Découvrez le sommaire de notre numéro d’avril
Pour Marx et Engels, le spectre qui hantait l’Europe en 1848, c’était le communisme. Aujourd’hui, selon Marcel Gauchet, c’est le populisme. Tel est le jugement de celui qui vient de publier Comment pensent les démocraties chez Albin Michel. Il explique à Élisabeth Lévy et Jean-Baptiste Roques que nos pensées ne naissent pas nues dans le ciel des idées. Elles reposent sur des structures forgées à partir des réalités sociales. Tel est le sens du mot « idéologie ». Celle du temps présent est « néo-libérale ». Macron est un néolibéral de droite, Mélenchon un néolibéral de gauche. Les deux détestent les frontières et vénèrent l’individu-roi, mais pas de la même manière. En France après les élections municipales, la plupart des commentateurs ne parlent que de Jean-Luc Mélenchon. Mais pour Élisabeth Lévy et Jean-Baptiste Roques, qui présentent notre dossier sur le populisme, la véritable reine du jeu s’appelle Marine Le Pen. Tout en incarnant le populisme, le RN surplombe la vie politique française et a plus de chance que LFI d’être présent au second tour en 2027. Face à la colère démocratique, pas sûr que les appels au barrage ou au cordon sanitaire soient alors entendus. Pierre Vermeren analyse la distribution démographique du vote aux municipales : abstention massive, surtout des jeunes, réduction spectaculaire de l’offre électorale dans les villages… ces élections dessinent une France politique désarticulée. LFI fait de bons scores dans de grandes agglomérations, le RN s’impose dans les villes moyennes, mais le pays profond reste attaché à ses élus appartenant aux vieux partis que l’on disait autrefois de gouvernement. Pour Charles Rojzman, les classes populaires ne se reconnaissent plus dans ceux qui les gouvernent. Leur parole a été confisquée par une classe politico-médiatique qui refuse de dénoncer les maux qui rongent le pays à petit feu. Le vote est leur ultime moyen d’expression, et elles votent RN. Davantage par lassitude que par colère.

Renaud Camus est-il contagieux ? Notre deuxième dossier du mois commence par un entretien avec l’homme lui-même qui est lourdement attaqué dans L’Homme par qui la peste arriva. L’écrivain n’ayant guère la possibilité de s’exprimer dans les médias, Causeur lui a proposé de répondre à ces accusations. L’occasion de savoir aussi ce qu’il pense des polémiques qu’il suscite, et jusqu’où il est possible de le suivre. Ses propos ont été recueillis par Élisabeth Lévy, Jean-Baptiste Roques et Jonathan Siksou. Ce sont deux journalistes de M le mag qui ont écrit cette « biographie » furieusement à charge. Sans avoir lu son œuvre bien sûr. Le sujet ne manquait pourtant pas d’intérêt. Quentin Verwaerde, l’assistant de l’auteur du Grand Remplacement, qui a passé deux ans auprès de lui, nous livre sa fiche de lecture. De son côté, Cyril Bennasar essaie de faire comprendre Renaud Camus à ses parents. Difficile pour ces vieux Juifs d’accepter son emploi du mot génocide. Pour expliquer le grand remplacement, il est passé par Walt Disney. Mais pour la décolonisation, sujet du dernier essai de Renaud Camus, ces vieux pieds-noirs n’ont pas besoin qu’il leur fasse un dessin.
Dans son édito du mois, Elisabeth Lévy analyse ce biais cognitif qui nous fait croire que ce sont les autres qui sont biaisés et jamais nous-mêmes. Elle raconte comment elle a refusé de croire les affirmations de la gauche sur le prétendu « fascisme » de Quentin Deranque. Après les révélations de l’enquête de Mediapart, notre directrice de la rédaction est tombée de sa chaise. Plusieurs confrères ont prêté au nouveau maire de Saint-Denis des propos odieux mais qui se sont révélés faux. Dans ces deux cas, la faute que nous avons commise en trouvant plausibles des affirmations qui étaient erronées jettera un discrédit sur nos propos quand nous aurons de bonnes raisons de critiquer l’extrême-gauche.
Gil Mihaely raconte la guerre feutrée que, depuis des décennies, Israël et les États-Unis mènent contre l’Iran. Leurs services de renseignement et des unités spéciales multiplient les sabotages et les éliminations ciblées afin de déstabiliser le régime en permanence. Ces opérations « non militaires » ont tout du film d’action. Je présente l’offensive américaine de 2026 comme le dernier épisode d’un conflit qui dure depuis 1979 et dont chaque phase prépare la suivante. Washington cherche à fragiliser le régime et Téhéran cible l’économie mondiale. Deux stratégies qui s’inscrivent dans le temps long. Alain Neurohr dénonce l’autosuffisance et les erreurs de ces légions de généraux et de diplomates à la retraite qui commentent la guerre sur les plateaux de télé.
