes attaques. Dès lors, cet Argentine-Cap-Vert se profile comme un duel entre Messi et Vozinha, un irrésistible marqueur et un hermétique gardien qui, soulignons-le, n’a encaissé que deux buts. Qui plus est, il s’agit au demeurant des deux joueurs parmi les plus âgés de ce Mondial. Ils ont respectivement 39 et 40 ans.

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Selon l’aphorisme (très certainement apocryphe), de mémoire, prêté au sélectionneur espagnol des années 80, Ladislao Kubala, « un gardien ne fait pas gagner un match mais contribue à ne pas le perdre. Car la victoire consiste à encaisser moins de buts qu’on en a marqués. » A vérifier à Miami. Match à partir de 00h, cette nuit, heure de Paris.




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écrivain et journaliste français.

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