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Kœnig, le roi de la Nature

Le philosophe s’enfonce dans l’humus !


Kœnig, le roi de la Nature
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Depuis quelques années, le philosophe libéral Gaspard Kœnig s’est converti à la religion du climat


Gaspard Kœnig était un philosophe prometteur : essayiste, romancier, fondateur du think tank libéral Génération libre et grand pourfendeur des lourdeurs administratives. Or voilà que, depuis quatre ans, il s’est laissé gagner par les mantras de l’écologie politique. Il ne jure plus que par les vertus du « naturel ».

Dans un texte paru dans Paris Match fin décembre, qui condense bien sa pensée, il déroule ainsi le récital classique sur la situation catastrophique de l’environnement : air pollué, pesticides omniprésents, sols dégradés, eau contaminée, polluants éternels et microplastiques « présents jusque dans les nuages », sixième extinction enclenchée et ainsi de suite. Tout y passe, sans hiérarchie ni mise en perspective historique, au point que l’amélioration de la qualité de l’air et de l’eau en Europe, ou la hausse spectaculaire des rendements agricoles ne compte pour rien. Jouant les moralistes, Kœnig en vient alors à demander : « Toute cette misère pour quel progrès ? » Selon lui, pas grand-chose. Un peu de confort, peut-être, mais rien de ce qui ferait les « vraies richesses : l’air frais, l’eau pure et le chant des oiseaux ».

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Comme si, pour des milliards d’êtres humains, l’accès à l’eau potable, à une médecine efficace, à l’éducation ou à la sécurité alimentaire ne constituait pas la première des richesses apportées par le monde industriel. De ce diagnostic hors-sol découle un appel convenu à la réconciliation de l’humanité avec la nature, présentée comme une victime qu’il faudrait enfin écouter. Nous devrions dès lors végétaliser les villes, bâtir en bois et dépolluer les sols avec des plantes qui absorbent les métaux lourds. Tout n’est certes pas à rejeter dans ces propositions. Mais un philosophe qui nous invite à nous plonger dans l’humus (titre d’un de ses derniers livres) semble pour le moins naïf. Comment peut-il oublier que c’est grâce à l’industrialisation que l’humanité a pu, pour la première fois de son histoire, réduire massivement la mortalité infantile et vivre plus longtemps, en meilleure santé ?

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Mars 2026 - #143

Article extrait du Magazine Causeur




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Essayiste et philosophe des sciences

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