Paris, c’est fini ! C’est la conclusion de Jonathan Siksou. Au chaos Hidalgo succède le laminoir Grégoire. Le nouveau maire de Paris veut poursuivre la piétonnisation à marche forcée, continuer d’accueillir la misère du monde, et, plus encore, bouleverser la sociologie de la capitale en imposant 40% de logements sociaux. Bienvenue à Paris-banlieue. Causeur n’est jamais fermé à ceux qui expriment des opinions contraires. Nous publions la lettre ouverte d’une électrice LFI, prof d’histoire-géo dans un lycée en zone prioritaire, qui explique pourquoi elle a voté Chikirou aux municipales et continue de soutenir Jean-Luc Mélenchon malgré ses outrances et saillies antisémites. La France est une irresponsable qui danse sur un volcan, nous explique Stéphane Germain. L’Hexagone de 2026 se rapproche de la Grèce de 2008. Le monstrueux déficit budgétaire de l’État risque de tout engloutir, mais aucun candidat à la présidentielle n’aura les tripes d’en parler. De toute façon, les Français ne veulent pas le savoir.
Parmi nos chroniqueurs, Olivier Dartigolles tire sa conclusion des dernières élections municipales : elles ont prouvé qu’aucun parti ne se distingue clairement pour unir des Français profondément divisés. Selon Ivan Rioufol, l’offensive israélo-américaine en Iran confirme la lâcheté des dirigeants européens quand il faut s’attaquer à l’islamisme. Emmanuelle Ménard rappelle qu’à Béziers, Robert Ménard et son équipe (dont elle fait partie) ont savouré leur 65,6 % au soir du 15 mars. Elle revient sur une campagne souvent agressive mais qui s’est terminée en beauté. Gilles-William Goldnadel a analysé la couverture du Proche-Orient par France-Inter : comme dans son traitement de l’actualité française, l’odieux visuel public pratique en permanence un double standard moral.
Une bonne nouvelle pour la culture en France ! Éric Naulleau a été nommé à la tête de la rédaction de Lui. L’ancien « magazine de l’homme moderne » peut-il résister face à la pudeur ambiante et à la crise du genre ? Dans un entretien avec Elisabeth Lévy, le président du Parti foutuiste annonce que « tous les dissidents du nouvel ordre amoureux peuvent trouver refuge sous la couverture de Lui, nous leur accorderons bien volontiers l’asile érotique ». Nous qui sommes nombreux à posséder une âme ample et généreuse, il nous faut un « sentiment de la nature », fruit d’une curiosité amoureuse pour les plantes, les bêtes et les paysages. Georgia Ray nous invite à visiter une exposition des ciels de Paul Huet et une autre des herbiers de Rousseau qui nous rappellent que l’écologie véritable est le contraire de notre insensible décompte du CO².
Cambriolages, incendies, fuites d’eau : le patrimoine français est victime de décennies de négligence. Mais le ministère de la Culture se préoccupe davantage de séduire de nouveaux publics que de conserver musées et monuments. Dans son nouveau livre, Maryvonne de Saint-Pulgent tire la sonnette d’alarme. Elle se confie à Bérénice Levet.
François Kasbi nous fait découvrir la vie de Louise Rachel Franck, figure de la bourgeoisie juive parisienne, qui a été l’épouse de Fernand de Brinon, un ultra de la Collaboration, et lui est restée fidèle toute sa vie. Son parcours contre-nature a été raconté par son fils, ancien résistant. Dans Debout comme une reine, la journaliste Emily Barnett tente de percer les zones d’ombres qui planent toujours autour de l’assassinat de Sophie Toscan du Plantier. Un roman troublant et émouvant, selon Alexandra Lemasson. Jusqu’à présent, la question culinaire dans les rangs nazis se réduisait à quelques anecdotes, – nous raconte Julien San Frax – comme le végétarisme de Hitler ou la gourmandise de Göring. Mais en ouvrant les portes des salles à manger et des celliers du IIIe Reich, Les nazis à table d’Antoine Dreyfus révèle tout un pan encore méconnu de la Seconde Guerre mondiale et des camps de la mort. Enfin, Jean Chauvet nous a choisi le meilleur des nouveautés cinématographiques. Il nous rappelle que quand la fiction fait défaut, on peut toujours se tourner vers le documentaire, source inépuisable de pépites en tous genres, du plus sérieux jusqu’au réjouissant poisson d’avril. Certes, le nouveau numéro de Causeur paraît en kiosque le premier de ce mois, mais c’est tout sauf un poisson d’avril !
Comment pensent les démocraties: Les ressorts cachés des idéologies
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Les nazis à table - enquête inédite sur l'alimentation dans l'idéologie du Troisième Reich
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