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Qui débloquera la sortie de secours des enfers socialistes?


Qui débloquera la sortie de secours des enfers socialistes?
La police monte la garde devant le centre de détention de la Police nationale bolivarienne de la zone 7, à Caracas, au Venezuela, où sont détenus des prisonniers politiques, mardi 20 janvier 2026 © Ariana Cubillos/AP/SIPA

Juges, normes et baleines : le chœur des vierges antitrumpiennes passe en édition spéciale permanente


La scène la plus hilarante du Soulier de Satin de Paul Claudel se passe au milieu du XVIème siècle et de l’Atlantique. Deux universitaires de Salamanque envoyés en mission par le roi d’Espagne pour mettre un peu d’ordre conceptuel à l’Amérique, cet étrange continent récemment surgi des eaux, aperçoivent une baleine qui nourrit son baleineau. Scandale pour la raison ! Un poisson qui fait téter un autre poisson ! Aristote n’a jamais prévu pareille absurdité, la réalité doit rendre des comptes aux professeurs de Salamanque ! Bref, l’Amérique se révèle scandaleuse et inconvenante avant même qu’on n’y pose le pied.

Pétrifiés !

La baleine de 2026 se nomme Donald Trump et elle stupéfie toujours autant les Européens. Ceux-ci avaient cru atteindre le sommet de la civilisation en se créant un univers de règles, de juridictions nationales et internationales, de politesses et de bonnes conduites, tout ça à respecter sous peine d’être foudroyés par ces nouveaux dieux, les Juges. C’était une véritable rupture anthropologique : l’Europe avait créé l’homo sapiens regularis pour qui tout relève d’une norme, depuis les insecticides pour noisetiers jusqu’à la guerre ou la paix entre nations. La vie avait perdu toute fraîcheur, toute fleur de nouveauté. Et voilà que surgit aux Etats-Unis un président incompréhensible, pour qui la politesse, la bienséance, le déjà-vu, le déjà-connu ne valent rien ! Les pauvres Européens restent pétrifiés devant ce phénomène et le “condamnent avec la plus grande fermeté” comme on dit en langue de bois macronienne.

On condamne surtout en France, patrie de l’antiaméricanisme primaire où 80% des journalistes sont de gauche, selon l’approximation de Pascal Praud. Il est délectable d’écouter, de C dans l’air à LCI et ailleurs le chœur des vierges antitrumpiennes déployer ses trésors de rhétorique pour le critiquer quoi qu’il fasse. Envoie-t-il la police anti-immigration à Minneapolis ? Aussitôt Jean Quatremer de Libération nous explique que l’Amérique est devenue fasciste et que le grand blond peroxydé est la réincarnation du petit Duce brun. Retire-t-il cette police de Minneapolis ? La chorale le traite de dégonflé, et oublie de dire que finalement il n’est pas si fasciste que cela et que les Etats-Unis restent une démocratie.

Iran : record du monde !!

Parmi les antitrumpistes les plus véhéments des plateaux télé, on voit beaucoup de généraux et colonels français. Ceux-ci critiquent impitoyablement tous les efforts militaires américains et en arrivent toujours à la même conclusion : il ne faut surtout rien faire. Désagréable révélation, avec de pareils guerriers la débâcle de 40 a de l’avenir devant elle. J’estimais le général Yakovleff, intraitable sur le soutien à l’Ukraine. Voilà qu’il s’avise de dire que l’Iran n’est pas un problème existentiel pour la France : sans doute que les attentats commandités en France par les mollahs n’ont jamais existé et que notre pays doit se désintéresser de la survie d’Israël ? Par ailleurs, ce général et ses collègues pacifistes ne disent jamais un mot des menaces existentielles venues du sud. Le même Yakovleff ajoute que s’il fallait attaquer “tous les régimes qui puent des pieds, on n’en finirait pas !”. Il oublie que le régime iranien est le seul sur terre à proclamer qu’il veut exterminer un pays voisin et bat tous les records de nuisance nationale et internationale.

A écouter 🎙️ Etats-Unis: résistance civique ou insurrection?

