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PPE: le président Macron veut-il vraiment sacrifier la France à son plan de carrière?


PPE: le président Macron veut-il vraiment sacrifier la France à son plan de carrière?
Saint Nazaire, 22 septembre 2022 © Sebastien SALOM-GOMIS/SIPA

Beaucoup imaginent que le président Emmanuel Macron songe désormais, pour l’après, à la présidence de l’Union européenne. Et, après le parachutage controversé d’Amélie de Montchalin à la Cour des comptes, qu’il chercherait à placer des personnalités de gauche à des postes clés afin de verrouiller l’État de droit, appelé à être prochainement confronté à un exécutif populiste.


Longtemps j’ai haussé les épaules. Emmanuel Macron à la tête de l’Europe ? Encore un délire complotiste ! Qui voudrait de lui après tous ses échecs ? De Riga à Séville, on sait que ses succès se comptent sur les doigts d’une main coupée en deux : Notre-Dame et les Jeux Olympiques, et ses ratages sur les doigts et les orteils d’une famille nombreuse. Le dernier : un ahurissant budget socialiste concocté par son homme-lige Sébastien Lecornu afin que tous deux puissent se cramponner jusqu’à la dernière seconde aux palais de la République.

Ce qu’Allemagne veut…

La Programmation Pluriannuelle de l’Energie me plonge dans le doute. Le président préfèrerait-il son plan de carrière aux intérêts de la France ? Cette programmation a été expliquée le 13 février sur le site économie.gouv.fr sous le titre : “PPE, planifier la décarbonation de la France”. Nous allons conjointement accroître les énergies renouvelables (soleil et vent) et développer le nucléaire. Formidable, avec toute cette électricité, nos factures vont s’effondrer et les industriels français retrouver le sourire ! Eh bien non ! Par un de ces tours de passe-passe habituels du sieur Carabistouille, c’est exactement le contraire qui va arriver. Il faudra payer très cher à des fournisseurs étrangers les panneaux solaires et les éoliennes qui vont se multiplier (sauf en face du Touquet) parce que l’Europe, l’Allemagne et les écologistes le veulent. Quant aux centrales nucléaires françaises, elles devront baisser de régime et laisser passer en priorité sur le réseau ce qu’il plaira au vent et au soleil de produire. Or celles-ci ne sont pas faites pour fonctionner en yoyo, des ingénieurs pensent même qu’elles courront des risques d’accident. Donc factures en hausse et palpitations cardiaques chez les voisins des centrales. Et comme la PPE n’est pas soumise au vote du parlement, le gouvernement va l’imposer.

Au fond, peu importe que les Européens croient ou pas que le président Macron succèdera à Ursula von der Layen. Il y croit, lui, et agit en fonction de cet objectif.   Peut-être en toute bonne conscience, imaginant qu’une Europe fédérale profiterait à la France dans un futur plus ou moins éloigné. Il a tort, aussi bien à long terme qu’à court terme.

Le couple franco-allemand a divorcé depuis belle lurette

Qu’on le déplore ou qu’on s’en réjouisse, l’Europe ne sera jamais une puissance fédérale comme les Etats-Unis d’Amérique. L’expérience de dix-neuf ans de traité de Lisbonne nous l’enseigne : les particularités nationales demeurent indéracinables. Le couple franco-allemand n’existe plus depuis longtemps, les opinions des deux pays divergent sur tous les sujets. Le plus évident : la fourmi allemande entasse soigneusement des monceaux de choucroute et de bretzels, tandis que la cigale française, ayant tué tout l’été ses agriculteurs, se retrouve bien affamée quand souffle la bise des hausses d’intérêts. Les Tchèques ont divorcé des Slovaques, les Belges ont bien de la peine à tenir ensemble, entre Flamands, Wallons et islamistes. La France est saturée d’immigrés, l’Espagne en redemande et va régulariser 500000 d’entre eux dont 80% de latino-américains, hispanophones et catholiques directement assimilables. Les 20% restants iront chez nous, merci Pedro, ils ruineront un peu plus nos finances et notre cohésion nationale. La gouvernance progressiste de l’Europe, en refusant de lutter contre l’immigration, a elle-même saboté le projet unitaire. Bruxelles ne sera jamais Washington, Macron ne sera jamais président de notre continent, à la rigueur du club des boulistes du Touquet. Certes la paix, l’euro et la coopération économique sont de beaux acquis à conserver. Les mantras gaulliens m’agacent parfois, mais il faut reconnaître que « l’Europe des nations » est une idée visionnaire qui s’imposera de plus en plus.

L’Etat de droit, c’est plus fort que toi

Et à court terme ? A court terme, il faudrait neutraliser le plan diabolique d’Emmanuel Macron (“Dieu parmi les hommes” en hébreu, pfff…) qui veut savonner la planche gouvernementale pour que Marine Le Pen ou Jordan Bardella y glissent dès leur arrivée au pouvoir. Impossible de douter de l’élection de l’une ou de l’autre à la présidentielle de 2027, l’immobilisme total du gouvernement actuel et de ses supplétifs de gauche dans les Conseils, Cours et tribunaux de la République empêcheront la moindre amélioration dans les domaines essentiels de l’immigration et l’insécurité. Partout dans notre beau pays fleuriront home-jackings, viols de grands-mères, coups de couteaux, tueries narcotrafiquantes avec victimes plus ou moins collatérales. Si c’est Bardella, il a des chances de passer au premier tour, inutile qu’il peaufine son débat d’entre les deux tours. Ensuite, entrée en scène des corbeaux socialistes perchés sur leurs fromages du Conseil de ceci, de la Cour de cela : « Ah non, vous ne pouvez pas proposer cette loi, ni préparer cette réforme ! Remplissez d’abord les douze formulaires (en écriture inclusive, s’il vous plaît) et d’ici six mois nous vous donnerons un agréement qui vous permettra de nous la proposer en 2035 ». « Trop de délais ? Mais c’est ça, l’Etat de droit, monsieur Bardella ! ».

Après les élections de l’an prochain, il ne faudrait pas un coup d’Etat, il faudrait juste un petit passage momentané au-delà de la ligne rouge. On pourrait par exemple organiser un spoil system à la française. A chaque nouvelle élection américaine, le gagnant impose un nouveau personnel dans la haute administration. Amélie de Montchalin pourra se retirer dans son château familial, y faire de la dentelle et de l’aquarelle, Richard Ferrand pourra retourner dans sa Basse-Bretagne et y ferrer les chevaux de ferme. Ah les charmes de la vie aux champs, modeste et sage !

S’il faut des arguments moraux à la sortie de l’Etat de droit, on pourra rappeler le “summum jus, injuria summa”, “le comble du droit, c’est le comble de l’injustice” de Cicéron, expert en droit romain. On pourra dire avec Saint Paul aux Corinthiens que “la lettre tue et l’esprit vivifie”. Et surtout, quand ils seront au pouvoir, les gens de droite devront impérativement cesser d’être droits, il leur faudra apprendre à fourbir de ces petits coups tordus à la socialo, de ces chères manipulations obscures qu’on adore à gauche. Allez-y les droiteux, de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace, emparez-vous de ce conseil d’un homme de gauche.




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