Un homme aussi universellement détesté en France, de Jean-Luc Mélenchon  à Jordan  Bardella, ne saurait être un mauvais bougre. Il est grand temps de rédiger La Diplomatie de Donald Trump pour les Nuls, ouvrageque tous les éditeurs ne manqueront de se disputer. Petite remarque liminaire que personne n’a faite : cet homme a un rictus de souffrance chaque fois qu’il évoque les morts à la guerre, qu’ils soient Ukrainiens, Russes, ou d’ailleurs. Toutes ces jeunes vies fauchées l’attristent et le scandalisent personnellement. 52 soldats français sont morts en Afrique sans aucun résultat, et je ne pense pas que leur souvenir trouble le sommeil des deux derniers présidents de la République. L’apitoiement de Trump sur ces milliers de jeunes morts ne cadrant pas avec son image de milliardaire sans cœur, on ne le voit pas.

L’audace

La diplomatie trumpienne n’est pas l’œuvre du seul président, elle s’appuie sur des équipes très techniques et formées, mais elle repose surtout sur une qualité essentielle du chef : l’audace. Qualité disparue en Europe, écrasée par les sacro-saintes normes,  qualité qui existe pourtant dans notre patrimoine culturel, puisque “Audaces fortuna juvat”, “le Destin aide les audacieux” selon la formule romaine. Leur République fut ravagée au premier siècle avant J-C par de terribles guerres civiles, mais un général audacieux refusa la norme imposée aux chefs de retour de guerre de ne pas franchir le Rubicon avec leurs troupes. Cet homme, que critiquèrent vertement Jean-Michel Apathie, le général Yakovleff et le chœur des vieilles dames dignes de C dans l’air, s’appelait Jules César. Il s’élança vers Rome avec ses troupes et mit en place les bases d’un empire qui dura jusqu’en 476 en Occident et 1453 en Orient, excusez du peu.

Quatre caractéristiques marquent la diplomatie trumpienne. La première est l’énormité de la menace : demander le plus pour avoir le moins, base de l’Art du Deal. Parexemple,je conquiers le Groenland par les armes si vous ne me le donnez pas. A une journaliste qui se moquait de la reculade trumpienne qui suivit, Alain Bauer répliqua qu’il avait obtenu l’extraterritorialité totale des bases américaines, l’exploitation des terres rares et d’autres avantages visant à éloigner de ces rivages les mangeurs d’enfants ukrainiens. La Guerre du Groenland n’a pas eu lieu.

Seconde caractéristique : le changement ultra-rapide d’objectif. Ce changement n’est pas un abandon, mais une diplomatie de jongleur qui envoie les problèmes brûlants en l’air les uns après les autres et les récupère quand on ne s’y attend plus. Toute contrattaque s’en trouve désarçonnée. Le 28 janvier, notre foudre de guerre national reçoit à l’Elysée les Premiers ministres danois et groenlandais pour leur témoigner son soutien. Mais le train de l’histoire conduit par le cheminot Trump est déjà reparti ailleurs, vers la flotte américaine de l’océan Indien. Notre président reste sur le quai de la gare avec ses invités, ses valises et ses désirs narcissiques d’avoir l’air important.

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Troisième caractéristique, l’effet diagonal. Le président Maduro s’envole dans les airs pour un long séjour à New York, le président Poutine ne peut s’empêcher de penser à l’hypothèse, même infime, de son envol dans le ciel de Moscou à destination d’une geôle américaine. Les immigrants illégaux sont férocement pourchassés aux Etats-Unis, tous les latinos qui rêvaient de Brooklyn vont plutôt penser à développer leur Bolivie ou leur Guatemala et à les rendre plus sûrs. Pendant ce temps, l’Afrique subsaharienne rêve à la Carte Vitale et à l’accueillant hexagone, où on arrivera bien à caser un ou deux milliards de migrants.

Le président déchu du Venezuela, Nicolás Maduro [et son épouse, Cilia Flores], arrivent à l’héliport de Wall Street, dans l’arrondissement de Manhattan à New York, afin d’être transportés pour comparaître devant un tribunal new-yorkais le lundi 5 janvier 2026. Ils doivent être inculpés dans le cadre d’un acte d’accusation pour narcoterrorisme émis à leur encontre par le gouvernement des États-Unis © Kyle Mazza-CNP/DPA/SIPA

Quatrièmement : là où éclate le génie trumpien de la diplomatie, sans doute un mixte entre les intuitions du chef et les calculs des eggheads du Pentagone, c’est dans ce qu’on pourrait appeler la subversion par promesse d’enrichissement ou le triomphe moral du capitalisme. Une parenthèse nécessaire : les pires régimes politiques de l’histoire humaine, ceux qui oppriment le plus atrocement les malheureuses populations qui leur sont soumises, sont apparus au milieu du XXème siècle et semblent aujourd’hui inexpugnables. Ce sont les tyrannies socialisto-mafieuses (ou par exception islamistes) qui se présentent comme issues d’une révolution (il ne sert donc à rien de se révolter, c’est déjà fait). Elles ont trouvé la formule absolue du pouvoir éternel : embrigader une grande partie du peuple (10 à 15% de combattants bien entraînés avec leurs familles), les armer jusqu’aux dents et les gaver de bonne nourriture. Pour tous les autres, faim et oppression absolue. Le modèle parfait de ce système indéboulonnable est la Corée du Nord : une petite nomenklatura logée à Pyongyang s’empiffre, la main serrée sur des armes qu’elle pointe sur les foules faméliques des campagnes. J’insiste sur la faim : j’ai séjourné assez longuement à la Havane, et je revois ces tristes files d’attente à la moindre promesse d’un pauvre burger de pain rassis et de pâté pour chien. Et si on s’illusionne encore sur la liberté à Cuba, relire Avant la Nuit de Reinaldo Arenas, toujours valable. Les Iraniens sont descendus dans la rue le jour où ils n’ont plus pu acheter le riz quotidien de leurs enfants, les Parisiens sont allés chercher Louis XVI à Versailles quand ils n’ont plus eu de pain. Le rôle de la faim dans l’Histoire est trop souvent ignoré.

Subversion

Ces tyrannies s’appuient aussi sur un usage illimité de la terreur : prisons infernales, procès truqués, tortures et pendaisons en veux-tu en voilà, à Téhéran, la Havane, Caracas ou Pyongyang. La Chine et la Russie sont en marche vers ces modèles de socialisme accompli, mais il leur manque çà et là quelques caractéristiques. Rappelons quand même que les prisons chinoises sont des bagnes d’où s’échappent parfois de petits billets d’appel au secours cachés dans la camelote que fabriquent les captifs pour l’exportation. Avis aux Français : la social-démocratie est un leurre absolu et, malgré les apparences, il y a un toboggan d’Olivier Faure à Kim Jong-Un.

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On croyait de tels régimes indestructibles. Mais grâce au Venezuela, Donald Trump et ses stratèges ont peut-être trouvé l’issue de secours de ces enfers dégoulinants de feu et de larmes, une issue qu’on pourrait appeler la subversion capitaliste. Simple, mais il fallait y penser. La transformation de Gaza en Côte d’Azur pleine de casinos et de palaces a fait beaucoup rire. L’idée y est pourtant en germe. Il est inutile, coûteux et improductif de faire entrer des troupes pour détruire ces régimes socialisto-islamisto-mafieux. Echec en Irak et en Afghanistan, on n’y reprendra plus les Américains. On va procéder autrement : on coupe d’abord la tête du serpent, on enlève Maduro dans le ciel de Caracas. On laisse s’installer une vice-présidente plus accommodante, on lui permet de célébrer encore le chavisme et ses bienfaits qui ont fait du libre et prospère Venezuela un stalag d’affamés. Mais on installe une ambassade américaine pour donner quelques conseils d’ami à la vice-présidente, par exemple laisser revenir les compagnies pétrolières américaines, seules à même d’enlever le soufre du pétrole vénézuelien. Cela permettra à terme de remplir toutes les poches du pays, pas seulement celles d’une étroite nomenklatura. On conseille aussi à la vice-présidente de relâcher les prisonniers politiques. Au début elle a entrouvert les portes, maintenant elle les élargit. Le Venezuela va discrètement devenir un protectorat américain sous un masque marxiste. Amusant.

Ce changement est une œuvre de longue haleine que ne voit pas le chœur des vierges antitrumpiennes, ravies de croire que l’enlèvement de Maduro n’a servi à rien. La tactique de l’enrichissement, cette promesse d’âge d’or faite en termes messianiques par Trump lors de son installation à la Maison-Blanche, vise toute la planète. Et un jour, la dernière balle du jongleur atteindra Poutine en plein front, en vertu des effets diagonaux. Déroutante leçon donnée par oncle Donald, une leçon qui fera verser bien des larmes et remplira bien des poches : le socialisme emprisonne et le capitalisme libère.

Avant la nuit

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